Mardi, Septembre 18, 2018

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Ils s’entendaient comme des larrons en foire pour faire main basse sur les milliards des Libanais et Nigériens après avoir pris soin de les expulser illégalement. Ils étaient aussi collés l’un à l’autre pour préparer la fiction de coup d’Etat pour éliminer Kpatcha Gnassingbé auprès de qui ils rampaient comme des serpents, à la recherche de sous.

Depuis que le gouvernement, sous la pression de la communauté internationale, a décidé d’ouvrir une enquête sur les allégations de torture, les deux Tonton Macoute togolais ont perdu le sommeil.

Et comme si cela ne suffisait pas, ils sont au bord de la crise de nerf et se renvoient la responsabilité de ce qui s’est passé au Guantanamo national. Eux, ce sont le Général Mohammed Atcha Titikpina, ancien ministre de la Sécurité et actuel Chef d’Etat-major général des FAT et le colonel Alex Yotroféï Massina, DG de l’ANR. Ces deux messieurs, du haut de leur ineffable cynisme et méchanceté se sont amusés durant deux ans et demi, à torturer allègrement des citoyens togolais arrêtés et incarcérés dans une ténébreuse affaire de coup d’Etat. Redoutables et redoutés qu’ils sont  pour leurs méthodes expéditives et surtout leur propension à banaliser la vie humaine, ils redouteraient actuellement d’être livrés aux tribunaux, tant la pression est forte sur leur mentor Faure Gnassingbé qui ne souhaite par subir le sort de Hissène Habré. Il faut dire que les Tonton Macoute et leurs associés, à savoir les commandants Agban, Kulo, les capitaines Michel Katanga et Pali, le lieutenant Gnassingbé et leurs comparses ont des raisons d’avoir peur, tant leurs dérives respectives sont devenues un boulet pour le pouvoir de Faure.

Le mercredi dernier, une délégation  spéciale composée d’un représentant de l’UE, de la France et de la Suède avec résidence à Abuja a rendu visite à la prison civile de Lomé à l’Adjudant-chef Seydou Ogbakiti pour recueillir son témoignage sur les tortures et autres témoignages inhumains qu’il a subis lors de son passage à l’ANR. Selon des sources concordantes, l’Adjudant-chef a relaté à la délégation l’enfer qu’il a subi, de même que les noms des tortionnaires.  Une telle démarche s’explique par le fait que Monsieur Seydou Ogbakiti dispose de la nationalité suédoise.

Pendant que cette délégation s’entretenait avec l’Adjudant-chef à Lomé, la délégation togolaise à Genève éprouvait toutes les peines du monde à convaincre ses interlocuteurs que les allégations de torture n’étaient qu’une pure invention. Face à la gravité des faits, plusieurs pays, y compris le Ghana à côté se  sont inquiétés des dérives en matière des droits de l’Homme au Togo. Mais le plus inquiétant pour les tortionnaires se trouve dans la démarche des avocats de Kpatcha et consorts qui ont décidé de saisir la CPI (Cour Pénale internationale).

Tous ces éléments réunis donnent de l’insomnie aux tortionnaires qui eux-mêmes, se renvoient les responsabilités, étant entendu que Faure Gnassingbé finira par les sauter comme des fusibles pour ne pas être amené lui-même à répondre de leurs actes. On se souvient que lorsque la question de l’ANR lui avait été posée pendant les journées portes ouvertes sur les FAT, le Général Atcha Titikpina avait renvoyé la balle dans le camp de la présidence de la République. Mais il est apparu au cours des témoignages  lors du procès Kpatcha Gnassingbé que Atcha Titikpina à l’époque ministre de la Sécurité et de la protection civile prenait une part active dans la torture des prévenus.

Il ressort de nos investigations que le ministre Titikpina a interrogé de 10h à 21 h ses frères de Tchamba, l’Adjudant-Chef Seydou et le Commandant Djibérékou pendant que ces derniers étaient toujours menottés. Selon les témoignages, il prenait plaisir à faire serrer les menottes lorsque ses frères refusaient de répondre aux questions. Une méthode que l’intéressé lui-même confirma devant la Cour suprême en ces termes: «Si on a torturé les gens, est-ce que quelqu’un est mort? Si les gens refusent de répondre aux questions, qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse?».

Dans les colonnes de notre confrère «Le Rendez-vous», un rescapé de l’ANR  raconte: «Un jour le colonel Titikpina est venu. Il nous prend et nous fait faire des tours avec lui dans leurs installations. Arrivés quelque part il s’arrête et nous indexe, c’était un lundi; «Toi tu connais ici», «non», «toi tu connais ici», «non», «et toi», «non», il a interrogé tout le monde. Nous tous on a répondu non». Il continue: «Ici c’est moi, ici c’est moi, ici c’est moi. Je vais vous dire une chose, si vous dites la vérité,  je saurai quoi vous faire, si vous mentez, ici on vous passe au courant». Et il nous a montré avec explication les accessoires pour passer le courant aux gens. Il nous a dit, montrant ses membres: «On vous passe  ici, là-bas, une chaîne sur la poitrine, une croix  par-là.  Si tu as des vérités que tu caches, tu va pleurer, tu vas chier des déchets frais ici, personne pour te sauver. Et dans l’appareil on regarde tous tes mouvements». Quand il parlait ainsi, trois capitaines et d’autres petits exécuteurs étaient débout et prenaient notes. J’ai levé la main avant qu’il ne parte, j’ai dit ceci: Il n’y a pas deux morts, il y a une seule mort tout comme il n’y a pas deux tombes;  moi je suis fier de passer au courant. Pour quitter sa place, il a conclu :

