Lundi, Septembre 24, 2018

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«La mauvaise foi divise les frères» (Virgile; Les Géorgiques). Nous étions à peu près certain il y a une semaine, lorsque nous utilisions la même citation tirée de «Les Géorgiques» pour dépeindre l’ambiance du fameux dialogue made in Togo, de pouvoir nous en servir à nouveau pour illustrer la mauvaise foi d’un Pouvoir qui s’amuse avec l’avenir de tout un peuple.

C’est chose faite. Pourquoi le Pouvoir et nos dirigeants par défaut ne veulent-ils pas d’élection à deux tours ? Pourtant jeudi dernier, c’était cela le choix de la majorité des membres du CPDC.

Ces dirigeants, dans un pays normal joueraient les seconds rôles et ne mériteraient guère de prendre des décisions engageant l’avenir d’une nation. Ça brille en tout par une incompétence caractérisée par des réactions inopportunes et des décisions mal à propos. Pas de vision et rien de consistant à apporter pour l’édification de la nation. Ça ne pense qu’à soi. Ça se mélange les pédales, ça cafouille avant de se ressaisir in extrémis.

Par euphémisme et pour se consoler de leur amertume, nos grands parents avaient coutume de dire que «les mauvaises choses qui arrivent dans la vie ont aussi leur bon côté». Ce qui signifie que le mal tout comme le bien, les déceptions autant que les joies que nous enregistrons dans nos vies concourent absolument à quelque chose. En d’autres termes, les malheureux événements devraient être acceptées au même titre que ceux qui nous réjouissent et en remercier le ciel, pourquoi pas?

Ceci, pour dire que ceux qui ont voulu tester une fois encore « la bonne foi » du Pouvoir en fermant les yeux sur sa mauvaise foi légendaire, en participant au « dialogue inclusif » de F. Gnassingbé et qui se désolent aujourd’hui des attitudes du Pouvoir qui donnent raison aux abstentionnistes, n’ont rien à regretter. Parce qu’au moins, par leur retrait les uns après les autres, ils auront permis à la Communauté internationale de se rendre compte que, plus jamais il n’y a rien à faire avec ce Pouvoir comme dialogue que de lui imposer ce qu’il doit faire. La nation a suffisamment été prise en otage comme ça.

C’était bien Faure Gnassingbé lui-même qui avait annoncé un «dialogue inclusif» après avoir piétiné l’APG et fait traîner les réformes prévues. Certains le croyaient sincère. Voilà qu’avec dix millions de francs, on a voulu corrompre des gens en les amenant à s’aligner sur les positions du Pouvoir. Où est le sérieux de ce dialogue, si l’on veut vraiment trouver une fin à la sempiternelle crise et ouvrir de nouvelles perspectives pour le Togo ? Le CPDC n’a cessé d’appeler les autres à venir au dialogue. On croyait qu’il y avait un regret au bout du compte qui attendait l’ANC et le CAR. Si le Pouvoir n’a pas réussi à donner tort à l’ANC, la confortant plutôt dans sa position d’exigence de garanties, c’est que nos dirigeants sont tout simplement minables.

Alain SIMOUBA

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