Dimanche, Août 19, 2018

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Un immense panneau près de l'aéroport de Juba, la capitale de la République du Soudan du Sud, où l'on voit le président Salva Kiir aux côtés du vice-président Riek Machar et sur lequel on peut lire: «Ensemble nous marchons dans le pays de la liberté»; des drapeaux aux couleurs du pays (rouge, vert et noir) en vente dans la ville et des réverbères drapés de la bannière nationale.

Ce sont là, les seuls indicateurs  de la célébration du premier anniversaire de l’indépendance du Soudan du Sud hier lundi 9 juillet 2012.

Il y a un an, en effet, la République du Soudan du Sud devenait le 54e Etat africain et le 193e pays membre de l'Organisation des Nations unies (ONU). Il faut dire que la cohabitation était devenue impossible (entre un Soudan du Sud chrétien, animiste, qui est un véritable réservoir d’or noir mais qui estime ne pas en bénéficier des retombées et un Nord arabophone, sans verser dans les clichés), et les tentatives vaines de conciliation ainsi que la séparation de corps n’ont été qu’une suite logique.

Un an après, force est de reconnaître  que c’est un embryon d’Etat qui se met en place et il est peut-être trop tôt pour juger des retombées socio-économiques de l’indépendance. Si des Etats comme l’Algérie viennent  de fêter le cinquantenaire de leur indépendance avec un bilan mi-figue, mi-raisin, que dire d'un bébé-Etat comme le Soudan du Sud, où il faut carrément réorganiser l’Administration. Il y a également le fait que la première année d’indépendance n’a pas été de tout repos pour les Sud-Soudanais, car ils ont dû croiser le fer avec Khartoum sur fond de querelles interminables concernant les dividendes de l’or noir. Une nouvelle flambée de violence est d'ailleurs survenue récemment après que l'armée soudanaise a repris la région frontalière de Heglig, où se concentrent d'importants gisements de pétrole. Cette région, riche en hydrocarbures, est toujours l'objet d'une âpre dispute entre le Soudan et le Soudan du Sud.

Aussi faut-il espérer que Salva Kiir saura mener à bon port le navire battant pavillon Soudan du Sud. A cet effet, le défi semble herculéen, car l’Etat sud-soudanais, peuplé de 8,6 millions d'habitants, reste l'un des pays les plus pauvres au monde, où la population adulte est illettrée à 73%, où le taux de scolarisation dans le secondaire est d'à peine 6% et où l'espérance de vie ne dépasse pas les 50 ans. Autant dire qu’il ne faut pas attendre le deuxième anniversaire de l’indépendance pour se mettre au travail. La première bataille à gagner est sans conteste celle de l’éducation, car le développement d’une Nation pourrait se résumer à cette alternative chère au défunt Pr Joseph Ki-Zerbo: «Eduquer ou périr».

Hyacinthe Sanou

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