Lundi, Décembre 17, 2018

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Ouvert ce jeudi 01 septembre à Lomé, le procès de Kpatcha Gnassingbé et compagnies a été reporté au 06 septembre prochain. L'intéressé était arrivé au palais de justice drapé de son bandeau de député ce que lui a fait retirer le président de séance. L'air détendu, Kpatcha Gnassingbé a comparu souriant presque assisté de ses avocats. C'est un procès qui promet.

«A comparaître le jeudi premier ( 1er) septembre 2011 à huit (8h) heures du matin jours et heures suivants s’il y a lieu à l’audience et par-devant la Chambre Judiciaire de la Cour Suprême du Togo, siégeant en matière criminelle dans la grande salle d’audience du Palais de Justice de Lomé; Pour:  a- d’avoir à Lomé (P/Golfe), courant année 2009, en tout cas depuis temps non couvert par la prescription, tenté de commettre un attentat contre la sûreté intérieure de l’Etat, ladite tentative s’étant  manifestée par un commencement d’exécution, n’a manqué son effet que par des circonstances indépendantes de sa volonté à savoir l’intervention des forces de sécurité; b- d’avoir dans les mêmes circonstances de temps et de lieu adhéré ou participé à un groupement ayant pour objet de préparer ou de commettre des crimes contre les personnes ou contre les biens»

Voici le libellé des chefs d’accusation que nous avons pu lire sur la citation à prévenu d’un des coaccusés dans cette affaire de tentative d’atteinte à la sureté de l’Etat.

Comme on peut le remarquer, les chefs d’accusation en soi constituent un grand mensonge. Il n’y a jamais eu un début d’exécution d’un quelconque projet de coup d’Etat au Togo. A ce que l’on sache, c’est plutôt Kpatcha Gnassingbé qui a vu son domicile pris d’assaut par des unités spéciales avec des tirs nourris.  Deuxièmement, ceux qui ont donné l’assaut au domicile du député de la Kozah n’étaient pas des  forces de sécurité, comme le dit le chef d’accusation, mais bien des unités d’élite, la Force d’Intervention Rapide (FIR), commandée par le colonel Felix Abalo Kadanga. Doit-on comprendre que les « Firois » sont devenus des gendarmes ou policiers ? Comme on le voit bien, le mensonge et les montages autour de cette affaire commencent par le chef d’accusation. Dans un Etat normal, ces chefs d’accusation relèvent de la pure imagination et ne sauraient faire l’objet d’une poursuite ; mais comme nous sommes dans un pays où c’est la loi du plus « Faure » qui prévaut, alors il y aura procès.

Dans le match inédit qui l’oppose à son frère Kpatcha , c’est Faure qui définit les règles et choisit les arbitres.  A l’image d’un duel de cow-boys, il s’octroie plus de balles que son frère. Il juge de la non loyauté d’un magistrat envers son équipe et peut muter certains de la Cour d’Appel vers la Cour Suprême en violation flagrante de toutes les règles de la magistrature. Tout compte fait, c’est lui qui décide d’avance de l’issue du jugement.  A quelques heures de l’ouverture du procès, il renforce la sécurité des juges appelés à sceller définitivement le sort de son frère. Ces juges à la réputation sulfureuse pour la plupart, se sont vu octroyer  de nombreux gardes du corps. Selon des indiscrétions, le Palais de justice de Lomé sera sous haute surveillance sécuritaire le jeudi matin. Un impressionnant cordon de sécurité sera dressé tout autour et ne peut y avoir accès qui veut. Il se dit que la presse franchira de nombreux obstacles avant de rallier les lieux.

