Jeudi, Mai 24, 2018

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L’actualité sociopolitique au Togo est rythmée depuis le 9 janvier par la recherche des responsables qui sont cachés derrière les incendies qui ont endeuillé les commerçants et commerçantes des deux plus grands marchés du Togo.

Les enquêtes officielles sont confiées à la Gendarmerie alors que les sinistres se sont déroulés dans des agglomérations urbaines, des périmètres qui relèvent de la compétence de la police, mais les partis politiques et autres associations de défense des droits de l’Homme investiguent aussi de leur côté. Et samedi dernier, le Coordonnateur du CST a fait une révélation. «Trois véhicules 4x4 sont arrivés dans le marché avec des hommes armés à l’intérieur. Ils ont forcé les vigiles à ouvrir les grilles…»,  a-t-il porté à la connaissance de la foule de militants.

Les marches de protestation se suivent mais ne se ressemblent pas. Chaque samedi qui sonne les jours de marche charrie son lot de développements concernant l’enquête sur les incendies, son lot de surprises, et samedi dernier, de révélations. Des révélations par exemple sur le rôle joué par le désormais ex-opposant Gilchrist Olympio dans la révocation des députés de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), et surtout sur le mode opératoire des pyromanes du marché d’Adawlato.

La marche de protestation du samedi dernier et qui a fait suite au grand meeting tenu la veille au stade Oscard Anthony dit «Terrainvi», s’est ébranlée du carrefour de Gbadago sans encombre. Et rythmée par les chants de ralliement et des diatribes à l’endroit des tenants du pouvoir, les manifestants ont traversé le quartier administratif pour se retrouver dans le sable de la plage en face de l’Ambassade d’Allemagne

M. Olivier Amah, président de l’ASVITTO a demandé à Faure Gnassingbé de recadrer son armée. «La Gendarmerie n’a rien à faire dans les incendies des marchés car ce sont des sinistres qui se sont produits dans des zones urbaines et non périurbaines»; a-t-il dit. Les militaires aussi, selon l’orateur, ne doivent sortir que dans des cas d’urgence et non pour une peccadille. M. Amah a dénoncé la résurrection des «has been» que sont Abalo Pétchélébia et Robert Bakaï à l’orée des joutes électorales, et prévenu que ces «tordus comme du fil de fer», selon ses propres termes, ne prendront pas part à l’organisation des futures élections.

Mme Amouzou de l’OBUTS a de son côté compati à la douleur des commerçantes suite aux déclarations scélérates de la présidente des revendeuses de pagnes et de la ministre du Commerce et de la Promotion du Secteur privé, Mme Bernadette Lègzim-Balouki. Des propos à l’opposé de ce que les autorités avaient dit aux femmes victimes des incendies quelques jours plus tôt d’abord à la Gendarmerie, puis au site de la foire Togo 2000.

Pour le président du Mouvement des Républicains Centristes M. Abbas Kaboua, Faure Gnassingbé est «un homme qui n’a pas pitié des autres», «un problème». A l’endroit du Procureur de la République dont le vœu est de faire planer l’omerta sur les enquêtes de la Gendarmerie, M. Kaboua prévient que du moment où on oriente les enquêtes, ils le dénonceront. Par l’orateur, la foule apprendra que la directrice des marchés, dame Sessi Ayélégan dispose avec ses frères et sœurs d’une société de gardiennage parallèle qu’elle fait intervenir dans les marchés, alors que les agents de sécurité propres de l’EPAM atteignent 257. Et un mois avant la survenue de la tragédie, tout le système de sécurité a été désorganisé. Toujours selon M. Kaboua, aucun des 5 ou 6 policiers armés qui assurent chaque nuit la sécurité du marché ensemble avec les vigiles non armés d’armes à feu, n’était présent la nuit du sinistre. Hasard ou planification ? Le Coordonateur y répondra.

Me Isabelle Améganvi a remercié tous ceux qui soutiennent les prévenus politiques. Elle a ensuite décrit comment au lendemain des interpellations suite aux incendies, Jean-Pierre Fabre a annulé un important voyage sur l’Europe dès qu’il a appris la survenue des incendies. Aux femmes victimes du grand marché, Me Améganvi a martelé: «S’ils voulaient vous aider réellement, ils ne brûleraient pas les marchés».

M. Abi Tchessa du PSR a insisté sur la mobilisation qui, seule, est capable de venir à bout de ce régime. Le FRAC n’a pas renoncé à la victoire de son candidat en 2010, autrement ce serait la porte ouverte à la réédition des fraudes aux prochaines élections. «Le régime actuel est un régime voyou, mais les responsables du CST ne vous trahiront jamais», a-t-il lancé à la foule.

«On connaîtra les responsables des incendies la semaine prochaine», a déclaré Patrick Lawson, Premier Vice-président de l’Anc. En comparant le Togo à certains pays de la région, il a estimé qu’une guerre plus grave serait déjà survenue si le Togolais n’était pas pacifique de nature.

Le Coordonnateur du CST, Me Ata Zeus Ajavon a chargé personnellement Gilchrist Olympio, président de l’Union des Forces de Changement (UFC) en l’accusant d’être le co-instigateur de la révocation des députés de l’ANC au parlement et des arrestations actuelles des leaders de l’opposition. Il serait aussi à la source de bien de maux dont souffre le pays. Au sujet de l’actuelle CENI, il a assuré qu’elle sera dissoute. Dans la rubrique des arrestations anarchiques, le Coordonnateur a affirmé que «le Togo n’est pas un pays normal» car «M. Agbéyomé Kodjo a été arrêté sans que la levée de son immunité parlementaire lui soit signifiée».

La foule en a appris un peu plus sur le mode opératoire des pyromanes du marché d’Adawlato. «La nuit-là, des gens ont rôdé à moto autour du marché. Ensuite trois véhicules tout terrain sont arrivés avec des occupants armés et certains encagoulés. Ils ont ensuite forcé les vigiles en poste à ouvrir les grilles du marché. Ils ont reçu de l’argent et après la mise à feu, certains ont fui», a décrit le coordonnateur. Allant plus loin, Zeus Ajavon a affirmé que les résultats des enquêtes faites par les experts français ont sûrement permis de déterminer ce avec quoi le marché a été incendié, raison pour laquelle le Parti Socialiste exige la libération immédiate des détenus illégalement arrêtés.

Le président de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), Jean-Pierre Fabre a quant à lui, demandé au peuple de s’en remettre aux bons soins du Seigneur car, a-t-il ajouté, «quand tu l’invoques, Il te répond». Avec la succession des réactions de l’UE mardi, du PS mercredi et du Parti de Gauche vendredi sur la situation du pays, Jean-Pierre Fabre a demandé une plus grande mobilisation de la population, avec la certitude que «ce dont ils veulent nous accuser leur sera retourné». Il a invité la population à la messe prévue le mercredi prochain au temple Salem de Hanou

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