Mardi, Mai 22, 2018

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Monsieur le Président,

Après avoir précédemment attiré l’attention des autorités françaises sur les conditions rocambolesques et arbitraires de la levée de l’immunité parlementaire et de l’arrestation le 16 janvier 2013 de l’ancien Premier ministre, ancien Président de l’Assemblée nationale du Togo, et Président national de OBUTS, Agbéyomé KODJO en violation des dispositions législatives et réglementaires; il nous plaît par la présente de vous rendre attentif sur le risque d’embrasement majeur au Togo face à la volonté obstinée de Faure GNASSINGBE de se maintenir par tous les moyens au pouvoir en mettant sous cape les institutions de la République et en verrouillant les mécanismes d’alternance démocratique pacifique.

A la suite du décès de son père Eyadema GNASSINGBE il y a huit (8) ans, la communauté internationale s’est unanimement indignée contre l’effraction rocambolesque de Faure GNASSINGBE au sommet de l’Etat togolais. Il s’en est suivi une reprise de pouvoir sanglante opérée en avril 2005 par le biais de frauduleuses consultations électorales ayant débouché sur le massacre de plusieurs centaines de Togolais, et l’exil de plusieurs dizaines de milliers selon la commission d’enquête des Nations unies.

Au décours de ces violences postélectorales, dans le souci de sortir le Togo de l’impasse et permettre dans un climat apaisé sa reconstruction après «l’ère Eyadèma», l’opposition a procédé à la signature le 20 août 2006 d’un Accord politique global (APG) avec le pouvoir en place, sous l’égide de la communauté internationale. Nonobstant l’engagement de Faure GNASSINGBE à tenir l’agenda des recommandations dudit accord censé ramener la confiance et mettre en place des institutions vertueuses au service de la démocratie et de l’Etat de droit, force est de constater, sept années plus tard que les réformes politiques et institutionnelles actées n’ont pas vu le jour. Bien au contraire, il se dessine insidieusement au Togo le tableau d’une nouvelle hécatombe postélectorale avec la complicité d’une frange non républicaine de l’armée et d’une partie de la classe politique togolaise (RPT/UNIR, UFC et organisations satellites) sous le regard complaisant de certaines représentations diplomatiques accréditées au Togo.

Le risque élevé d’extension au Togo de la carte des conflits en Afrique de l’ouest avec une réelle émergence du «terrorisme existentialiste» par défaut de contenant social adéquat nous oblige à vous saisir avec gravité afin que pour une fois, vous daignez épouser aussi au Togo, la dynamique des valeurs, de la République et de la démocratie qui vous a porté au pouvoir en France le 06 mai 2012.

Il importe de rappeler à votre souvenir pour vous édifier sur l’ampleur de la duplicité et du déficit d’éthique républicaine de Faure GNASSINGBE, quelques initiatives de bonne foi entreprises sans suite par les forces de l’alternance et du progrès au Togo!

De la participation motivée de notre formation politique aux travaux du Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC) rénové de septembre à décembre 2011, où nos propositions de sortie de crise (plateforme commune ALLIANCE-OBUTS et chronogramme des réformes) ont été ignorées par le gouvernement de Faure GNASSINGBE, en passant par la lettre ouverte du 10 février 2012 de notre Président national, Agbéyomé KODJO au Président de la Commission Européenne, Manuel BARROSO, le mémorandum CVU-OBUTS de février 2012 pour la transparence électorale et la vérité des urnes au Togo, la plateforme citoyenne pour un Togo démocratique du Collectif Sauvons le Togo (CST) du 04 juin 2012, la lettre ouverte du CST du 14 juillet 2012 à vous adressé, et le mémorandum du CSR-OBUTS du 22 janvier 2013 sur la crise sociopolitique togolaise; il se dégage une mauvaise foi caractérisée de Faure GNASSINGBE. Celui-ci refuse de croiser courageusement les regards avec les forces de l’alternance et du progrès afin d’ouvrir ensemble le chemin de l’espérance au Peuple togolais profondément meurtri et déshumanisé.

Réduit à l’«orphelinat de l’Humanité» et septième pays le plus triste du monde en 2012 selon Forbes Magazine, le Togo sous Faure GNASSINGBE, connaît depuis le 04 janvier 2013 une crise du feu sans précédent dont semble se servir le pouvoir pour museler les forces de l’alternance et du progrès, et imposer unilatéralement à pas de charge des élections législatives prévues pour se tenir le 24 mars prochain.

L’exécution de cet agenda machiavélique qui a vu les arrestations arbitraires sur fond de violation massive des droits humains de certains militants et responsables du CST notamment Agbéyomé KODJO, Gérard ADJA, Alphonse KPOGO, Jean EKLOU, le Député Tchagnaou OURO-AKPO, Mme Suzanne Kafui NUKAFU-DOGBEVI; ne fait qu’exacerber davantage la tension politique dans le pays. Ce qui de façon indirecte ne peut qu’annihiler les efforts actuellement déployés au Mali par la France et la communauté internationale pour stabiliser la sous région ouest africaine.

La responsabilité de prévenir s’impose donc pour le cas du Togo, et requiert que soient activés de façon proactive les leviers diplomatiques adéquats pour permettre une sortie de crise heureuse et pacifique avant qu’il ne soit trop tard.

C’est la raison pour laquelle, nous nous permettons de vous interpeller de même que tous les humanistes, pour œuvrer sans relâche et avec diligence à:

- la libération immédiate des responsables et sympathisants du CST arbitrairement détenus ;

- la mise en place d’une commission d’enquête indépendante et internationale sur la crise du feu qui secoue actuellement le Togo

- l’arrêt du processus électoral actuel unilatéralement conduit par Faure GNASSINGBE et ses affidés ;

- l’ouverture rapide d’un véritable dialogue inter-togolais sous médiation internationale, et dont les conclusions seront exécutoires;

- la mise en place consensuelle d’un gouvernement de mission pour opérer les réformes majeures et organiser dans la transparence avant la fin 2013 les prochaines consultations électorales en garantissant la vérité des urnes.

Assurés de votre sens élevé des valeurs, de la République et de la démocratie, de même que de votre souci de la cause des droits humains au Togo, nous vous prions, Monsieur le Président, de recevoir l’expression de nos meilleurs sentiments.

CONSEIL SUPERIEUR DE RESISTANCE DE OBUTS (CSR OBUTS)

Dr Edem Atsou KWASI Psychiatre,                   Sylvestre APEDO, Politologue, Juriste

 Médecin Chef de clinique                                  Conseiller Stratégique et Diplomatique

Président

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