Dimanche, Août 19, 2018

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Les jours passent et les arrestations arbitraires se poursuivent dans la plus grande illégalité avec l’acquiescement coupable des institutions de la République, toutes verrouillées par un pouvoir exécutif plus que jamais emmuré dans son autisme, et dément à voir la grave altération de son interprétation de la Constitution et des lois de la République.                                      

Ainsi à la suite des interpellations cavalières de Agbéyomé KODJO, Président National de OBUTS, ancien Président de l’Assemblée nationale et ancien Premier Ministre, Gérard ADJA, Vice-Président de OBUTS, Mme Suzane NUKAFU, membre de la section des femmes de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC); c’est au tour d’Alphonse KPOGO et de Jean Eklou, respectivement Secrétaire Général de l’Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral (ADDI) et Secrétaire National à la jeunesse de l’ANC d’être harponnés par la gendarmerie dans le cadre de l’enquête sur la série d’incendie ayant ravagé notamment les marchés de Lomé et de Kara.

Ces pratiques qui n’ont pas leur place dans un Etat qui se respecte, nous replongent dans les sombres périodes du Togo sous Eyadéma, et révèle la nature hideuse du pouvoir de Faure GNASSINGBE.

Fidèle à l’héritage politico-militaire de son père caractérisé par le fer, le feu et la brutalité, Faure GNASSINGBE y a insidieusement greffé une dictature judiciaire!

Après s’être introduit par effraction dans l’histoire politique du Togo, faisant au passage des centaines de mort, il mit en place un arsenal juridico-judiciaire pour un double objectif:

- S’assurer de la protection d’une loi taillée sur mesure pour échapper aux poursuites (loi organique 014 du 19 juin 2007 déterminant le statut des anciens députés) avec en prime une instrumentalisation de la justice à des fins politiques en plaçant à la tête de l’institution des juges aux ordres,

- Se donner une majorité parlementaire à l’aide d’élections législatives frauduleuses et s’assurer de remplir l’hémicycle de députés godillots.

Une fois le pouvoir judiciaire et législatif verrouillés et annexés à son pouvoir exécutif avec la bénédiction de la frange non républicaine des forces de sécurité togolaise, les musèlements et autres étouffements des libertés publiques peuvent s’opérer tranquillement avec le regard complaisant et complice des partenaires en développement. En témoigne le communiqué de presse du Conseil des ministres du 23 janvier 2013: «…le gouvernement veillera à ce que les investigations en cours se déroulent en toute sérénité, transparence et impartialité dans le strict respect du principe de la séparation des pouvoirs et des prérogatives de chacune des institutions impliquées… ».

L’assise du pouvoir de Faure GNASSINGBE ainsi décrite lui permet pour le moment de se décliner en un véritable « roi soleil » violant systématiquement les lois et règlements en instrumentalisant la justice à des fins politiques, de règlements de compte et de chasse aux sorcières. Mais pour combien de temps?

Où résident la sérénité, la transparence et l’impartialité dont se prévaut la bande à Faure GNASSINGBE à travers le communiqué du Conseil des ministres du 23 janvier 2013, au regard de toutes les irrégularités actuelles qui entachent la procédure judiciaire dans le cadre de l’enquête ouverte sur les incendies des marchés de Kara et de Lomé ? Où réside le strict respect du principe de la séparation des pouvoirs et des prérogatives de chacune des institutions impliquées dont il question dans ledit communiqué, lorsque, faisant ombrage à la police judiciaire, le Service de Renseignements et d’Investigation (SRI) transformé en police politique et agissant à n’en point douter, aux ordres du prince, enlève les responsables politiques de l’opposition, en violation de toutes les règles de procédure et du principe de la présomption d’innocence. Les droits des personnes interpellées, pourtant reconnus par la Constitution togolaise qui dispose en son article16 alinéa 3 : « Tout prévenu a le droit de se faire assister d'un conseil au stade de l'enquête préliminaire » et en son article 17 : « Toute personne arrêtée a le droit d'être immédiatement informée des charges retenues contre elle » sont foulés aux pieds par le SRI.

Pour preuve, ce n’est qu’après huit jours de détention arbitraire à la gendarmerie, que le sinistre capitaine AKAKPO, après avoir désespérément tenté d’auditionner Agbéyomé KODJO sans son conseil, va malencontreusement signifier le 23 janvier 2013, en présence d’Essolissam Poyodi, Procureur de la République, la levée a posteriori de l’immunité parlementaire à Agbéyomé KODJO. Cet incident pathétique illustre de la plus belle manière les dérives de la dictature judiciaire de Faure GNASSINGBE qui cherche désespérément à sortir de son propre piège.

