Samedi, Février 24, 2018

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Encore un triste rapport sur le Togo! Selon l’ONG Transparency International qui vient de publier le 1er décembre dernier un nouveau rapport sur l’Etat de la corruption dans le monde, le Togo n’est toujours pas un bon élève. 

Sur 183 pays étudiés, le nôtre fait partie des derniers, partageant la 143e place avec d’autres pays dont le «grand» Nigéria, habitué de ces classements et l’Ouganda, un pays que Faure a curieusement visité il y a de cela quelques semaines pour, dit-on, s’inspirer de son exemple.

Le Cameroun, pour deux fois identifié comme le pays le plus corrompu au monde et d’autres pays comme le Ghana, le Bénin, le Burkina Faso, le Mali, le Sénégal, le Gabon sont de loin mieux classés que le Togo.

Selon ce rapport qui classe les pays en fonction du nombre de points obtenus sur un total de dix (10), «certains gouvernements ne protègent pas leurs citoyens de la corruption, qu’il s’agisse de détournements de fonds publics, de versements de pots-de-vin ou de processus de décisions opaques».

«L’indice évalue 183 pays et territoires de 0 (perçu comme extrêmement corrompu) à 10 (perçu comme extrêmement intègre) en fonction du niveau perçu de corruption affectant leur administration publique et classe politique», indique l’ONG.

Pour avoir obtenu une note de 2,4, le Togo fait donc partie des pays «extrêmement corrompus». Ce qui en soi ne doit pas trop surprendre ceux qui ont une idée de la gestion faite de la chose publique dans notre pays. Si les conclusions de ce rapport ne révèlent pas un secret, elles ont tout de même le mérite de prendre à contre-pied ceux qui, à l’instar de Louis Michel, allant contre l’évidence, n’ont de cesse de claironner que le Togo est bien le meilleur des mondes.

Heureusement, il existe toujours sur la planète des organisations qui ne sont pas aveugles et qui continuent de jouir d’une crédibilité qui transcende les milieux politiques mafieux.

Selon Transparency, il existe un lien étroit entre paix civile et corruption. L’organisation rappelle que «les manifestations organisées à travers le monde, souvent alimentées par la corruption et l’instabilité économique, sont révélatrices de l’exaspération des citoyens qui jugent que leurs dirigeants et institutions publiques sont insuffisamment transparents et responsables vis-à-vis d’eux», citant les révoltes dans le Maghreb en exemple.

Comme plusieurs analystes l’indiquent, le Togo n’est pas à l’abri de ces révoltes au vu de certains indicateurs comme justement la corruption dont l’ampleur dans le pays vient d’être précisée dans le rapport. La Tunisie (73e) et l’Egypte (112e) qui connaissent actuellement une révolution sont même mieux classées que le Togo.

Il faut rappeler que ces dernières années, beaucoup de scandales financiers liés à la corruption ont été révélés par la presse sans que la situation ne préoccupe réellement les gouvernants. Les sociétés d’Etat sont livrées aux mains des prévaricateurs récidivistes qui ne sont jamais inquiétés, mais toujours promus. Les régies financières sont entourées d’une opacité monstre. Les caisses de l’Etat sont exposées aux pilleurs. En tout cas, quelle qu’en  soit la forme qu’elle prendra, le Togo doit faire sa révolution à lui aussi. Ne serait-ce que sur le plan de la gestion financière. Soit on anticipe, soit on la laisse venir d’elle-même, avec tous les éventuels dégâts que cela pourrait engendrer. La corruption, tous les Togolais doivent, chacun à son niveau, combattre, pendant qu’il est encore temps.

Mensah K.

 

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