Lundi, Décembre 17, 2018

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Palou Péhézi, officier de gendarmerie de son état a été mis aux arrêts ce 01 août 2011 pour mauvais traitements suite à des arrestations de manifestants à Lomé, d’après un communiqué rendu public par l’Etat-major général de la gendarmerie togolaise.

 

On serait en aptitude de se réjouir si des faits plus graves allant jusqu’à des assassinats ne sont pas monnaie courante au Togo et si ces faits graves ne sont pas couverts par le sommet de l’Etat dans le pays.

 

 

L’arrestation de cet officier est un coup d’épée dans l’eau et l’herbe qui cache la forêt de l’impunité qui règne sur ce coin d’Afrique d’un peu plus de 5 millions d’habitants où depuis plus de 40 ans une dynastie archaïque et sanguinaire règne.

 

Les organisations internationales de défense des droits de l’homme, les commissions d’enquête des Nations Unies, de la CEDEAO, le département d’Etat américain et plusieurs autres associations de la société civile togolaise ont à plusieurs reprises, mis l’accent sur des violations massives et systématiques des droits humains sans que les auteurs bien connus ne soient traduits en justice. Au contraire, ils courent les rues de Lomé si ce n’est qu’ils sont promus à d’autres hautes fonctions de l’Etat.

 

Qu’a voulu faire croire Faure Gnassingbé et ses ouailles en livrant le soldat Péhézi à la vindicte populaire? N’est-ce pas qu’il agit selon les «habitudes de la maison»? Ce n’est que du bluff!

 

Les rafles de la gendarmerie togolaise, de l’armée et de la police sont monnaie courante depuis fort longtemps et se sont accentués sous le règne du monarque Faure Gnassingbé. Sous prétexte de rechercher des bandits ou malfrats, ces corps habillés organisent des descentes musclées dans des quartiers où on embarque les pauvres citoyens sans ménagement. Une fois arrivés dans les locaux de la police ou la gendarmerie, ces citoyens sont soumis à des traitements inhumains, gardés au soleil sur la cour de la gendarmerie des jours et des nuits sous prétexte de contrôle d’identité.

 

Il y a de cela quelques jours un homme politique, Claude Améganvi a été une victime de ce qui apparait désormais comme une dérive. Généralement, d’honnêtes citoyens qui, revenant du boulot, de mission, de prière ou d’une simple promenade dans le quartier, sont embarqués et injustement détenus pendant des jours. Le week-end dernier, la scène s’est reproduite dans certains quartiers de Lomé. Le Togo sous Faure Gnassingbé devient décidément un pays invivable. Voici le témoignage d’une victime. Lecture!

 

«Je revenais d’une mission à l’intérieur du pays ce samedi 30 juillet et comme il faisait nuit, j’ai pris un taxi-moto de la station GTA pour mon domicile sis au quartier Bè. Il sonnait 22H 30mn et comme je n’avais pas de monnaie pour payer le taximan, je lui ai dit de m’attendre, le temps de passer par le Fast Food AKIF  prendre un hamburger  pour avoir la monnaie   et lui payer. Le taximan a serré du coté de la terrasse et je suis descendu pour aller chercher mon hamburger. Arrivé  chez AKIF, les plats étaient finis et je suis revenu dire au taximan de m’attendre un peu.

 

Le temps que je retourne chez AKIF, j’ai aperçu la voiture de la gendarmerie qui roulait à pas de caméléon et il y avait aussi beaucoup de personnes sur la voie, et un gendarme en civil m’a interpellé. Au moment où il discutait avec moi en face d’AKIF,  leur voiture est arrivée et l’un d’entre eux me dit: «faits le monter» et je lui ai demandé s’il y a un problème. Ils ne m’ont même pas demandé ma carte d’identité et me disent de les suivre. Je leur ai dit que je suis venu payer à manger et que le taximan m’attend de l’autre côté de la route. Ils ne voulaient même pas m’écouter. Je les ai suivis jusque dans le Von de la radio NANA FM. Ils arrêtaient tous les passants sur leur passage, même les gens qui étaient en train de boire dans le bar à coté de la radio, des vendeurs de friperie, un gérant de bar et même une femme avec un bébé de 3 mois, un fou et un sourd muet etc. C’était un panier à crabes.

