Dimanche, Octobre 21, 2018

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Harry Olympio: «Faure Gnassingbé est coupable de crimes de génocide au regard de l’article 6 du Statut de la Cour pénale internationale»

«Togo, l’alternance politique, c’est maintenant!», c’est autour de ce thème central qu’a été célébré samedi dernier le 53ème anniversaire de l’indépendance du Togo à Bruxelles. Une initiative du site d’informations générales «etiame.com», en collaboration avec le Comité de soutien au Collectif «Sauvons le Togo» au sein du Benelux.

Beaucoup de Togolais venus de tous les pays d’Europe ont commémoré dans l’allégresse le 53ème anniversaire de l’indépendance de leur pays. Au cours de la conférence débat, les thèmes suivants: «Quel cadre électoral pour des élections viables au Togo?», «Apport financier de la diaspora : quelles participations dans l’éradication de la pauvreté?», «Togo: 53 ans après l’indépendance, quelles solutions de sorties de crise» ont été respectivement développés par MM. Joël Viana, Président de la Diaspora togolaise en France, Yves Ekoué Amaïzo, Coordonnateur général du Collectif pour la Vérité des Urnes-Togo Diaspora et Harry Octavianus Olympio, chef d’entreprise, ancien ministre.

 

Dans son mot de bienvenue, le responsable du site d’informations générales «etiame.com», Innocent Anani Sossou a affirmé que «l’euphorie de l’indépendance s’est vite estompée avec la mise en place d’un régime militaire implacable dans lequel quand le père meurt, le fils peut lui succéder sans autre forme de procès» et que «les quelques élections qui sont, de temps en temps, organisées dans notre pays, ne visent qu’à entretenir la dictature alors que la soif du changement est réelle sur toute l’étendue du territoire». «En organisant cette conférence-débat autour du thème, nous voudrions faire de ce jour du 27 avril 2013 celui d’un nouveau départ dans le combat pour l’édification d’un véritable État de droit au Togo. Nous entendons créer un mouvement fort de lobbying et de relais international en soutien à la lutte du Peuple togolais», a-t-il insisté.

Ouvrant la série de communications, M. Joël Viana a fait un détour dans le passé pour conclure que «les problèmes politiques du Togo ne datent pas d’aujourd’hui». Pour lui, la vie politique du Togo ne s’est guère améliorée après la présidentielle de 2010 : contestation de la victoire de Faure Gnassingbé, crise à l’UFC avec l’entrée de Gilchrist Olympio au gouvernement, révocation des députés de l’Assemblée nationale, répression des manifestations de l’opposition. En dépit de la création du Collectif «Sauvons le Togo» qui appelle à un dialogue franc et sincère, le gouvernement a fait adopter unilatéralement un cadre électoral en novembre 2012. «Un cadre viable nécessite la mise en place des moyens pour éviter les fraudes électorales. Il convient aussi de focaliser notre attention sur les fraudes officielles et non officielles: bourrage d’urnes, fraudes lors du dépôt des candidatures et de la campagne électorale …», a-t-il souligné.

Le deuxième exposé intitulé «Apport financier de la diaspora: quelles participations dans l’éradication de la pauvreté?», a été présenté par le Docteur Yves Ekoué Amaïzo. Avec des détails à profusion, il a fait remarquer qu’il existe une gouvernance de la discrimination. Selon lui, le Togo crée des richesses mais celles-ci ne sont pas bien distribuées. Par exemple, 58,7% des Togolais vivent avec moins d’un dollar par jour. Il a en outre demandé à l’assistance d’exiger de l’action gouvernementale l’efficacité, la transparence, la vraie représentation du peuple togolais. Enfin, Docteur Amaïzo a invité toute la diaspora togolaise en Europe à soutenir financièrement, intellectuellement et spirituellement le CST qui fait un grand travail sur le terrain.

«En dépit de la répression, le peuple se tient débout pour réclamer la liberté, la démocratie, l’État de droit et l’équité. La résistance dont l’opposition fait montre est noble», a déclaré tout de go Harry Octavianus Olympio. Après avoir salué le combat mené par le CST et la Coalition Arc-en-ciel, il a évoqué la succession dynastique de Faure Gnassingbé qu’il qualifie de « crime imprescriptible ». Pour le conférencier, le chef de l’État actuel est l’instigateur et le commanditaire des massacres de 2005.

«On observera que Faure Gnassingbé est arrivé au pouvoir après un massacre planifié et froidement exécuté dans une logique génocidaire faisant plus de 500 morts en moins d’une dizaine de jours, selon le rapport établi par la mission des Nations Unies chargée de faire la lumière sur la violence survenue au Togo avant, pendant et après l’élection présidentielle du 24 avril 2005. Aussi pouvons-nous que Faure Gnassingbé est coupable de crimes de génocide au regard de l’article 6 du Statut de la Cour pénale internationale. A cet effet, la communauté internationale à un devoir de justice envers le peuple togolais», a-t-il martelé.

Après avoir rendu hommages aux deux élèves tués lors des dernières manifestations à Dapaong et fait remarquer que «les autorités togolaises ont instrumentalisé le dialogue politique pour en faire un outil de perduration et de conservation du pouvoir», l’ancien ministre a appelé à un dialogue qui devra ouvrir la voie à un gouvernement de transition dont la durée s’achèvera au terme du mandat présidentiel actuel. Ce gouvernement, à en croire l’orateur, disposera d’une feuille de route dont la charge sera la refondation de la politique togolaise qui passe par la formation d’une Assemblée constituante, la refonte de la Constitution, l’organisation d’un référendum qui ouvrira la voie à la Vè République, l’élaboration d’un code électoral républicain, la réécriture des lois organiques, la réorganisation des institutions républicaines, le rééquilibrage progressif dans l’armée, l’organisation, sous l’égide des Nations Unies, de l’élection présidentielle de 2015.

Avant les débats, Me Zeus Ajavon et M. Abass Kaboua du CST ont pris la parole pour demander à la diaspora togolaise en Europe de rester mobilisée et d’être les porte-voix des populations togolaises auprès des différents pays partenaires du Togo. Encore une fois, le Coordonnateur du CST a réitéré qu’il n’y aura pas d’élection tant que les réformes nécessaires ne seront pas faites.

Les Togolais vivant en Europe ont, lors des débats, accueilli favorablement le message apporté par les trois conférenciers et les responsables du Collectif «Sauvons le Togo» et promis de jouer leur partition.

R. Kédjagni, Liberté


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