Dimanche, Mai 27, 2018

AddThis Social Bookmark Button

La tension, déjà perceptible au pays des pharaons, est en passe de monter d’un cran; la cause? L’annonce, prévue pour jeudi 21 juin 2012, des résultats de la première présidentielle depuis la chute de Moubarak a été repoussée jusqu’à quand? Mystère et boule gomme. C’est donc un report sine die. Cela confine à un flou artistique de tous les dangers.

Et voilà l’Egypte au carrefour de moult interrogations, les unes plus préoccupantes que les autres. Le raïs est (presque) mort, mais les populations, impatientes de savoir qui en sera le successeur, devront attendre; à la vérité, elles sont condamnées à ronger leur frein; et c’est bien de là que peut venir le danger de l’explosion sociale.

En fait, peu d’observateurs avertis s’attendaient à ce que l’on sorte immédiatement un nom du chapeau d’une présidentielle dont on avait prédit qu’elle serait de tous les dangers. En effet, après la dernière ligne droite, les deux finalistes, Mohammed Morsi et Ahmad Chafiq, revendiquent chacun la victoire. Chacun des deux candidats dispose d’arguments à cet effet, et, on l’imagine, trancher le nœud gordien ne sera pas une mince affaire, loin de là.

L’équation égyptienne est d’autant corsée que les frères musulmans ont l’impression qu’on tient à les déposséder de ce qu’ils ont acquis par les urnes; suite à la dissolution, il y a juste quelques jours, de l’Assemblée nationale, dominée par les islamistes, ils suspectent l’Armée d’avoir pris des mesures lui permettant de contrôler le processus d’élaboration de la future constitution; dans la foulée, ils appellent à un sit-in tant que leur candidat, Mohammed Morsi, ne sera pas déclaré vainqueur, mettant même en garde contre une «confrontation entre l’armée et le peuple» si toutefois M. Chafiq était déclaré vainqueur du scrutin; une véritable quadrature du cercle pour les dirigeants intérimaires de l’heure, certes, mais qu’ils auront l’obligation de trancher un jour ; ils ont peur des «barbus», dont la réputation en matière d’excès n’est plus à faire, mais à ce stade du processus, il semble difficile, osé, dangereux de tenter quelque pirouette pour récupérer le verdit des urnes, si tant est que Morsi soit le vainqueur désigné par les urnes; «dura lex sed lex», disaient les anciens; la démocratie aussi a ses exigences; si le candidat des islamistes a été autorisé à prendre part au scrutin et si d’aventure il l’a remporté, l’Armée a l’obligation de se montrer fair-play et de remettre à César ce qui lui revient; pour la simple raison que c’est la (dure) loi de la démocratie.

Il faut la respecter. Si ce sont les populations qui ont choisi de confier leur destinée au parti de Morsi, il serait illusoire, voire dangereux de se mettre sur son chemin. Les menaces proférées par les barbus ne sont pas du bluff, et l’Egypte peut de nouveau s’embraser ; aux autorités en place de savoir faire le bon choix; en ouvrant l’œil, le bon, et en suivant la voie de la raison.

Jean Claude Kongo, L’Observateur Paalga

Copyright ©2005 www.etiame.com tous droits réservés.
Toute reproduction partielle ou intégrale doit faire l'objet d'une demande préalable.