Dimanche, Mai 20, 2018

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Selon des sources bien informées, le gouvernement vient de constituer une liste restreinte de cinq entreprises souhaitant chacune gagner le marché d’exploitation du phosphate carbonaté togolais.

Si on ne les connaît pas toutes, on sait néanmoins que l’Australienne Balarama Ressources Limited est bien présente sur la liste. En tout cas, c’est ce que la société elle-même indique à travers une note confidentielle en date du mercredi 11 avril dernier, publiée avec un air de satisfaction difficilement dissimulable.

«La Compagnie (ndlr: Balarama) a reçu une lettre écrite du ministère togolais des Mines et de l’Energie dans laquelle figurait la liste de 5 compagnies sélectionnées pour les prochaines étapes», s’est réjouie la société australienne qui espère que le gouvernement l’invite prochainement pour des «discussions» sur ses propositions. Balarama estime avoir de «bonnes raisons» de croire que sa grande maîtrise du dossier d’appel d’offres contribuera à garantir le fait que le projet puisse générer beaucoup de ressources pour toutes les parties prenantes.

Pour rappel, depuis l’année dernière, le marché a été ou était sur le point d’être concédé à la «Sultan Corporation Limited » qui est curieusement devenue « Balarama» (dirigée par la même personne, Derek Lenartowicz), dans des conditions contestées par beaucoup d’observateurs et des partenaires du Togo dont la Banque Mondiale. Cette dernière a donc remis en cause l’appel d’offres et obligé l’Etat togolais à lancer un autre. «Sous la pression de la Banque Mondiale et du Fonds monétaire international (FMI), qui conditionnent leur appui à la relance de la filière phosphate - sinistrée - à la pratique de la bonne gouvernance, Lomé a rejeté l’offre de Sultan Corp. La compagnie australienne était la seule à postuler à l’appel à candidatures. L’Etat s’apprête désormais à lancer une nouvelle compétition «plus ouverte», révélait le journal électronique spécialisé Africa Mining Intelligence (AMI) dans sa livraison n°261 du 14 novembre dernier.

Comme on le voit, à la suite du nouvel appel d’offres, les mêmes Australiens se retrouvent toujours dans la liste restreinte des cinq entreprises. Et naturellement, ils se frottent déjà les mains et invitent leurs partenaires à rester optimistes.

C’est le lieu d’en appeler à la vigilance de tous les acteurs de la société togolaise, et particulièrement des partenaires du pays autour de cette offre dans laquelle la tentation de la fraude est évidente. Surtout dans le contexte du Togo où on sait que l’industrie minière est généralement couverte d’un voile sombre, profitant à une minorité de personnes tapies dans l’ombre pendant que les communautés directement concernées sont en proie à une extrême pauvreté.

Le gisement de phosphate carbonaté en jeu est évalué à plus de deux milliards de tonnes et son exploitation devrait conduire à la mise en place d’une usine de production d’acide phosphorique. C’est donc une affaire de milliards qui aiguise naturellement les appétits. Mais au moment où on parle de Transparence dans les Industries minières dans notre pays, plus question d’abandonner nos richesses naturelles aux mains des barons du clan au pouvoir qui savent souvent s’y prendre. Le plus souvent, ils mettent devant des étrangers qui servent juste d’écran et dissimuler leur présence. Et le tour est joué.

Mensah K.

Commentaires

 
0 #1 Robert 10-05-2012 18:52
Etiame devrait aussi publier le nom de celui qui finance l’écriture de cet article. Il est évident que quelqu'un serait mécontent de voir ce contrat alloué au groupe Australien.
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