Jeudi, Mai 24, 2018

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Aujourd’hui 23 septembre 2010, le Togo ou le régime RPT du père au fils va commémorer le 24ème anniversaire de l’agression terroriste ou de la fête de l’armée.

Même si elle a perdu depuis quelques années son ampleur, cette fête est toujours célébrée. Et dans la mémoire collective, elle symbolise la victoire des forces du bien sur celles du mal incarnées par un certain Gilchrist Olympio, «terroriste international». Mais pour cette année, le hasard politique a fait que le «terroriste international» mange dans le même plat que les forces du bien. On attend de voir l’allure que prendra cette fête.

Présentation des faits

«Que ceux qui, de l’intérieur comme de l’extérieur, par leurs propres moyens ou avec l’aide des autres, cherchent à remettre en cause la paix et la stabilité du Togo, sachent que notre option est le choix du peuple et que nous n’avons d’ordre à recevoir de personne, car la liberté, la dignité, l’indépendance et la souveraineté ne se marchandent pas», parole du président-fondateur du RPT. On était en 1986. Ce message avait envahi la une du quotidien national «La Nouvelle Marche», aujourd’hui «Togo-Presse». C’était la réponse de feu général Gnassingbé Eyadema aux «terroristes» qui avaient attaqué Lomé dans la nuit 23 au 24 septembre 1986. Le jeudi 25 septembre, «La Nouvelle Marche» annonçait en manchette «Complot terroriste déjoué à Lomé», et on y voit feu Eyadema montrer les armes récupérées sur les assaillants aux différentes délégations qui s’étaient précipitées à Lomé. «Ces terroristes ont tué six personnes parmi la population civile. Grâce à la rapidité d’intervention de nos forces de sécurité, sept terroristes ont été tués, dix-neuf autres arrêtés dont deux par les militants de la cellule 30, quartier Saint Joseph», avait rapporté le quotidien national.

Trois jours après «l’attentat terroriste», le très zélé ministre de l’Intérieur à l’époque, Kpotivi Têvi Djidjogbé Laclé, - paix à son âme – avait organisé une conférence de presse pour présenter les faits. Les terroristes ont été présentés au public ainsi que les matériels saisis. Deux pays voisins, le Ghana de John Jerry Rawlings et le Burkina Faso de Thomas Sankara étaient mis en cause par Lomé. «Le recrutement de ces assaillants s’est effectué sur le territoire ghanéen par les nommés Amah Ayayi dit Sancho, Attisso et El-Hadj Idrissou, tous trois Togolais, résidant au Ghana, à la solde de Gilchrist Olympio et de l’ex-capitaine Francisco Lawson, assistés des sous-officiers de l’armée ghanéenne, tel que le sergent Dobleyou», avait déclaré feu Laclé. Après avoir abordé la formation, les préparatifs des terroristes et leurs plans, le ministre de l’Intérieur avait martelé: «Mais, qui sont derrière ces événements de déstabilisation du régime togolais en recourant au terrorisme, en armant des mains criminelles en vue de l’assassinat du président togolais, le général Gnassingbé Eyadema? Selon les déclarations des assaillants terroristes, ce sont: Gilchrist Olympio, Lawson Francisco, Isidore Latzoo, Agbényan, Amah Ayayi dit Sancho. Rappelons ici que les deux premiers (Olympio et Lawson Francisco) étaient déjà directement impliqués dans l’affaire des mercenaires, jugés et condamnés». Et le lendemain, celui que Gilchrist Olympio et les autres «assaillants terroristes» devaient assassiner, le général Eyadema, avait regagné à pied son domicile au Camp RIT en quittant le palais présidentiel avec un groupe de ministres. «La Nouvelle Marche» l’avait appelé «Marche triomphale du président Eyadema». Et puis, Gilchrist Olympio est devenu le premier «most wanted» parmi les assaillants.

En revanche, l’ancien collaborateur d’Eyadema, Andoch Bonin révélait récemment que Gilchrist Olympio les avait toujours trahis quand il était question de renverser le régime. «Après ses tentatives de 1977, en décembre 1985 nous avions voulu faire un autre coup d’Etat, Gilchrist l’a su par Lawson Francisco et il nous a trahis directement à Eyadema. Et puis en 1986 aussi, les 22-23 septembre 1986, c’était un coup qui était également réussi, Gilchrist l’a fait trahir par Ozou Ouzou, un certain policier Akposso. Il était Sergent dans la police, il a volé on a voulu l’arrêter et il a fui pour aller se refugier au Ghana. Quand il est descendu à Accra en 1985, il était allé voir Gilchrist et lui a dit qu’il est opposant. Gilchrist le prend et il le met dans le top niveau de l’organisation militaire du groupe. Lawson Merleau s’y était opposé, Lawson Francisco s’y était opposé, mais lui il a insisté, puisque ceux qui vont nous aider à utiliser le terrain ghanéen étaient ses amis.  C’est ainsi qu’ils ont dévoilé le coup où on a tué quatorze de  nos hommes qui étaient là à Lomé cette nuit du 22 septembre», avait-il dit.

