Vendredi, Juillet 20, 2018

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L’ancien haut fonctionnaire de l’ONU ne se rend pas à son procès. Il conteste toute responsabilité.

Le Versoisien Eugène Adoboli, 76 ans, était convoqué à la fin du mois dernier au Togo pour répondre des accusations de détournement de fonds dans son pays d’origine. Selon une source judiciaire africaine, l’ex-premier ministre togolais, actif entre 1998 et 2000, ne s’est pas rendu devant les juges. L’été dernier, la Cour d’assises, qui a lancé un mandat d’arrêt international contre lui, l’a condamné par contumace à cinq ans de prison ferme.

L’homme, établi à Genève depuis 2002, est sommé de payer – avec deux autres accusés – à l’Etat togolais 760'000 euros de dommages et intérêts. Il aurait, selon l’accusation, détourné, avec deux autres personnalités politiques africaines, 1,22 million d’euros du budget alloué pour la construction de villas d’une cité à Lomé en 1999. Ces demeures étaient destinées à accueillir des chefs d’Etats, notamment, lors d’un sommet de l’Union africaine.

Depuis le début de la procédure, Eugène Adoboli, ex-directeur de la CNUCED à Genève (Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement), encore actif comme consultant auprès de plusieurs organisations internationales, crie au complot politique. Au lendemain de sa condamnation en juillet dernier, il affirmait dans différents médias africains qu’il n’avait pas reçu la convocation devant la Cour d’assises de Lomé: «A aucun moment je n’ai puisé dans les caisses de l’Etat togolais. Bien au contraire, j’ai usé de mes propres fonds pour préfinancer certains frais, surtout les missions que j’ai effectuées à l’étranger. Mon rôle dans la construction de la cité s’est limité à contresigner des chèques qui m’étaient présentés. Ce jugement frise le ridicule et n’honore pas notre pays. (…)» Eugène Adoboli soutient alors avoir été informé par une connaissance qu’il allait être jugé. Suite à cette convocation litigieuse, une nouvelle audience a été agendée pour le 21 décembre dernier dans la capitale togolaise. La justice a décidé de reporter ce nouveau procès à une date non connue. Un signal positif selon les défenseurs de l’accusé au Togo, qui considèrent que l’opinion publique est en faveur de l’ex-premier ministre et que l’affaire se dégonfle.

Son conseil en Suisse, Me Claude-Alain Boillat, avocat au Barreau vaudois et spécialiste en matière d’entraide internationale, ne souhaite pas faire de commentaire. Tout comme Eugène Adoboli, contacté cette semaine.

Ce dernier a été premier ministre sous le général Gnassingbé Eyadèma, mort en 2005, qui a gouverné durant trente-huit ans. Egalement jugées par contumace en juillet, deux autres personnalités impliquées dans ce dossier, Saïbou Samarou, ex-secrétaire d’Etat, et Hope Agboli, ex-ministre de l’Urbanisme, ont écopé chacun de huit ans de prison.

Par Fedele Mendicino (TDG)

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