 

Ils nous ont fait asseoir par terre en face de la radio NANA FM. Et là je n’ai pas voulu et je suis allé voir un des leurs pour lui demander quelle en est la raison; il ne voulait même pas m’écouter et m’ordonna de m’asseoir, sinon il va me frapper. Je n’ai pas voulu toujours m’exécuter et un gendarme est venu me pousser dans le dos et finalement  j’ai accepté malgré moi de m’asseoir . Après, ils ont aussi arrêté certaines filles de joie  et ils nous ont embarqués à bord de leur voiture pour la gendarmerie. Il sonnait 23H20mn. Arrivés au camp  de la gendarmerie, il  y avait aussi certains qu’ils ont arrêtés depuis vendredi et personne ne nous dit la raison pour laquelle on nous a arrêtés. Le car qui nous a embarqués est reparti encore et une seconde vague nous a rejoints vers 00H30mn, et c’est sur le petit terrain de handball qu’on nous a entassés comme des sardines.

 

Nous étions 300 personnes sur ce petit terrain et sous le froid. Nous étions assis comme des otages l’un derrière l’autre et jusqu’au petit matin où ils nous ont conduits sur la tribune du camp vers 5H 30mn. Pendant la nuit, les gendarmes qui nous gardaient se moquaient de nous avec un français qui ne ressemble même pas à celui d’un écolier de la maternelle. Certains n’hésitent pas à intimider les gens en leur disant qu’ils ne savent pas ce qui les attend ici. Il y a même un d’entre eux qui est allé jusqu’à dire qu’on doit courir quand on voit un gendarme dans la rue. Si on comprend bien, maintenant les gendarmes sont devenus source d’insécurité pour nous alors que normalement, lorsque que tu vois un gendarme, tu devrais te sentir rassuré. J’ai finalement compris que c’est un gendarme qui réfléchit par les pieds et non par la tête et qui ne connaît pas la déontologie de son métier.

 

C’est dommage pour mon pays si nous avons ces gens qui ne nous honorent pas. Lorsqu’ils nous ont conduits sur la tribune, nous étions restés là-bas jusqu’à 8H30 et le chef de camp est arrivé. Tout le monde attendait un mot de sa part mais à notre grande surprise, c’est une confusion totale car il s’est demandé qui a ordonné ces arrestations.  Il a ensuite dit qu’il doit se renseigner auprès du chef du SRI et il est reparti et les gens ont commencé par crier. C’est vers 10H qu’un groupe de gendarmes est venu avec des papiers rames en main et ils ont commencé par prendre les identités des gens avec le domicile ainsi que leur numéro de téléphone. Jusqu’à cet instant, personne ne nous a dit la raison de cette rafle. Auparavant, j’avais appelé des amis au téléphone pour leur demander le motif  mais eux aussi n’avaient pas l’information et c’est dans ce flou total que nous étions gardés depuis la nuit de samedi et vendredi pour certains. Après avoir pris les identités des gens, c’est le tour des photos. On écrit ton nom et prénoms ainsi que ton âge sur une ardoise  que tu tiens avant de te prendre en photo. Dans le lot qu’on a arrêté, il y a une femme qui est venue chercher ses deux enfants qui étaient arrêtés depuis vendredi et la dame elle aussi a été prise en otage et interdite de ressortir et elle a passé toute la nuit avec nous. Cette dame a refusé de faire la photo et un gendarme, je ne sais comment le qualifié, l’a poussée et la dame est tombée des escaliers de la tribune, ce qui a suscité la colère des jeunes qui voulaient se jeter sur ce  gendarme.

 

Après la prise de photo, un chef du camp est venu nous dire que ce n’est pas pour nous faire du mal qu’ils nous ont amené ici mais c’est pour une autre raison. Selon ce chef, il y a des braquages souvent dans la ville et ils ont besoin de nous protéger et c’est par ces contrôles qu’ils peuvent  arriver à détecter les vrais braqueurs. Des arguments tirés par les cheveux, car même s’il y a des gens parmi nous qui ressemblaient à des bandits, j’ai dit à un chef que ce n’est pas professionnel le travail qu’ils viennent de faire, car garder des citoyens innocents pour  un rien pendant des jours , moi je suis désolé. Il me fait alors comprendre que c’est les petits qu’ils envoient sur le terrain qui ne font pas bien leur boulot et je lui ai fait comprendre que vraiment s’ils veulent les vrais braqueurs, ils n’ont qu’aller au sommet de l’Etat, car le pauvre citoyen n’en est pour rien .C’est à 11H50mn que nous avions quitté le camp. Voilà comment va notre pays. Si on doit torturer et humilier des gens avant de faire une investigation, je pense que ce n’est plus la peine. Que Dieu protège le TOGO».

 

Théodore victime*

Commentaires

 
0 #1 Fulbert 29-08-2011 23:04
Que reproche t-on a Palou?Que diront nous alors a Massina?Quoi faire a cet agité de Massina,le zélé.Avant de faire quoi que se soit trouvons une solution a l'ANR.
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