Mardi, Septembre 18, 2018

AddThis Social Bookmark Button

En sept années environ de gestion des affaires de ce pays, combien de Togolais sont-ils heureux dans leurs maisons, à table pour les repas sur leurs lieux de travail, dans les déplacements qu’ils effectuent, au niveau des soins de santé...

«La grande affaire et la seule qu’on doit avoir, c’est de vivre heureux»

, écrivait VOLTAIRE dans sa Correspondance. En sept années environ de gestion des affaires de ce pays, combien de Togolais sont-ils heureux dans leurs maisons, à table pour les repas, sur leurs lieux de travail, dans les déplacements qu’ils effectuent, au niveau des soins de santé, dans la rentabilité de leurs affaires, pour la formation des enfants et leur avenir? La vie d’un peuple se lit sur son visage. Le visage des Togolais marque plutôt l’effroi et l’émoi devant la dégradation de la situation économique, sociale, sécuritaire et du pouvoir d’achat. Ils regardent leurs vies se consumer à grands feux à des proportions qui les prennent de court. Les manœuvres  du pouvoir en matière politique, économique et sociale ne sont que de malheureuses gesticulations aux résultats inconnus et vains.

L’envers d’un tapage assourdissant d’un Faure « plus haut, plus loin, plus fort » est une plaisanterie de mauvais goût pour une population sous le choc et la déprime. Les Togolais assistent à leur propre agonie avec impuissance et nervosité. Dans leur combat existentiel, l’administration met à leurs pieds des brides énormes, des obstacles infranchissables. La valeur marchande du prix du carburant est poussée de façon fréquente à une hausse vertigineuse qui flambe le coût de la vie pour le rendre désormais prohibitif face à nos petites bourses. Au regard de la rudesse de la vie, les Togolais n’hésitent pas à prendre Faure pour tortionnaire ou une malédiction pour ce pays. D’une part, il est venu au pouvoir en se juchant sur des centaines  de cadavres de ses concitoyens et d’autre part, avec lui, le règne de la misère est sans appel.

La personnalité de Faure et ses méthodes n’apportent guère le moindre soulagement aux souffrances du peuple. Bien au contraire, la vie se gâte, se détériore dans des conditions épouvantables pour devenir intolérables. Or, pour mener un peuple, l’ambition creuse ne sert à rien. Il faut fonder l’ambition sur de grandes valeurs et de grandes pensées. C’est cette réalité que VAUVENARGUES décrit dans Réflexions et maximes lorsqu’il écrit : « Les grandes pensées viennent du cœur ». Rien qu’à voir la façon dont il est venu au pouvoir, son cœur est une vacuité morale, éthique, du sens du juste, du vrai, du bien. La conscience nationale se convainc de ce que Faure a un visage hideux et qu’aucun costume de théâtre ne peut lui fournir un camouflage précieux pour apparaître comme le faiseur d’une République. Son style est clair. Le passage en force, rien que la force pour s’établir  dans la durée, dans l’éternité. La cristallisation à ses objectifs par la brutalité, la force le prive de lucidité, d’une appréciation saine de chaque situation. Ainsi, il accumule des échecs aussi retentissants les uns que les autres.

Les échecs répétés dans ses grandes options politiques sociales, économiques ne sont-ils pas de sérieux handicaps à la construction nationale, à l’avenir du peuple?

1- L’échec du premier chantier : la gratuité de l’école

Le silence de Faure et du ministère en charge de la formation de base  sur l’école gratuite, projet pharaonique annoncé par le Prince avec des grelots, des cymbales sonores et à la fanfare nous interpelle sur la capacité du Prince face aux grands défis qui s’imposent à la nation. En matière d’éducation, de formation de base, l’accessibilité à tous, comme l’avait envisagé Faure, manque d’autorité, d’imagination, de force conceptuelle  et de pragmatisme. Echouer dans une politique de formation ou dans l’éducation est un terrible revers. Quand des élèves sont assis quatre sur un banc ou à même le sol pour les moins chanceux, sans le matériel didactique dans des salles qui ont plutôt l’air d’une brigade pour mineurs et que l’enseignant est transformé en surveillant, il faut être plus que certain que l’école est détruite. Faure instaure dans nos écoles la culture de l’analphabétisme et les innocents, nos enfants ne comprennent pas grand-chose à ce qui leur arrive.

