Lundi, Juin 25, 2018

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Une affaire polarise toute l’attention des Béninois, en ce moment. C’est celle du cambriolage du Trésor public dans la nuit du dimanche au lundi 4 février 2013. En effet, des malfrats ont fait main basse sur la coquette somme de 227 millions de francs de CFA entreposés dans des cantines, sans pouvoir dévaliser le coffre-fort.

Ils se seraient introduits frauduleusement, dans l’un des bureaux du caissier central du Trésor public, sis dans l’enceinte du Ministère des finances, où ils ont commis leur forfait avant de se volatiliser. Là où le bat blesse dans ce cambriolage, c’est que le bureau en question est très difficile d’accès, en ce sens qu’il est constamment gardé.

Il serait difficile de soutenir que les malfrats soient parvenus à défoncer trois portes sans pour autant éveiller le moindre soupçon de la part des agents de sécurité. Le commun des mortels trépigne d’impatience et aimerait bien que le voile soit levé sur cette ténébreuse affaire. Comme on le sait, le peuple préfère la dictature de la transparence à la démocratie de l’opacité. Les autorités gouvernementales semblent l’avoir compris. D’ores et déjà, elles ont troussé leurs manches en clouant au pilori des agents de sécurité. Et on ose croire qu’elles ne se borneront pas à l’interrogatoire des travailleurs du ministère.

Il faut qu’ils soient cuisinés, tous autant qu’ils sont, sans exception, afin que la vérité triomphe.

Le directeur du Trésor public et pourquoi pas le ministre de l’Economie et des finances, Jonas Gbian, lui-même, devraient être entendus, sinon assumer leurs responsabilités. Tout simplement, pour dire qu’il serait vain et ignoble de se contenter de garder au chaud les hommes en uniforme. D’aucuns diraient qu’ils sont utilisés comme les boucliers des bandits d’Etat. Il est, selon toute vraisemblance, établi que des agents du Ministère des finances sont impliqués dans le coup. Véreux et sans scrupules, animés de la soif du gain facile, ils ne débordent pas de créativité.

La technique qui prospère en ces temps, consiste à opérer sous le couvert de délinquants, qui ne sont pas à leur premier forfait du type hollywoodien. Il n’y a pas si longtemps, la perception d’Abomey a fait l’objet d’un braquage spectaculaire en octobre 2011. La somme de 700 000 000 de francs CFA a été emportée. Des suspects avaient été arrêtés. Parmi eux, le percepteur, son caissier et son chauffeur, mais, depuis lors, rien n’a été porté à la connaissance de l’opinion. L’indolence et l’apathie de l’appareil judiciaire n’ont-elles pas contribué à aiguiser l’appétit d’autres cadres et petits fonctionnaires qui brassent en longueur de journée, l’argent du contribuable?

On ne saurait passer cet aspect des choses sous silence. Rien qu’à penser qu’au Bénin, on peut se faire plein les poches, sans être véritablement inquiété, et ressortir pour se la couler douce, n’importe qui peut se permettre n’importe quoi. C’est apparemment pour cela que les scandales s’enchaînent dans l’ancien quartier latin de l’Afrique noire indépendante. Allusion faite à l’affaire de la pyramide financière qui a ruiné des milliers de petits épargnants et le dossier du chantier inachevé du siège de l’Assemblée nationale de Porto Novo, évalué à 14 milliards de francs CFA. Il n’est pas illogique de croire que le Bénin fera parler de lui.

En tous les cas, pas en bien, car les «grilleurs d’arachides», démesurément insatisfaits du luxe que leur procurent les petits trafics et les écritures en faux, seraient tentés d’opérer, avec le concours de leurs désormais, détestables alliés, de grands coups. D’importantes sommes évaluées, cette fois, en milliards de francs CFA pourraient être emportées. Ce serait préjudiciable pour un pays qui a assez perdu en crédibilité. Il revient donc aux autorités judicaires de dire, sans coup férir, le droit. Elles devraient commencer par administrer des peines exemplaires aux fonctionnaires dont la responsabilité est avérée dans les dossiers pendants.

A cet effet, le président de la République, Yayi Boni, le chef suprême de la magistrature, devrait leur donner de bons gages. Lui, qui a sacrifié l’ex-ministre de l’Economie et des finances, Adidjatou Mathys, pour un hypothétique délit d’initié dans le cadre du programme de vérification des importations de nouvelles générations, devrait faire montre de constance, de pertinence et de clairvoyance. Faute de quoi, tous ses efforts pour le développement et la prospérité du pays, seraient grippés par les scandales.

Adama BAYALA (badam1021@yahoo.fr)

Sidwaya

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