Lundi, Juin 25, 2018

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Le 22 mars dernier a été célébrée la Journée mondiale de l’eau. Des ateliers et autres forums avaient réuni des personnalités pour réfléchir à comment améliorer la qualité et la fourniture de l’eau potable lorsqu’on sait que «l’eau c’est la vie». Mais dans le même temps, des populations du nord du Togo souffrent de diarrhées profuses et de dysenteries multiformes suite à la consommation de «l’eau potable» des robinets. Ainsi, à Niamtougou, à Kantè ou à Kara, jeunes, vieux et adultes sont atteints de diarrhées une fois l’eau du robinet bue.

Une dame ayant assisté à des cérémonies avec sa famille à Niamtougou témoigne: «Je ne sais quelle providence m’a parlé, mais en allant au village je me suis munie de bouteilles d’eau par mesure habituelle de précaution. Très vite nous avons remarqué que tous ceux qui buvaient l’eau du robinet tombaient malades sans qu’on en connaisse la raison. Le jour de notre départ, mon frère a eu le malheur de boire de cette eau et durant tout le voyage de retour, il n’a fait que faire des diarrhées à répétition. Il se murmure qu’il y aurait un mort retrouvé dans la rivière qui alimente le barrage de la ville de Kara et ce serait la source des maux dont souffre la population».

Il est vrai que la saison des pluies tarde à venir, ce qui a pour conséquence la baisse du niveau des eaux de captage. Mais s’il y a des informations faisant état d’une contamination de la source de pompage s’avéraient, il serait impérieux que les autorités placent la vie des populations au-dessus de toute autre considération et informent suffisamment celles-ci afin qu’elles prennent les mesures adéquates pour prévenir leur état de santé. Si c’est pour éviter d’alarmer ces populations que les chargés de ce secteur se taisent, alors ce silence risque d’être pris pour non assistance à personnes en danger et serait passible de lourdes peines si jamais le pot-aux-roses se découvrait.

Nous estimons justement que ce sont des situations qui doivent permettre aux services d’approvisionnement en eau potable dans la région de tester leur capacité à faire face à des cataclysmes qui pourraient subvenir un jour. Mais en mettant un silence coupable sur le compte d’un manque de moyens nécessaires pour faire face à des accidents d’une grande ampleur, les responsables sanitaires de la localité se font complices de crime. Le ministre de l’Eau, Bissoune Nabagou, le Directeur général par intérim de la Togolaise des Eaux (TdE), Martin Tiléna Kougnima et le Président du Conseil d’Administration et ancien directeur général, Yao Badjo, ont, au-delà des jetons de présence régulièrement perçus, leurs mots à dire pour éclairer la population togolaise et expliquer ce qui peut être à l’origine de toutes ces dysenteries sans distinction d’âge. La gestion d’un ministère ou d’une société passe obligatoirement par la transparence dans les informations. Qu’une famille soit atteinte de dysenterie dans une ville, cela peut se comprendre, mais que des habitants de différentes localités n’ayant en commun que la consommation de l’eau potable de la ville de Kara, souffrent simultanément de diarrhées profuses, cela appelle à une enquête sanitaire, si tant est que la santé de la population demeure au cœur des préoccupations des autorités. Ce n’est pas parce que M. Kougnima assure l’intérim de la direction générale qu’il est absous des problèmes d’ordre organoleptique que connaît l’antenne régionale de la Togolaise des Eaux. Puisqu’il doit nourrir le rêve secret d’être titularisé à ce poste, rêve qui ne deviendra réalité qu’une fois le bilan tiré de ses mois d’intérim.

Notre correspondant dans la région a joint le directeur régional de la TdE pour d’amples éclaircissements, mais celui-ci a nié en bloc les faits sans avoir procédé à des analyses bactériologiques requises ; auquel cas il devrait brandir les résultats avant de se fendre de ce démenti.

Abbé Faria, Liberté

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