Quand il y a véritablement «des indices concordants qui font présumer la participation de l’ex Premier Ministre Agbéyomé dans les incendies» comme tente de le faire croire Essolissam Poyodi, Procureur de la République sur RFI, point n’est besoin de vile précipitation et de si grossières erreurs de procédure.

Sur la base de l’incident de la notification a posteriori de la levée de l’immunité parlementaire d’Agbéyomé KODJO survenu le jour même où le Gouvernement de Faure GNASSINGBE se couvre d’oripeaux de justice, il y a matière à relever que celle-ci lui demeure pleinement acquise, en ce qu’à bon droit, sur le fondement des dispositions prévues par la loi organique N°2007-013 du 19 juin 2007 portant statut des anciens présidents de l’Assemblée nationale, pris en son article 10 et sur le fondement des stipulations édictées à l’article 79 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, Agbéyomé KODJO n’est pas déchu de son immunité parlementaire ; et qu’à ce jour, il s’en prévaut à juste titre, dès lors que la prétendue levée de son immunité parlementaire, n’a respecté ni les étapes formellement prescrites dans le cas d’espèce ni les règles de procédure règlementaire précisément énoncées, ni les termes ni les conditions légales de forme et de fond explicitement prévues à l’effet d’obtention de la levée de l’immunité parlementaire d’un ancien Président de l’Assemblée nationale.

De tout ce qui précède, et fort de l’inopposabilité à Agbéyomé KODJO de la prétendue levée de son immunité parlementaire, il échoit au Procureur de la République (Essolissam Poyodi), d’ordonner instamment, une remise en liberté de l’ancien Président de l’Assemblée nationale et ancien Premier Ministre, Président National de OBUTS, Agbéyomé KODJO.

Par ailleurs, tous les autres détenus politiques notamment Gérard ADJA, Alphonse KPOGO, Jean EKLOU, Suzanne NUKAFU doivent être remis en liberté dans le respect de la présomption d’innocence.

La poursuite des dérives actuelles du déni de droit du Pouvoir de Faure GNASSINGBE, comme le témoigne la lettre du 22 janvier 2013 du Contre-Amiral Fogan K. Adegnon portant refus des manifestations commémoratives des 20 ans du massacre de Fréau Jardin à ladite place, ne peut qu’être préjudiciable à la paix sociale, au vivre ensemble et à la stabilité politique du Togo.

Rien n’autorise autant de provocations et de cynisme en ce moment de traumatisme national qui commande la mise en place d’un front unique de la classe politique pour préserver notre pays du «terrorisme existentialiste», vu l’échec cuisant des dernières manœuvres du Gouvernement pour désamorcer la bombe sociale de la fonction publique.

En persistant obstinément dans la dictature judiciaire et la volonté d’organiser unilatéralement des consultations électorales frauduleuses dans le mépris total des instruments internationaux dont le Togo est partie et de l’aspiration collective à la paix sociale, la justice, la vérité des urnes pour l’alternance démocratique et la prospérité partagée pour tous, Faure GNASSINGBE et ses suppôts prennent sur eux la grave responsabilité d’étendre au Togo, la carte des conflits en Afrique de l’Ouest.

Face à cette dérive dangereuse pour la Nation tout entière, il appartient à toutes les filles et à tous les fils du Togo tout entier de se lever à l’unisson pour faire sans délai barrage à Faure GNASSINGBE et ses suppôts.

CSR-OBUTS lance par conséquent un vibrant appel à toutes les femmes spécialement les mères, les épouses, les sœurs, les filles, les tantes, les cousines et toutes les sympathisantes à la cause des leaders du Collectif Sauvons le Togo (CST), de même que celles et ceux dont ne cesse de saigner le cœur depuis 20 ans et qui n’ont pu faire le deuil de leurs proches assassinés à Fréau Jardin, de prendre le devant de la Résistance citoyenne pour faire droit à toutes les victimes des cinquante années d’arbitraire et d’impunité sur la Terre de nos Aïeux.

CSR-OBUTS invite le Peuple togolais à faire le choix résolu de Dieu qui Seul peut féconder victorieusement l’éprouvante lutte commune contre toutes les forces obscures coalisées pour maintenir dans l’asservissement la Terre de nos Aïeux, devenue «Orphelinat de l’Humanité» et septième pays le plus triste au monde selon Forbes Magazine.

ENSEMBLE AVEC DIEU POUR LA VICTOIRE DU DROIT ET DE L’HUMANITE AU TOGO!

CONSEIL SUPERIEUR DE RESISTANCE DE OBUTS (CSR-OBUTS)                                                                                                                                     

Dr Edem Atsou Kwasi Psychiatre, Médecin Chef de clinique Président           

Sylvestre APEDO, Politologue, Juriste, Conseiller Stratégique et Diplomatique

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