Lundi, Décembre 17, 2018

AddThis Social Bookmark Button

En 2006 le Haut commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme ouvrait une représentation au Togo, après plusieurs années passées à draguer le pouvoir Rpt, qui s’est longtemps montré hostile à l’installation d’un bureau de l’institution onusienne de défense des droits de l’Homme au Togo, y voyant une sentinelle et un rempart contre ses violations séculaires des droits et libertés.

C’était à tort, puisque au fil des années, le pouvoir Faure Gnassingbé a réussi à rendre docile l’institution qui s’est visiblement accommodée des violations, et surtout à apprivoiser ses différents représentants résidents qui ont plutôt fini par nouer des relations sentimentales et/ou d’affaires avec le régime en place, au point de faire aujourd’hui des pieds et des mains pour faire revenir certains qui ont quitté le Togo au terme de leur mandat. Et parmi ceux-ci, la très controversée Ige Olatokumbo.

Ce nom ne dit peut-être plus rien à nombre de Togolais, qui ont certainement la tête ailleurs. Ige Olatokumbo, c’est la représentante résidente du Haut commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme, la toute première après l’ouverture d’un bureau dans notre pays. Elle a quitté le Togo en 2008, au terme d’un mandat de deux (02) ans au cours duquel elle aura laissé une image plutôt écornée de l’institution, de par ses accointances avec le pouvoir en place. On se rappelle qu’à l’époque, nous l’avions écrit, le régime Faure Gnassingbé avait mené des tractations pour convaincre les instances décisionnelles à  Génève en Suisse pour la reconduire pour un mandat de plus, comme on sait si bien le faire au Togo. Mais cette pression n’avait pas abouti, le Hcdh ayant pour principe de remplacer systématiquement ses diplomatiques au terme de leur mission, pour justement éviter des accointances avec les pouvoirs en place avec des mandats élastiques. La dame avait fini par quitter le Togo en 2008, non sans regret, y ayant laissé son cœur – hum…Elle a été remplacée par le Gambien Musa Gassama. Mais le régime Faure Gnassingbé n’a pas abandonné pour autant, puisque des manœuvres continuent d’être menées pour faire revenir la Nigeriane au Togo.

Il nous revient en effet que Lomé fait actuellement un lobbying intense auprès des instances dirigeantes à Génève, par le truchement de son réseau de démarcheurs internationaux afin de faire revenir Mme Ige Olatokumbo au Togo pour occuper à nouveau la tête de la représentation résidente du Hcdh, en quelque sorte laissée vacante au terme du mandat de Musa Gassama. L’Allemand Michaël Offermann qui fait office de représentant résident de l’institution, n’assume en réalité que l’intérim. La concernée serait aussi très intéressée par ce projet, puisque le court séjour en terres togolaises lui a été très profitable à tous égards, même sentimentalement parlant – suivez les regards. Elle a fini par abandonner la mission de sentinelle des droits de l’Homme dont elle était investie, pour nouer des relations d’affaires avec les dignitaires du régime en place ; les indiscrétions la disent avoir sensiblement amélioré sa santé financière en deux ans de séjour au Togo. Selon nos sources, Mme Ige Olatokumbo est attendue à Lomé dans la première quinzaine du mois de septembre, le 7 précisément, dans cette perspective.

Le clan Gnassingbé qui veut faire revenir le représentant d’une institution comme le Hcdh, en principe un gendarme à ses trousses en matière de respect des droits de l’Homme, il faut dire que cela n’arrive pas tous les jours. Cela n’est même pas pensable dans un rêve. Et si l’hypothèse est aujourd’hui envisagée, cela ne peut être dû qu’à la nature du service rendu au pouvoir en place. Et en la matière, la Nigériane en a rendu de très utiles au régime Faure Gnassingbé, ceux-là qui lui ont permis d’enjoliver sa face à l’égard de la communauté internationale.

