Mardi, Septembre 18, 2018

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L’affaire Pascal Akoussoulèlou Bodjona du nom de l’actuel ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales a –t-elle atteint le point de non retour?

Tout porte à le croire, et l’étau se resserre progressivement autour du ministre «Grand Format» que Faure Gnassingbé cherche à liquider avant la mise en orbite de son nouveau parti politique.

«La vie est un théâtre où chacun joue son rôle et disparaît derrière le rideau», a-t-on l’habitude de dire.

Pour Faure Gnassingbé et ses nouveaux copains, Pascal Bodjona, l’éternel dévoué, n’a plus sa place dans le cercle des Saints. Et comme on sait si bien le faire dans le lugubre microcosme RPT, il faut trouver des alibis pour le jeter par-dessus bord. L’affaire Sow Agba Bertin, du nom du richissime homme d’affaires de Kouméa, incarcéré à la prison civile de Tsévié depuis plusieurs mois, est l’occasion rêvée pour pousser le sieur Bodjona dehors et, à travers lui, d’autres barons civils comme militaires.

L’article commandé à coup de millions de francs CFA par le laboratoire de Faure  dans le journal français «Paris Match» n’a visiblement pas eu l’effet escompté, tant le récit des faits et le supposé mandat d’arrêt lancé contre l’ex-PDG d’EFL par le juge Kélouwani paraissaient ridicule et dénué de tout fondement. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les journaux français, très friands de ces informations venues des tropiques, n’y ont donné aucune suite. Du reste, à l’analyse de l’article paru dans «Paris Match», on s’est rendu compte que le sieur Sow Agba Bertin n’a joué qu’un rôle secondaire, ce qui confirme la thèse selon laquelle son arrestation répondait à d’autres mobiles que ceux liés à cette histoire d’escroquerie internationale. Le buzz espéré n’ayant donc pas pris avec l’article de «Paris Match», les responsables du laboratoire de Faure Gnassingbé, expert dans tous les coups fourrés, reviennent à la charge cette fois-ci par plusieurs articles commandés à des dizaines de millions du contribuable togolais dans un magazine confidentiel du nom de «Managers».

Après le décryptage  de ces articles  dans le fameux magazine qui n’est bizarrement qu’à sa treizième parution, on ne peut s’empêcher de voir derrière ce chef-d’œuvre ubuesque la main d’un certain Charles Debbasch, le mercenaire à col blanc qui est au centre de tous les complots imaginaires au sommet de l’Etat. Dans une de ses révélations après son départ mouvementé du Togo, l’ex-ministre de l’Intérieur et de la Sécurité François Akila-Esso Boko a raconté comment le toubab devenu seigneur sous les tropiques lui avait demandé d’entreposer en 2005 les armes au domicile de Fambaré Natchaba, afin d’accuser ce dernier de fomenter un coup d’Etat. C’était en pleine guerre de succession de feu Eyadema. On sait ensuite le rôle qu’il a joué dans l’éviction de son ami et associé Dupuydauby du Port Autonome de Lomé, après avoir empoché pendant des années sa part de commissions et de prébendes dans ce marché de dupes. Nous passons sous silence son rôle nuisible et néfaste dans le charcutage récurrent de la Constitution togolaise pour permettre à Faure Gnassingbé de jouir d’un pouvoir à vie. Celui qui se targue d’avoir formé 60% des juristes français et qui passe son temps à jouer du piano au restaurant le Madingué, accompagné de petites filles, présente le visage d’un candide. Mais détrompez-vous, «Koffi Souza», de son nom de plume, reste un homme lucide, surtout en matière de complots et de coups bas.

Selon des indiscrétions, c’est donc lui qui est à la manœuvre  avec des articles commandés, appuyé cette fois-ci par le puissant chef du Guantanamo local qui s’active à préparer la prochaine cellule qui accueillera le ministre «grand format » dans ce qu’il appelle allègrement  son «royaume». Ils ne s’embarrassent pas de scrupules pour s’en prendre à des journaux qui leur mènent la vie dure et qu’ils qualifient  de «Maîtres dans l’art de blanchir des criminels contre espèces sonnantes et trébuchantes», ce qui n’est pas une surprise puisque l’achat des journalistes est leur propre mode de fonctionnement. Mais au fait, entre celui qui confisque l’argent des commerçants, tue, torture, inflige des traitements inhumains et dégradants aux prévenus et les journalistes qui dénoncent ces dérives, qui sont au juste les criminels? Si ce n’est ceux qui se mettent dans les costumes des voyous de la République pour organiser avec leurs copains et maîtresses le pillage à ciel ouvert du pays?

