Samedi, Février 24, 2018

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La Commission Vérité,  Justice et Réconciliation a bouclé jeudi 17 novembre à Lomé la phase des audiences ouverte le mardi 06 septembre à Lomé. De Lomé à Lomé en passant par Dapaong, Kara, Sokodé, Atakpamé, Tsévié, Kpalimé et Aneho, la CVJR a sillonné le territoire togolais.

Au cours de cette phase finale,  la Commission a examiné 508 dossiers en audiences publiques, privées  et à huis clos. Place maintenant à l’étape décisive de la rédaction de recommandations qui seront soumises au président de la République.

Ces recommandations porteront éventuellement, entre autres, sur les réparations des préjudices subis par les victimes, le sort à réserver aux auteurs des violations les plus graves des droits de l’Homme, les mesures à prendre pour éviter la répétition des actes de violence, lutter contre l’impunité et renforcer la réconciliation nationale.

Même si la société civile dans son dynamisme de lutte contre l’impunité au Togo, monte au créneau pour suivre ces recommandations dans leur application, nombreux sont les Togolais qui d’ores et déjà expriment leur scepticisme.

En effet certains observateurs ont émis des doutes sur la sincérité des audiences à huis clos ou in camera (qui ne sont pas ouvertes au public ni médiatisées). Selon des indiscrétions, ces audiences qui se sont déroulées à l’abri des regards n’étaient qu’un tapis rouge dressé aux barrons du Rpt, pour charger l’opposition d’ «exactions» qu’elles auraient subies.

Mgr Barrigah a beau être optimiste, il doit se rendre à l’évidence que la mission à lui confiée comporte quelque chose de vicieux, en ce sens que le régime veut se servir de lui pour liquider un passif très lourd, sans réellement poser les «actes dignes de repentance». La preuve, tous ces appels lancés en direction des éventuels «coupables» sont demeurés vains, sans suite. Même les instigateurs des violences officiellement connus comme tels ont eu le toupet de venir tout nier en se faisant cyniquement passer pour des «victimes».

Le régime Faure aurait été de bonne foi qu’il aurait exhorté les siens qui ont dû faire preuve de brutalité à un moment pour l’aider à conserver le pouvoir, à venir faire acte de contrition. Malheureusement, ce n’était pas le cas. Dans ces conditions, on peut imaginer le contenu des recommandations, vu que la commission avait averti que «c’est à la lumière des informations fournies par les différents intervenants au cours des audiences (publiques, in camera et privées) ainsi que des rapports de ses investigations, qu’elle fera ses recommandations finales à l’attention du peuple togolais dans le sens de l’apaisement». Les audiences ayant été biaisées, c’est logiquement que le rapport le soit aussi. Quand à la mise en œuvre desdites recommandations, on sait le sort généralement réservé à ces genres de recommandations dans notre pays.

De toute façon, sans sincérité, il n’y aura pas réconciliation, véritable. Mais c’est ce qui manque le plus au pouvoir Faure qui préfère user de duperies pour tromper l’opinion internationale.

Mensah K.

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