En attendant l’ouverture du procès du siècle, l’opération «Base arrière 3», du nom du code qui a servi à attaquer le domicile du député de la Kozah n’a pas fini de révéler ses secrets.  Dans une de nos précédentes parutions, nous faisions état de ce qu’un communiqué officiel annonçant la mort de Kpatcha Gnassingbé, avait été transmis par un informateur à l’ex-ministre de la Défense avant l’assaut contre son domicile. Dans la même logique, on apprend de sources concordantes qu’un corbillard rodait dans les environs du domicile du député et avait pour mission de récupérer le corps  de Kpatcha Gnassingbé afin de l’acheminer directement à Pya où il devait être mis au caveau familial.  Ce corbillard à bord duquel se trouvait un colonel qui occupe aujourd’hui un poste de commandement stratégique  de l’armée de terre a dû rebrousser chemin dès que l’opération s’est soldée par un échec. On apprend aussi que le frère jumeau de Kpatcha Gnassingbé devait passer à la trappe.  De toute évidence, le scénario prévu devait être sanglant et effroyable. La preuve en est qu’à l’issue de l’attaque, six (06) personnes dont le sergent chef Kifalang, un membre de la grande famille Gnassingbé détaché pour la sécurité du député, ont été exécutées. Le rapport de ces décès parle de suicide, et pourtant les preuves d’une exécution sommaire sont irréfutables à savoir les corps étaient reposés à la morgue les mains liées. Comment quelqu’un qui s’est suscidé peut-il se lier lui-même les mains? Selon un avocat de la défense, tous ceux qui ont été mêlés à l’attaque du domicile de Kpatcha Gnassingbé devaient être appelés à la barre pour éclairer  la justice sur les tenants et les aboutissants de cette sombre affaire. Ce qui induit qu’une brochette d’officiers devraient normalement passer à la barre.

Pourquoi les prévenus récemment libérés doivent-ils comparaître?

Ce n’est plus un secret pour personne, Kpatcha Gnassingbé et ses coaccusés réfutent catégoriquement les déclarations à eux attribuées par le procès-verbal. Selon certains avocats de la défense qui ont eu à les rencontrer la semaine dernière, le prisonnier le plus célèbre du Togo et ses amis d’infortune ne reconnaissent avoir planifié quoi que ce soit. Voilà qui est clair. Si tant est le cas, d’où le juge d’instruction a-t-il alors trouvé les propos pour coller aux prévenus?  On verra clair dès jeudi matin.

Une autre incongruité dans ce procès est la comparution des 10 personnes libérées au moins d’avril dernier.  Lors d’un point de presse,  le Procureur Général N’Dakena Atara avait laissé entendre que suite aux enquêtes approfondies, il estime qu’il n’y avait plus de raison de garder ces personnes en prison.  Si tel est le cas, pourquoi doivent-elles alors comparaître, être jugées et condamnées comme les autres?  Selon certaines indiscrétions, la plupart de ces gens ont passé deux ans en prison pour rien. Certains ne se connaissent d’ailleurs pas,  et le seul fait d’avoir trouvé leur numéro dans le téléphone portable du principal accusé a suffi pour les incriminer. Aujourd’hui, pour la plupart, ils ont perdu leur boulot, et son sur le point d’être condamnés  pour être graciés peut-être après et non amnistiés car la différence est de taille. Quant à Kpatcha Gnassingbé, d’aucuns croient savoir qu’il ne sera jamais gracié par Faure qui redoute sa sortie.

C’est dans cette ambiance de tension et de révélations que s’annonce le procès tant attendu qui va consacrer la descente aux enfers du clan Gnassingbé. Même s’ils ne se sont pas ouvertement exprimés sur ce sujet jusqu’à ce jour, les Barons du RPT en attente de dissolution ne cachent pas leur exaspération par rapport au sort du député.  Selon certaines informations, des instructions à se rendre discrètement au procès ont été données aux militants restés fidèles au gros. Il n’est donc pas exclu que les choses prennent une autre tournure le jour venu ou par la suite au regard de l’évolution du procès. Comme le dirait l’autre, nous serons tous au rendez-vous.

Ferdi-Nando

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