Ceux qui font l’école sans rien y apprendre deviennent de grands ignorants. Or, l’ignorance  est la vermine de l’esprit. Elle le détruit et l’abrutit proprement. Pendant  que l’école gratuite de Faure achève, tue les pauvres togolais, les enfants de Faure sont inscrits à l’école française. L’ambition sans une politique des moyens est une duperie, une mythomanie, une mauvaise conscience.

2- Lutte contre la vie chère

Le salarié togolais est un gagne-petit. Depuis la dévaluation du franc CFA, aucune mesure d’accompagnement n’est mise sur pied, ni initiée pour offrir quelques avantages aux travailleurs. Ce n’est pas le cas, heureusement, dans toute la zone où nous avons en partage la même monnaie. Le terrain favorable de Faure pour engranger rapidement de la liquidité, entretenir l’armée, la gendarmerie, la police et payer les factures des instruments de la répression, c’est  de procéder à un relèvement du prix des produits pétroliers. En six années et demie, nous sommes au troisième cours du pétrole au Togo pendant que dans les pays voisins, les prix sont restés stationnaires. En outre, ceux qui sont dans l’importation et  la distribution du carburant sont des hommes du pouvoir. L’énergie détermine la mobilité économique. Les prix des denrées deviennent astronomiques et les mille commissions mises sur pied pour étudier les mesures d’une réduction du coût de la vie n’ont jamais livré au peuple des conclusions. L’esprit de complot, de connivence contre le Togo sous Faure est ce qui répugne pour mettre les Togolais en situation de révolte, d’insurrection contre le pouvoir central. L’échec dans les solutions pour réduire le fardeau de la vie chère peut coûter à Faure des bonbons.

3- Lutte contre la corruption

L’intention seule ne fait jamais la valeur morale et intellectuelle d’un homme. C’est l’efficacité de l’acte qui confère à l’homme son génie, son utilité et une référence. Les  prétentions oiseuses de Faure dans ses discours sur la corruption font sourire les Togolais. Pour eux, il faut soi-même être dans l’exemplarité des valeurs avant  de  donner aux autres des leçons. L’usurpation du pouvoir, les violations répétées de la Constitution, des Droits humains et tous les crimes économiques, les crimes de masse y compris, offrent à Faure un podium immérité pour se prêter le micro du combat contre la corruption. Quoi qu’on dise, Faure est un homme fragilisé, handicapé par ses conditions d’accès au pouvoir et de maintien. Donner aux meurtriers et aux criminels des primes et promotions, débaptiser les sociétés d’Etat pillées et les rebaptiser pour faire disparaître sans audit les traces des faussaires, c’est être  soi-même englué par actions et par collusion dans le crime. Sur le terrain de la lutte contre la corruption, Faure  ne peut que perdre la voix. Son immobilisme sur la question est un encouragement actif à la prédation des ressources et des biens de l’Etat ; ce qui appauvrit davantage le Togo pour créer, amplifier  le fardeau de la misère.

4- La politique de l’emploi

Le recensement général récemment  effectué par le pouvoir a dressé le panorama et la dimension de l’ampleur du chômage et des sans emplois au Togo. Le monde des admis à la retraite depuis six ans est connu par le pouvoir ainsi que l’infime minorité qui, en  six années est arrivée à intégrer le marché de l’emploi. Le pôle emploi n’est pas du tout en croissance au Togo ni dans le secteur public, ni dans le privé. Les jeunes arrivants sur le marché du travail sont par milliers chaque année  et grossissent le lot des vieux chômeurs. Le pouvoir n’est pas suffisamment imaginatif pour mobiliser les ressources capables de donner un coup de fouet au secteur de l’emploi. Mais il craint un soulèvement populaire secrété par des exclus de l’intégration sociale  parce que l’exclusion génère des frustrations et les longues privations alimentent des réclamations violentes, incontrôlables. Cette lecture sociologique de la privation incita le pouvoir  de Faure à des agitations stériles telles que le forum de la jeunesse et inscriptions pour emplois-jeunes. Pourquoi s’inscrire pour des emplois qui ne sont pas encore créés, encore moins simplement envisagés ? L’incapacité de trouver des solutions, d’en inventer emmène le pouvoir à jouer sur de faux espoirs, des apparences d’un projet pour la jeunesse pour calmer, l’endormir. Mais, celui qui a faim n’est pas un homme libre ; il a les nerfs à fleur de peau et n’a rien à perdre. Il ne saurait vivre des promesses, des artifices et d’affabulations. En réalité, Faure simule  une occupation de se convertir aux problèmes de la jeunesse pour calmer les ronronnements qui y surgissent et l’anxiété des parents agacés par le train de vie de l’Etat et les courtisans de pouvoir.