Et ce n’est pas pour le roi de Prusse que le meilleur monument du 23 septembre a été construit dans la ville d’Amlamé d’où est originaire le traître Ozou.

Amnistie de 1991

Au début du mouvement démocratique, l’une des revendications du Front des associations pour le renouveau (FAR) fut l’amnistie à tous les Togolais poursuivis pour délits politiques. Ce qui avait été accepté par feu Eyadema après moult manifestations et négociations. C’était donc en la faveur de cette amnistie que Gilchrist Olympio, surnommé le «terroriste international», a regagné Lomé pour participer plus tard à la Conférence nationale souveraine.

Mais au RPT, on ne lui avait jamais pardonné ces attaques armées. Au temps d’Eyadema jusqu’à un passé récent, Gilchrist Olympio était toujours traité de «terroriste international». Les liseurs de motion ne manquaient pas d’occasion pour le charger proprement.

Au même moment, le 23 septembre est célébré avec faste et des reportages sont proposés sur la fameuse attaque. «L’agression du 23 septembre 1986 a été largement décrite, abondamment commentée, vigoureusement dénoncée à plusieurs reprises, et à différents niveaux. Depuis ce complot terroriste, déjoué par les vaillantes forces armées togolaises, la victoire du Bien sur le Mal est commémorée chaque année et à la même date par une prise d’armes», écrit l’ancien ministre Charles  Kondi Agba dans son ouvrage «Ministre avec Eyadema». Au temps du général Eyadema, cette date était célébrée avec une gigantesque parade militaro-civile sur le boulevard qui porte son nom en face du Garage central. Tout le monde a en mémoire l’image de son rejeton parachutiste qui avait atterri sur un poteau de l’apatam. En plus, le 23 septembre était «chômé et payé» sur toute l’étendue du territoire.

Situation après 2005

Après l’élection d’avril 2005, Faure Gnassingbé avait mis en place une commission chargée de revisiter l’histoire du Togo. Après quelques mois, la Commission dirigée Mgr Dosseh-Anyron a rendu publiques les conclusions de ses travaux. Cette fête de 23 septembre qui a toujours divisé les Togolais a été consacrée «Fête de l’armée». Ainsi, sa commémoration a continué sous Faure Gnassingbé avec des cérémonies de dépôt de gerbes et un défilé au Camp RIT, devenu lui aussi Camp général Gnassingbé Eyadema. En 2006, après la signature de l’Accord politique global (APG), Me Agboyibo et certains opposants qui avaient participé au gouvernement d’union nationale, étaient contraints d’assister au défilé militaire.

Mais si depuis deux ans, la fête a perdu un peu de son ampleur, elle continue quand même d’être célébrée. L’année dernière par exemple, l'évènement a été marqué par un dépôt de gerbes au monument aux morts sur toute l'étendue du territoire national. A Lomé, c'est le ministre d'Etat, ministre de l'Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, porte-parole du gouvernement, Pascal Akoussoulélou Bodjona, qui a procédé au dépôt de gerbes au pied du monument aux morts à la place du 23 septembre sur le site de Lomé II. Ce dépôt de gerbes a été suivi de la sonnerie aux morts. La cérémonie s'est déroulée en présence des membres du gouvernement, des députés et des autorités militaires, administratives et traditionnelles, et l'ambiance était entretenue par le groupe des femmes FAT de Lomé.

Assistera-t-on au même spectacle? Les ministres AGO prendront-ils part aux festivités marquant le 24ème  anniversaire de l’«agression terroriste» dont le cerveau n’est autre que leur mentor? Quelles seront les réactions de Gilchrist Olympio quand les organes de propagande du RPT reviendront sur les images du 23 septembre 1986? On attend de voir.

Coco Tchak

Commentaires  

 
0 #1 Hervé di Siva ADAMSO 15-07-2011 00:25
Pourquoi penser que c'est une collaboration digne de fois avec le R.P.T.?, car Olympio Gill n'a jamais été honnête avec qui ce soit dans cette lutte, que ce soit avec les autres opposants, dans la lutte armée. il a été toujours une transfuge, et prêt à noyauter la véritable lutte des gens de bonnes fois qu'il a traité de traîtres pour les discréditer aux yeux de ceux qui peuvent aider à la libération de notre chère TOGO, et se voyant démasqué par tout le monde, il lui reste une seule et une seule chose à faire : re rallier avec votre ennemi, comme le ferait un enfant de 5 ans pour faire du mal à ses amis d'hier,
Mais si ses amis du R.P.T s'en dorment et ignorent qu'il a toujours trompé,doivent savoir que GILL trompera encore, et en plus, feu Éyadéma n'a jamais peur de Gill, car il n'a jamais vraiment combattu.
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