Pour revenir au cas Pascal Akoussoulèlou Bodjona que nous n’avons jamais ménagé dans nos écrits, vu son zèle affiché à soutenir le pouvoir, on peut estimer, au regard des informations balancées par le mercenaire à col blanc dans ce fameux magazine, que Faure Gnassingbé a une drôle de manière de remercier des collaborateurs qui se sont dévoués à sa cause. On a déjà vu le sort de Kpatcha Gnassingbé, ensuite des ministres Boukpessi, Pitang Tchalla, Kokou Gozan, Komlan Mally etc; autant dire que le sort qui est en train d’être réservé à Pascal Bodjona n’est pas une exception. Pour y arriver, comme on sait si bien le faire dans ce milieu, le service commandé dans les journaux extérieurs est l’arme favorite. On se rappelle, l’assaut contre le domicile de Kpatcha Gnassingbé a été précédé d’un lynchage médiatique permanent sur le plan national et international.

La méthode n’a pas changé. Dans le magazine «Managers» N° 13 du 15 juin au 15 août 2011,  à part les dossiers à charge contre Bertin Agba, un article spécial a été réservé à Pascal Bodjona.  Il est accusé, entre autres, d’être un chef de gang tapi au sommet de l’Etat, de constituer un trésor de guerre pour des ambitions présidentielles, de s’attaquer par presse interposée au patron de l’ANR (Agence Nationale de Renseignement), de vol de dossier dans les bureaux du juge d’instruction en charge de l’affaire Agba Bertin. Plus grave, les concepteurs de ces articles vont loin en ressuscitant des supposés conflits entre les villages Kouméa et Pya.

De tous les collaborateurs actuels du locataire du Palais de la Marina, Pascal Bodjona est celui qui connaît le mieux Faure Gnassingbé pour avoir cheminé avec lui depuis les USA où ils auraient tous obtenu des diplômes «difficilement vérifiables». Depuis lors, c’est maintenant que Massina, Debbasch et consorts se rendent compte que Bodjona est un chef de gang tapi au sommet de l’Etat. De plus, comment un magazine totalement inconnu de l’espace médiatique africain et européen  a-t-il pu obtenir des informations de premières mains auprès de la Justice togolaise,  notamment l’audition des prévenus,  si ce n’est le patron de l’ANR  qui les a mises à leur disposition? C’est donc aux fins de ces règlements de comptes entre bandes rivales de la République que servent les services de renseignements dont les activités coûtent excessivement cher aux contribuables togolais.

Lorsque le dossier Agba Bertin a éclaté, nous n’avons cessé de dire que cette affaire n’était qu’un alibi pour régler des comptes. Ainsi lorsqu’on décline les supposés cadeaux offerts par l’Emirati à Bertin Agba et Pascal Bodjona, on passe délibérément sous silence ceux offerts au plus haut sommet de l’Etat et à d’autres personnalités. On se presse au contraire de conclure que Faure Gnassingbé est au-dessus de tout soupçon dans ce dossier. Comment un Chef d’Etat peut-il recevoir en audience un individu sans connaître réellement son profil et ses activités? A quoi servent alors les services de renseignements togolais si on s’en tient au fait que le sieur Abass Al Youssef qui n’a aucun lien de parenté avec feu le Président Guéi, débloque plus 25 milliards de francs CFA pour aider uniquement la famille de ce dernier à récupérer 275 millions de dollars bloqués dans une banque togolaise?  Comment un individu qui cherche à récupérer des milliards qui ne lui appartiennent pas a-t-il pu se faire recevoir en audience par le Chef de l’Etat sans que la fameuse ANR n’ait eu aucune information sur le profil et les activités  de l’Homme? Le fait que le sieur Abass Al Youssef débloque 25 milliards pour récupérer une fortune qui n’est pas la sienne fait de lui déjà un suspect.   Peut- être que ceux qui ont commandé les articles dans le fameux magazine prennent des Togolais pour des handicapés intellectuels ou des débiles mentaux pour ne pas voir cet aspect de la chose.

Dans l’entourage de Faure Gnassingbé, tous les prétextes sont bons pour se débarrasser d’un collaborateur devenu encombrant. Ainsi par l’affaire Agba Bertin, on arrive à Bodjona sur qui pèse déjà, à croire le magazine,  une plainte au Tribunal de Lomé. Est-ce la raison pour laquelle on a sauté et humilié le tonitruant Robert Bakaï? Tout porte à le croire, surtout qu’il est réputé proche du ministre de l’Administration territoriale.  La chute programmée de Pascal Bodjona devra entraîner celle d’autres personnalités, notamment des directeurs de sociétés d’Etat, ministres et officiers de Gendarmerie perçus aujourd’hui comme  des menaces. Comme dans le mystérieux dossier Kpatcha Gnassingbé, une liste est déjà établie à cet effet.  Faure va-t-il prendre le risque de franchir le rubicond?

