Mardi, Décembre 18, 2018

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Un mois jour pour jour que les vaillantes commerçantes du Togo, celles qui, depuis des décennies, font la fierté de notre pays à l’extérieur sous le label de «Nana Benz» ont été victimes  d’un acte criminel aux conséquences incalculables pour l’économie du pays. Oui, c’était dans la nuit du 11 au 12 janvier que des mains bien noires ont mis le feu au grand marché de Lomé, détruisant en l’espace de quelques heures les fruits de dizaines d’années  de travail, d’effort et de labeur de ces commerçants et surtout commerçantes qui font la fierté de notre pays.

Face à ce drame sans précédent qui touche les femmes, celui qui, de son piédestal, veut valoriser la femme togolaise en instaurant la parité homme-femme dans les cercles de décisions, n’a daigné se rendre sur les lieux pour constater les dégâts et consoler les victimes. 

Depuis son Palais où il doit être si bien occupé, il a donné comme d’habitude, «  des instructions fermes » à ses obligés pour s’occuper des victimes. Ainsi depuis plus d’un mois, les femmes sont ballotées de gauche à droite à la recherche d’une hypothétique solution à leurs problèmes. En cette période de grande douleur, certains interlocuteurs se permettent de leur lancer à la figure ceci: «Prochainement vous allez voter pour Faure ou Fabre?»; «Maintenant si on vous dit de venir à des réunions de l’UNIR, vous serez là?».  Et bien d’autres paroles désobligeantes. Toutes choses qui en rajoutent à la douleur de ces commerçantes et attestent du cynisme de ceux qui ont en charge ce dossier. Voici un mois que les femmes n’ont toujours pas de solutions. Aucun moyen financier, aucun site jusqu’à ce jour retenu pour leur permettre de relancer les activités. C’est une évidence que l’Etat ne pourra en aucune manière dédommager à cent pour cent ces femmes. Mais pourquoi ne pas accorder à ces commerçants des crédits sur la base d’un fond spécial comme le recommande l’économiste Nadim Khalife? Le gouvernement donne l’impression de minimiser le dossier et laisse l’initiative à de lugubres associations.

Certains Togolais habitués à se délecter du malheur des autres, ont sauté sur l’occasion. Artistes de la chanson par-ci, associations bidon proches du pouvoir par-là, tous les fanfarons y trouvent leurs comptes. C’est ainsi qu’après avoir chassé des artistes qui voulaient organiser un concert de soutien aux victimes des incendies, une association proche du pouvoir, dirigée par un obligé de la DG des Impôts a organisé un truc bidon nommé Téléthon, au Palais des Congrès dans la soirée du vendredi 8 janvier. ACTE (Action citoyenne pour un Togo Emergent), c’est son nom, s’est servie des femmes de l’Association des commerçants du Togo (ACT), et particulièrement de sa présidente qui est d’une candidité extraordinaire, pour organiser cette manifestation soldée par un échec cuisant. Quiconque connaît le grand marché de Lomé peut facilement imaginer le nombre de commerçants et commerçantes qui se bousculent à cet endroit. Mais au Palais des Congrès de Lomé le vendredi dernier, à peine une cinquante de personnes étaient présentes dans la salle, au point que le réalisateur de la Télévision avait de la peine à faire un gros plan. Le fameux téléthon s’est transformé en un débat public entrecoupé d’intermède musical. Pour masquer leur échec, les organisateurs du «thélénul» déclarent que leur projet bidon va s’étendre sur un mois.

Voilà comment un gouvernement qui se dit responsable, abandonne les vaillantes femmes togolaises à la merci des individus sans scrupules qui ne cherchent qu’à se remplir les poches ou faire de la récupération politique. Hier, ces femmes ont passé plus d’une année pour récupérer des fonds saisis par l’ANR qui dépend de Faure Gnassingbé. Aujourd’hui, elles sont en quête de moyens et de sites pour reprendre leurs activités. La question est de savoir à qui profite réellement le crime. En attendant,  l’enquête des  prestidigitateurs  a déjà trouvé ses coupables.

Ferdinand AYITE, L’Alternative

Commentaires  

 
0 #1 ayoli 15-12-2014 19:22
pour quoi vous critiquer aussi durement entre vous togolais. le langage que vous tenez n'est pas réconciliateur. plus jamais ça sur la terre de nos aïeux
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