Mercredi, Février 21, 2018

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Un rapport de la Banque mondiale estime que les pays africains doivent lever les barrières commerciales sur le continent, particulièrement avec leurs pays voisins, pour réaliser l'intégration économique et accroître les revenus commerciaux.

Le journal privé 'Guardian' cite ce lundi l'Institution de Bretton Woods déclarant que les barrières commerciales ont privé le continent de nouvelles sources de croissance économique et de nouveaux emplois, tout en augmentant la pauvreté.

La Banque mondiale note que les réseaux de production, qui ont soutenu le dynamisme économique dans d'autres régions, notamment en Asie de l'Est, ne se sont pas encore matérialisés en Afrique.

Selon le rapport, de nombreux pays africains perdent des milliards de dollars américains en revenus commerciaux potentiels chaque année en raison d’importants obstacles nuisant à ces échanges avec leurs pays voisins. Le rapport ajoute même qu’il est plus facile pour l’Afrique de faire des affaires avec le reste du monde qu’avec elle-même.

'Il est évident que l’Afrique n’a pas atteint son potentiel en ce qui concerne le commerce régional malgré ses retombées importantes– à savoir la création de marchés d’envergure, la diversification des économies, la réduction des coûts et l’amélioration de la productivité. Les entraves au libre échange sont énormes et affectent de manière disproportionnée les petits commerçants, dont la plupart sont des femmes', a souligné Obiageli Ezekwesili, vice-présidente de la Banque mondiale, chargée de la région Afrique.   

'Il revient désormais aux dirigeants africains de joindre l’acte à la parole et de travailler ensemble pour harmoniser les politiques, le cadre institutionnel et mobiliser les investissements nécessaires pour établir un marché régional robuste à la mesure des aspirations du continent africain, de son milliard d’habitants et de son économie de deux mille milliards de dollars américains. Jusqu’au début de la crise financière, la plupart des pays d’Afrique subsaharienne connaissaient une croissance rapide et souvent nettement supérieure à la moyenne mondiale. La croissance économique dans ces pays était robuste et attribuable à la flambée des prix des matières premières, ce qui entraîna une très forte croissance de la valeur des exportations, en particulier de minéraux, à destination de nouveaux marchés en forte expansion tels que l’Inde et la Chine', note le rapport.

Le rapport ajoute que bien que les exportations aient connu une forte croissance au cours de la dernière décennie et que le commerce de la région ait bien repris suite à la crise économique mondiale, les retombées sur le chômage et la pauvreté ont été décevantes dans bon nombre de pays.

Le taux de chômage demeure autour de 24 % en Afrique du Sud. En Tanzanie, l’extrême pauvreté semble s’être stabilisée à environ 35 % de la population active.

Le rapport souligne que la fragmentation régionale pourrait même devenir encore plus coûteuse pour le continent, les prévisions de la Banque mondiale envisageant même que le ralentissement économique dans la zone euro pourrait réduire la croissance de l’Afrique de 1,3 point de pourcentage cette année.

Alors que la situation de l’économie mondiale reste incertaine et que les marchés traditionnels d’Europe et d’Amérique du Nord continueront probablement de stagner, il existe des opportunités considérables d’échanges transfrontaliers de produits alimentaires, produits manufacturés de base et services qui demeurent inexploitées en Afrique, a indiqué la Banque mondiale.

'Imaginez les avantages qu’il y aurait à permettre aux médecins, infirmières, enseignants, ingénieurs et avocats africains de pratiquer n’importe où sur le continent… Or, ce sont les pays eux-mêmes qui sont d’abord et avant tout responsables de la concrétisation de ces possibilités. Le but ultime est clair: aider les Africains à échanger des biens et services entre eux. Peu de contributions offrent autant de potentiel de développement que cette mission', a souligné Marcelo Giugale, directeur du service régional de réduction de la pauvreté et de la gestion économique pour la région de l’Afrique à la Banque mondiale.

Pour mettre fin a la segmentation du commerce régional, le rapport recommande aux dirigeants africains d'améliorer le commerce transfrontalier en particulier pour les petits commerçants pauvres, dont bon nombre sont des femmes, en simplifiant les procédures au niveau des frontières.

Pana 14/02/2012

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