Dimanche, Juin 24, 2018

AddThis Social Bookmark Button

A peine installé et les travaux démarrés, le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC) rénové exprime dégoût à certains acteurs politiques qui ont bien voulu croire en la sincérité du pouvoir RPT. On voit malheureusement qu’ils ont été désillusionnés, les vieilles habitudes de la maison restant toujours inchangées.

En effet, après seulement deux réunions, les langues de certains participants aux travaux commencent à se délier. En réalité, c’est encore une diversion que Faure Gnassingbé et son gouvernement à la tête duquel se trouve le plus controversé des Premiers ministres, Gilbert Fossoun Houngbo, ont organisée pour jeter la poudre aux yeux des partenaires qui les appellent à un dialogue avec toute la classe politique togolaise. Il n’a jamais été question d’une quelconque volonté de leur part pour des discussions franches qui aboutiraient à de vraies réformes constitutionnelles et institutionnelles. L’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) et le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) avaient vu juste en refusant de s’associer à la plaisanterie qu’organise Gilbert Houngbo à la Primature, assisté du ministre de l’Administration Territoriale, Pascal Bodjona et de celui du Commerce, Ahoomey-Zunu Séléagodji. L’ANC, connaissant bien ses interlocuteurs, avait conditionné sa participation à des préalables que devra satisfaire le gouvernement. Mais le silence de ce dernier a déjà démontré le manque de sincérité du pouvoir en place. Le CAR, de son côté, avait demandé des discussions franches, et pour cela exigé qu’un ordre du jour bien défini soit établi pour des réformes constitutionnelles et institutionnelles approfondies et acceptables par tous. Mais aucune de ces demandes n’a été prise en compte, ce qui a de facto entraîné le refus par ces deux partis de participer à ce dialogue. On se rend compte qu’ils ont finalement raison, vu les difficultés que rencontrent les acteurs à s’accorder sur un même violon.

Aujourd’hui, c’est le Parti du Renouveau et de la Rédemption (PRR) de Nicolas Lawson qui participait à ces travaux et qui avait véhément critiqué le CAR et l’ANC pour leur refus, qui est, le premier, à claquer la porte. Il reconnaît maintenant que ces deux partis avaient totalement raison de ne pas participer à ce que lui-même appelle aujourd’hui un «rassemblement de médiocres». Pour Nicolas Lawson, ce qui se déroule à la Primature n’est autre que de l’ «infatuation» qui démontre à suffisance que le gouvernement ne fait que de la diversion pour faire croire à l’opinion nationale et internationale qu’on dialogue dans le pays. D’ailleurs, des observateurs avisés avaient déjà qualifié ce CPDC rénové de panier à crabes où on a mis des partis fantômes comme le PDR de Zarifou Ayéva. Dans ce contexte, que peut-on proposer de bon aux Togolais qui veulent du concret? Il y en a qui sont allés à ce dialogue seulement pour les perdiems et autres intérêts inavoués. Ils ne sont pas capables de mener des réflexions qui peuvent changer le quotidien des Togolais. Que peut-on donc espérer d’un CPDC rempli de gens que même Nicolas Lawson qualifie de «bande d’incapables»?

Les vraies réformes, comme tout le monde le sait, ne peuvent sortir que de la volonté des dirigeants de voir ce pays évoluer. C’est cette volonté qui, malheureusement, leur manque cruellement. Ce n’est pas une plaisanterie comme celle qui se déroule à la Primature avec des gens qui n’ont aucune vision pour ce pays, qui pourrait faire changer les choses. Le pouvoir RPT a assez dupé le peuple togolais par ses méthodes révolues. Le CPDC rénové est tout simplement un marché de dupes. Les intentions du régime demeurent telles qu’on les lui connaît : flouer l’opinion et s’éterniser au pouvoir, sans partage.

K.I.

This content has been locked. You can no longer post any comment.

Copyright ©2005 www.etiame.com tous droits réservés.
Toute reproduction partielle ou intégrale doit faire l'objet d'une demande préalable.