Dimanche, Octobre 21, 2018

AddThis Social Bookmark Button

Cette nouvelle rubrique sera consacrée à la présentation à chaque parution d’un personnage ayant marqué l’histoire du monde, qui a apporté sa pierre à la construction de l’édifice. Pour la parution de ce mardi, nous commençons avec Léopold Sédar Senghor, poète, écrivain, homme politique sénégalais, Président (1960-1980).

Léopold Sédar Senghor est né le 09 octobre 1906 à Joal à une centaine de kilomètres de Dakar. Il commença ses études en 1914. En 1923, il obtient une bourse française et embarque pour la France où il rentre au lycée Louis le Grand. En 1933, Léopold Sédar Senghor devient le premier agrégé africain d’Université. Il fonde en 1934 avec l’intellectuel martiniquais Aimé Césaire et Léon Damas, la revue de ‘’L’Etudiant Noir’’, où il expose ses premières réflexions sur la Négritude: «Objectivement, la négritude est un fait, une culture. C’est l’ensemble des valeurs, économiques et politiques, intellectuelles et morales, artistiques et sociales, non seulement des peuples d’Afrique noire, mais encore des minorités noires, voire d’Asie et d’Océanie».

 

Il a été professeur d’Université avant de s’engager dans la politique. Le 20 juin 1940, il est fait prisonnier à la Charité-sur-Loire et c’est en 1941 qu’il rentre dans la Résistance au sein du Front national universitaire. Libéré en 1942 pour raison de santé, il reprend son poste au Lycée Marcelin Berthelot et devient en 1944 chargé de cours à l’Ecole Nationale de la France d’Outre-mer. Après la Seconde Guerre mondiale, il adhère à la Section Française de l’Internationale Ouvrière (SFIO) qu’il quitte en 1947 pour fonder le Bloc démocratique sénégalais (qui deviendra par la suite le Bloc populaire sénégalais, puis l’élément principal de l’Union progressiste sénégalaise en 1958) et devient député du Sénégal. En 1955, il est nommé Secrétaire d’Etat à la Présidence du Conseil dans le Cabinet d’Edgar Faure. En Janvier 1960, le Sénégal et la République Soudanaise forment la Fédération du Mali dont il préside l’Assemblée Constituante. Le Sénégal obtient son indépendance en juin de la même année et c’est en août que Léopold Sédar Senghor est élu Président de la République, fonction qu’il occupera jusqu’au 31décembre 1980. Il quitte le pouvoir de son «plein gré», laissant sa place à Abdou Diouf, successeur qu’il s’est choisi et a préparé à la fonction.

Léopold Sédar Senghor décède à Verson en Normandie le 20 décembre 2001.

En effet, Senghor est un fervent défenseur du fédéralisme pour les États africains nouvellement indépendants, une sorte de «Commonwealth à la française». Le 13 janvier 1957, une «convention africaine» est créée. La convention réclame la création de deux fédérations en Afrique française. Léopold Senghor se méfie de la balkanisation de l’AOF en huit petits Etats. Le fédéralisme n’obtenant pas la faveur des pays africains, il décide de former, avec Modibo Keïta, l’éphémère fédération du Mali, avec l’ancien Soudan français (l’actuel Mali). La fédération du Mali est constituée en janvier 1959 et regroupe le Sénégal, le Soudan français, le Dahomey (l’actuel Bénin) et la Haute volta (l’actuel Burkina -Faso). Un mois après, le Dahomey et la Haute-Volta quittent la fédération, refusant sa ratification. Les deux fédéralistes se partagent les responsabilités. Léopold Senghor assure la Présidence de l’Assemblée fédérale. Modibo Keïta prend la Présidence du gouvernement. Les dissensions internes provoquent l’éclatement de la fédération. Le 20 août 1960, le Sénégal proclame son indépendance et le 22 septembre, Modibo Keïta proclame l’indépendance du Soudan français qui devient la République du mali.

Élu le 5 septembre 1960, Léopold Senghor préside la toute nouvelle République. Il est l’auteur de l’hymne national sénégalais, le Lion rouge. Le Président du Conseil de Gouvernement, Mamadou Dia est chargé de la mise en place du plan de développement à long terme du Sénégal tandis que Senghor est chargé des relations internationales. Les deux hommes entrent rapidement en conflit. En décembre 1962, Mamadou Dia est arrêté et accusé d’avoir tenté un coup d’État. Il resta douze ans en prison (à Kédougou, Sénégal oriental). À la suite de cet événement, Léopold Sedar Senghor instaure un régime présidentiel. Le 22 mars 1967, Senghor échappe à un attentat. Le coupable sera condamné à mort.

Senghor démissionne de la Présidence, avant le terme de son cinquième mandat, en décembre 1980. Abdou Diouf, Premier ministre, le remplace à la tête du pouvoir, en vertu de l’article 35 de la Constitution. Sous la Présidence de Senghor, le Sénégal a instauré le multipartisme (limité à trois courants: socialiste, communiste et libéral, puis quatre, les trois précédents étant rejoints par le courant conservateur), ainsi qu’un système éducatif performant. Senghor est souvent reconnu pour être un démocrate. Néanmoins, il réprima violemment Mamadou Dia, Valdiodio Ndiaye, et plusieurs mouvements estudiantins.

Léopold Sédar Senghor soutient la création de la Francophonie et fut le Vice-président du Haut-Conseil de la Francophonie. En 1962, il est l’auteur de l’article fondateur «le français, langue de culture» dont est extraite la célèbre définition: «La Francophonie, c’est cet Humanisme intégral, qui se tisse autour de la terre». Il théorise un idéal de francophonie universelle qui serait respectueuse des identités et imagine même une collaboration avec les autres langues latines.

En 1960, il envoie des émissaires à la première conférence de Niamey (17 au 20 février) avec ce message: «La création d’une communauté de langue française sera peut-être la première du genre dans l’histoire moderne. Elle exprime le besoin de notre époque où l’homme, menacé par le progrès scientifique dont il est l’auteur, veut construire un nouvel humanisme qui soit, en même temps, à sa propre mesure et à celle du cosmos». Il est considéré, avec Habib Bourguiba (Tunisie), Hamani Diori (Niger) et Nodorom Sihanouk (Cambodge), comme l’un des pères fondateurs de la Francophonie.

En 1971, Léopold Sedar Senghor devient le parrain de la Maison des droits de l’Homme et de la négritude à Champagney en France. Musée d’une ville qui fut la seule à écrire un cahier de doléances pour l’abolition de l’esclavage. En 1982, il a été l’un des fondateurs de l’Association France et pays en voie de développement dont les objectifs étaient de susciter une conscientisation des problèmes de développement des pays du Sud, dans le cadre d’une refonte des données civilisatrices.

Annie-Stevia W.

Commentaires  

 
+1 #1 DWARR 03-07-2012 05:25
C'est bien beau tout ceci, mais mentionnez combien ce Monsieur a aussi ete des les premieres heures de nos independances en Afrique comme Felix Houephouet et Bongo les grands saboteurs de l'unite africaine, notez combien ils ont tous sabote la democratie et l'etat de droit en Afrique,combien ils ont tous participe a l'elimination de beaucoup de nos independantiste s et nationalistes africains.. ils tous les peres de cette mafia FrancAfrique qui tue toujours encore notre continent.. ils sont de veritables Canailles a la solde de l'Occident..
Citer
 

Copyright ©2005 www.etiame.com tous droits réservés.
Toute reproduction partielle ou intégrale doit faire l'objet d'une demande préalable.