«Jusqu’à présent les gens ne savent pas comment je suis». Sur ces termes il s’en est allé. Le jour-là, il n’y a rien eu. Mais le lendemain on nous a reconduits à l’endroit effectivement. J’étais le premier qui est passé au courant. On m’a interrogé trois fois: «Tu connais cette affaire?, et trois fois j’ai répondu non. Et ils ont commencé. Ça commence doucement et la douleur s’intensifie de façon croissante  dans tout l’organisme, accompagnée d’un bruit comme le vrombissement d’une machine. Pendant ce temps une femme suivait tout notre organisme via un ordinateur». L’auteur de ce témoignage n’a pas été appréhendé dans une affaire de coup d’Etat, mais dans un différend personnel avec l’ancien ministre de la Sécurité à Tchamba. Cela a suffi pour qu’il soit arrêté, conduit à l’ANR et torturé. Des faits qui confirment que ce n’est pas seulement un lieu exceptionnel pour garder des prisonniers sensibles, comme l’a indiqué maladroitement le très zélé Ahoomey-Zunu Séléagodji à Genève la semaine dernière.

Plusieurs Togolais et surtout des étrangers ont connu cet enfer. Parmi  eux des proches de Koffi Yamgnane, Bertin Sow Agba, des Libanais qui se sont vu confisquer leur fortune. Même Esso Kassiki arrêté à Abidjan et extradé à Lomé par Titikpina en personne a été sérieusement torturé à l’ANR sur ordre de ce dernier.

Selon des indiscrétions, le tout-puissant empereur de Tchamba serait devenu négationniste voire  amnésique au point de rejeter la responsabilité sur son tristement célèbre compagnon Alex Yotroféï Massina, le diable à qui le Capitaine Casimir Dontema a refusé de serrer la main.  Les deux hommes naguère associés dans le gangstérisme d’Etat  et les dérives de tout genre au nom de leur mentor Faure Gnassingbé, se regardent désormais en chiens de faïence. Selon un proche du pouvoir, on est passé des bisbilles à une tension à plus de 100 degrés entre les deux hommes. Il est évident que les deux lugubres personnalités ne sont pas des enfants de cœur et doivent en avoir suffisamment sur la conscience. Autant le DG de l’ANR est perçu comme le tout-puissant «sécurocrate» du système Faure au point de devenir même l’éminence grise du jeune monarque qu’il tient par tous les moyens, autant l’empereur de Tchamba est très redouté par ses frères d’armes pour ses dérives et autres coups bas basés sur la délation.

De sources concordantes, le Général Titikpina, chef d’Etat-major général des FAT rechignerait à rendre compte à son supérieur hiérarchique administrativement parlant qui se trouve être le Colonel Kouma Bitenèwé, un autre dont le simple nom rappelle de tristes souvenirs. Les deux hommes seraient des ennemis de longue date et Titikpina se serait opposé au retour au pays de Bitènewé après sa traversée du désert. Mais depuis que Faure a privatisé le ministère de la Défense et des Anciens combattants, c’est au Colonel Bitenèwé qu’est revenu le rôle de directeur de cabinet, en somme un ministre de la Défense qui ne dit pas son nom. Il est apparu tout au long du procès Kpatcha Gnassingbé et coaccusés que l’ambiance au sein de la hiérarchie militaire au Togo est délétère et le Général Titikpina est apparu comme le plus grand diviseur au sein de cette armée. Les bisbilles entre certains officiers dans l’entourage immédiat de Faure ne sont pas pour arranger les choses, autant dire que le ciel devient très nuageux pour le jeune monarque.

Sommes-nous au crépuscule des tortionnaires au Togo ? Tout porte à le croire, tant la détermination des ODDH appuyées par des partenaires en développement à faire par tous les moyens la lumière sur les allégations de torture afin que les auteurs soient traduits devant les juridictions sème un vent de panique dans le camp des Tonton Macoute togolais. Il se raconte que ces redoutables messieurs, devenus des chômeurs du fait du transfèrement des détenus vers des prisons civiles, rasent désormais les murs. La torture étant un crime imprescriptible, ils répondront tôt ou tard de leurs actes. De toutes les façons, à l’allure où vont les choses, Faure Gnassingbé pour sauver sa propre tête serait obligé de faire tomber des têtes, et c’est là que le ciel commence par être en «dérangement» pour Titikpina, Massina et consorts.

Ferdi-Nando

 

Commentaires

 
0 #1 ririr 22-10-2011 20:03
que dire de ces personnages d,autre sont passer par là ils sont ou en ce jour
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