Dimanche, Mai 20, 2018

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Ce n’est plus un secret pour personne. Le Port autonome de Lomé (PAL), le seul en eau profonde de la côte est depuis des années au centre de toutes les convoitises. Construit par les Allemands au lendemain de l’indépendance du Togo sur une sollicitation de Sylvanus Olympio, ce port est passé dans les mains des vautours du pouvoir RPT après la rupture de la coopération.

Et depuis, ce joyau ne cesse d’être mis en couple réglée par ceux qui ont fait du pays leur bien personnel. Au cœur d’une bataille rangée entre le groupe PROGOSA et Bolloré, il a fini par tomber dans l’escarcelle du second de façon rocambolesque depuis que Faure Gnassingbé, voulant faire un clin d’œil à la France de Nicolas Sarkozy en échange de sa réélection frauduleuse, a lâché leur ami de toujours Jacques Dupuydauby, contraint de prendre la poudre d’escampette.

Au Port autonome de Lomé, tout est aux mains des étrangers, y compris ceux qui sont arrivés dans notre pays les mains vide pour devenir ensuite des milliardaires, à l’image du sulfureux Mark Antoine. Les Togolais sont réduits à des métayers dans leur propre pays, pendant que les nombreux bénéfices produits par ce joyau sont repartis entre ces fameux investisseurs et leurs complices au sommet de l’Etat. Dans le budget national, il est curieux de constater que l’apport du PAL à l’économie nationale est presqu’insignifiante. L’enceinte du Port autonome même se trouve dans un état plus que piteux, on dirait un village. Des trous sont visibles partout, des flaques d’eau ont pris la place du goudron qui n’existe plus. A défaut de l’eau stagnante, c’est la poussière qui vous accueille.

Pendant que le Port se trouve dans cet état piteux, son Directeur Général le Contre-amiral sans frégate Fogan Adégnon et ses comparses ont instauré des taxes qui suscitent la colère des clients. Pour avoir désormais accès au PAL, il faut payer un badge de 30 000 F qui a une validité d’un an. Les motos et voitures doivent se procurer une vignette qui coûte respectivement 7000 et 50 000 F CFA valable aussi pour un an. Vu l’intensité des activités au PAL, ces taxes sont évaluées mensuellement à des dizaines voire des centaines de millions, mais prennent des destinations inconnues. Il y a de cela deux semaines, ce sont les importateurs de véhicules d’occasion qui ont haussé le ton pour dénoncer les rackets systématiques du sulfureux Mark Antoine qui opère au Port avec une demi-douzaine de sociétés les unes aussi obscures que les autres.

Le PAL, monnaie d’échange du fauteuil présidentiel de Faure Gnassingbé

Après l’éviction de Jacques Dupuydauby du Port autonome de Lomé et la rétrocession de toutes ses activités à son concurrent le groupe Bolloré, on pensait que les choses iraient mieux. Mais depuis quelques mois, une bataille rangée pour le contrôle des activités de la manutention oppose le groupe Bolloré à un autre groupe, MANUPORT, filiale de GETMA international et NECOTRANS. Cette bataille serait due, selon certaines sources, à la gourmandise du groupe de Vincent Bolloré de mettre la main sur l’ensemble des activités de manutention au PAL. Du coup dans cette guerre de géants, Faure Gnassingbé a fait son choix. Après plusieurs manœuvres, il vient de prendre un décret retirant au groupe MANUPORT sa licence dans le secteur de la manutention au profit de SE2M qui est en train de faire sa mutation en TOGOTERMINAL. Tout le personnel de MANUPORT section manutention, environ 300 personnes, sera reversé à SE2M.

Mais du côté de ces agents, c’est l’inquiétude. Ils se demandent si la société du groupe Bolloré va reprendre l’ensemble des agents et s’interrogent sur le traitement qui leur sera réservé. Leurs délégués, pour comprendre les motivations du retrait de la licence à leur groupe, ont approché le ministère des Transports et il leur a été sèchement répondu que c’est pour des raisons d’Etat que l’autorité a agi. Ces agents ont poussé leur curiosité jusqu’à la Présidence de la République où ils ont été reçus par un collaborateur de Faure Gnassingbé.

Il n’y a pas que les agents de MANUPORT qui s’inquiètent de cette nouvelle donne. Les transitaires aussi se font du souci. L’un deux s’est confié à notre rédaction et tente de justifier l’origine de cette crainte en ces termes: «Lorsqu’un conteneur arrive au Port, la société Delmas te donne 10 jours de franchise pour libérer le conteneur, sinon après il faut payer les pénalités. Mais avant de commencer les formalités au Port et à la Douane, c’est DELMAS qui doit te donner le bon à délivrer et pour l’avoir, il te faut 3 jours ; donc dans les 10 jours, il t’en reste 7. Si tu prends encore 2 ou 3 jours pour terminer les formalités du Port et à la Douane et tu fais le dépôt complet au niveau de SE2M pour t’envoyer les conteneurs au TP3 pour le décharger, tu fais 6 jours pour terminer les formalités et c’est en ce moment que SE2M te complique la tâche en n’envoyant pas les conteneurs à temps. Parfois c’est après deux semaines qu’on envoie les conteneurs, et pendant ce temps, les 10 jours sont dépassés et DELMAS te bloque, te fait payer les jours supplémentaires alors que la faute provient d’eux-mêmes. Dans le cas d’espèce, ce sont eux qui devraient normalement prendre en charge les pénalités. Or avec MANUPORT, trois jours après on t’envoie le conteneur au TP3, à la satisfaction des clients et des transitaires. Le retrait donc de la licence de MANUPORT de la section manutention va créer des problèmes si le groupe SE2M et autres n’améliorent pas la qualité de leurs services».

Au-delà des inquiétudes de ces agents et autres transitaires, nous reviendrons dans un grand dossier sur ce qui se passe réellement au PAL livré par Faure Gnassingbé à des sociétés étrangères les unes aussi obscures que les autres dans l’unique but de conserver un pouvoir décadent. C’est dommage qu’après plus de 50 d’indépendance, les vautours du système en place en soient encore là à brader les poumons de notre économie à des prétendus investisseurs au moment où on continue de parler de l’indépendance économique.

Ferdi-Nando

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