Nous l’effleurions tantôt, le Hcdh a ouvert au Togo un bureau pour veiller au respect des droits de l’Homme, une initiative à laquelle le clan Gnassingbé a toujours montré une certaine hostilité. Mais il a cédé en 2006, l’élément motivateur ayant été les violences électorales d’avril 2005 qui ont coûté la vie à un millier de compatriotes. Mais Mme Ige Olatokumbo a fini par devenir l’avocat défenseur de Lomé, lui apportant l’onction qui lui manquait. Là où elle est beaucoup attendue par les populations, elle laisse des plûmes et se met plutôt du côté des éternels violateurs. Et au crédit des services salvateurs rendus au régime Faure Gnassingbé, les fameuses Consultations nationales marquées de son sceau est  qui ont prévalu à la conception du processus Vérité, Justice et Réconciliation, un machin qui tient beaucoup à cœur au «Leader nouveau». Elle a apporté sa bénédiction et celle du Hcdh à cette opération qui n’est pas en soi mauvaise. Une telle opération qui se veut s’inscrire dans la dynamique de réconciliation des Togolais, devrait se faire de façon inclusive. Mais voilà,  elle a été conçue dans les arcanes du pouvoir, et l’exécution a exclu les autres tendances politiques, entendez l’opposition, et la société civile. Malgré les dénonciations, Mme Ige Olatokumbo a mené l’opération jusqu’à son terme, faisant la sourde oreille aux plaintes. Les résultats de l’opération ont été biaisés et ont donné lieu à l’actuelle composition du Bureau de la Cvjr, dominé par des activistes du pouvoir. Quoi de plus normal que les populations n’aient pas confiance en ce processus?

Au regard de ce service rendu au régime Faure Gnassingbé, c’est évident que l’on fasse des pieds et des mains pour la faire revenir. Certainement que l’Allemand ne fait pas preuve du zèle qu’on attendait de lui. Ce service rendu est allé tout droit au cœur de Faure Gnassingbé qui avait tenu à rendre hommage à la Nigériane. «C’est le lieu d’exprimer mon entière satisfaction pour le travail qu’accomplit quotidiennement, dans un esprit d’indépendance, d’objectivité et de dialogue, le Bureau du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme. Le succès de cette coopération entre notre pays et le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme, nous le devons à l’engagement et au dynamisme de Madame IGE OLATOKUMBO, qui a dirigé ce Bureau depuis sa création en 2006», disait-il au lancement du processus de réconciliation.

Que peut tirer le peuple togolais à nouveau de Olatokumbo? Rien ! Au-delà de la Nigériane, c’est le Hcdh Togo même qui n’inspire plus confiance. Le remplaçant de la dame n’avait pas fait mieux. Musa Gassama envoyé au Togo pour veiller au respect des droits de l’Homme, a plutôt accompagné le pouvoir en place dans la violation des droits de Kpatcha Gnassingbé dans l’affaire d’atteinte à la sûreté de l’Etat, de par ses pitreries et autres sorties gauches, tout comme le Procureur de la République Robert Bakaï, aujourd’hui garé dans un petit bureau du ministère de la Fonction publique. Le Hcdh n’a rien dit devant les violations scandaleuses des droits de l’Homme depuis l’élection présidentielle du 5 mars 2010, dont le pic aura été l’exclusion de l’Assemblée nationale des élus du peuple à cause de leur penchant politique, et sur la base du faux.

Voici ce qu’écrivait justement le confrère «Le Correcteur» dans une de ses récentes parutions sous un surtitre assez évocateur, «De la nécessité de renvoyer le HCDH du Togo»: «…Le HCDH a perdu toute sa crédibilité au Togo. Au commencement, c’était la Nigériane Ige Olatokumbo. Elle a été accusée très tôt de relations douteuses avec Gilbert Bawara, l’un des fidèles du chef de l’Etat Gnassingbé Faure. Contre tout bon sens, elle a fermé les yeux sur plusieurs exactions du pouvoir. Remplacée par le Gambien Musa Gassama, la situation du HCDH n’a guère changé. Il s’est longtemps dévoyé de sa principale mission, celle d’œuvrer pour la défense des Droits humains. Dans l’affaire Kpatcha Gnassingbé et co-accusés, M. Gassama avait mélangé tout le monde. Beaucoup pensaient que son départ serait une solution. Et pour la première fois, son successeur est un Blanc, de surcroît un Allemand. Des Allemands reconnus pour leur intégrité et probité morale. Mais ce n’est pas du tout le cas finalement du faux Allemand Michel Offermann qui s’est carrément rangé du côté du régime vétuste et retors qui ignore tout des Droits de l’Homme au Togo. Aujourd’hui, pour la crédibilité de Ban Ki-Moon et l’ONU, c’est une nécessité vitale de bannir sur leur liste le bureau du HCDH-Togo. Sa présence depuis six (06) ans n’a rien arrangé. Au contraire, il a servi de paravent au régime pour réprimer et tuer dans le sang, le peuple qui aspire au changement».

Tino Kossi

This content has been locked. You can no longer post any comment.

Copyright ©2005 www.etiame.com tous droits réservés.
Toute reproduction partielle ou intégrale doit faire l'objet d'une demande préalable.