A vouloir gouverner un pays avec la rancune, les règlements de comptes basés sur de faux renseignements, les coups bas, les montages de tout genre, on prépare sa propre tombe. Aujourd’hui  c’est tout le système de Faure Gnassingbé qui prend de l’eau et aucun Togolais ne devrait se plaindre de cette donne, au contraire. L’affaire Kpatcha Gnassingbé qui empoisonne la vie politique n’a pas  encore fini de trouver une solution que celle de Pascal Bodjona et compagnie vient s’y ajouter. Autant dire que le feuilleton n’est qu’à ses premiers épisodes, ce qui amène un observateur de la scène politique togolaise à se poser des questions sur le vrai objectif poursuivi par certaines personnes autour de Faure Gnassingbé, notamment Debbasch recherché par les autorités françaises pour détournement des actifs de la Fondation Vasarely. Jusqu’à quand ce dangereux toubab va-t-il continuer à faire la pluie et le beau temps dans notre pays ?

Ferdi-Nando, collaborateur à Lomé

Commentaires

 
-2 #5 Aimé AMOUSSOUGAN 07-08-2011 12:50
Nous, nous croyons en l'impartialité de la rédaction de MANAGERS établie à Paris. Tant pis pour Pascal Bodjona s'il a été éclaboussé par les révélations du magazine. Ceux ne sont tout de même pas les journalistes de MANAGERS qui ont inventé les faits. Le TOGO a bien servi de cadre à une arnaque de grande envergure !
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0 #4 Tassi ESSOJRE 24-07-2011 15:07
je pesnse que l'auteur de dernier commentaire est jaloux de Mr BADAROU. N'est pas lauréat d'autant de prix littéraires qui veut ! Qui plus est champion de scrabble et des jeux de lettres à la Télévision. 1er Prix poésie et 3eme nouvelles lors du concours de poésie-nouvelles organisé par l'ACCT et l'Union Européenne en 1996, avec proclamation des résultats sur la radio AFRICA N°1 par CHEIKH HAMIDOU KANE. Je pense qu'il faut se taire quand on arrive à la cheville des gens qu'on veut critiquer !!!
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-2 #3 Togolais 14-07-2011 15:46
On connaît ces méthodes. les deux commentaires sont d'une même personne
L'afrique regorge de ces pseudo lauréats et intelles qui ne font que le jeu des pouvoirs autocratiques africains. Jeune Afrique, Afrique magazine, et d'autres ne sont que des feuilles de choux qui alimentent l'égo des autocrates potentats qui régentent le continent et Managers en fait partie. Et les togolais ne sont pas dupes et connaissent la méthode. Alors allez vous ressourcer alors d'ânonner vos âneries
Allez outs!
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-2 #2 Ayité ogan 14-07-2011 10:53
Le directeur du magazine MANAGERS, Mouftaou BADAROU, est un passionnné de l'écriture et du journalisme, administrateur civil de formation, écrivain talentueux,laur éat de plusieurs prix littéraires africains et français, champion du Bénin en scrabble et des jeux de lettres à la Télévision nationale du Bénin en 1992. Lisez tout le bien qu'on dit de lui sur le Net, et dans le milieu de la presse panafricaine à Paris.La rédaction de ce magazine ne peut se prêter à aucune manipulation de la part des autorités togolaises. Ces journalistes n'ont fait que leur métier : ils ont eu connaissance de faits et de documents apuuyant ces faits et ils ont décidé de les apporter à la connaissance du public. C'est plutôt courageux de leur part. Et si le N°13 du magazine MANAGERS est maintenant introuvable en kiosques, c'est parce que Pascal Bodjona a envoyé des gens à Paris pour enlever tous les exemplaires des kiosques. Sinon, MANAGERS à chaque édition est bien présent en kiosques !!!
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-3 #1 mawule akpene 13-07-2011 23:51
Le magazine MANAGERS est très connu en Afrique et en Europe. Il en est à sa 5eme année d'édition. Les couvertures passées ont porté sur Mandela, Obama, Mem Obama, Les africains qui réussissent en France, Le salaire des Présidents africains, Comment devenir riche, etc... Ce n'est pas un journal cponfidentiel, loin de là. Et son dirigeant est homme multitalentueux , lauréat de plusieurs prix littéraires africains et français. Mr Ferdi-Nando, renseignez-vous bien avant d'écrire vos articles....
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