5- Le respect des Droits humains

Depuis les massacres d’Avril 2005 suivis de promotions des bourreaux, la vie du Togolais ne pèse rien du tout sur la conscience de Faure GNASSINGBE. Il s’est emmuré dans un passage en force avec des violations des Droits humains, des lois de la République, de la Constitution parce qu’il dispose d’un recours pour briser sauvagement les réclamations légitimes du peuple. Qu’il s’agisse des manifestations politiques, de la société civile, des organisations des Droits de l’Homme, corporatistes, le traitement est le même pour tous : la répression. Faure mène la terreur : tirs à balles réelles, à balles de caoutchouc, gaz lacrymogène, arrestations, bastonnades. Le support de son règne, c’est la violence au mépris des droits que la Constitution confère aux citoyens.

6- Commission Vérité, Justice et Réconciliation

Elle entretient un gros mensonge du fait qu’elle n’a aucun pouvoir coercitif sur les bourreaux, les massacreurs pour qu’ils s’expliquent, et demander pardon pour les crimes commis en toute conscience et responsabilité. Les auteurs des crimes sont toujours dans le même mode opératoire pour commettre des barbaries en toute impunité. Toute la valeur de la commission se réduit à une volonté de Faure à polir son image, à tenter de la soigner pour une certaine virginité politique. Ce maquillage médiatique du pouvoir est d’une  inutilité révoltante dans l’exigence de la construction du vivre-ensemble. Mgr BARRIGAH en âme et conscience sait très bien que Faure l’utilise tel un cheval de Troie pour rendre son régime fréquentable. Cette diversion que le prélat accepte est une mauvaise conscience qui met en difficulté l’église catholique dans sa crédibilité. Subrepticement, Faure contraint Mgr BARRIGAH à donner une onction à un pouvoir aux pratiques barbares dont il est incapable de se départir. Les Togolais qui croient à ce machin de Commission Vérité, Justice et Réconciliation sont rares, et peut-être, inexistants.

7- Dialogue inclusif de Faure

L’esprit Faure se manifeste en des sautes d’humeur et le dialogue inclusif en fait partie. L’objectivité et la droiture de l’esprit dans la recherche de vraies solutions aux problèmes qui se posent manquent cruellement parce que le courage politique et l’engagement d’autorité ne franchissent jamais le pas des obstacles dans les idées que le prince tripote ça et là. L’articulation de son pouvoir sur la force militaire ne parvient pas à le libérer dans la vertu du dialogue. Cet enfermement observable sans grand effort par tous les observateurs de la vie politique de Faure est un piège qui fragilise son règne et l’empêche de s’élever. Le dialogue inclusif est apparu singulièrement comme une prise de contact avec deux ou trois partis politiques puis les lampions se sont éteints.

En outre, en âme et conscience, Faure ne saura jamais appliquer les conclusions d’un dialogue inclusif dont l’évocation n’est qu’une errance de l’esprit. La preuve en est que l’APG (Accord Politique Global) n’a pour lui qu’une valeur d’Antiquité qu’il faut enterrer à tout prix. La force, rien que la force n’est que faiblesse dans la gestion des affaires de la communauté.

8- Le pôle sécuritaire

Il atteint dans une fragilité un seuil intolérable. Deux chefs de partis politiques ont été froidement torturés puis, abattus dans des conditions non encore élucidées. AGBOBLI et VIDADA sont au pays du grand repos dans un mystère total. L’Ambassadeur des Etats -Unis d’Amérique a été aussi braquée à la sortie d’un restaurant de Lomé. Les braquages au Togo sont légion. On en dénombre en pleine journée à Adidogomé, sur la route d’ANEHO, dans les centres d’activités  commerciales comme au Far West. Les nuits sont plus sûres et les journées ne mettent plus les citoyens à l’abri des agressions. La criminalité a atteint un niveau record à nos frontières. A Sanvee-Condji par exemple, du vol à l’arraché et du pickpocket, les indélicats passent au vol à main armée sous le regard des douaniers et policiers qui remarquablement, ont d’autres  soucis, peut-être, moins nobles. Pourtant la gendarmerie mobile est sise juste à un kilomètre des lieux où s’opèrent des agressions quasi quotidiennes des passagers et passants. La situation générale sécuritaire au Togo sous Faure est plus alarmante et impose aux citoyens un sentiment de laissés pour comptes.

9- Retentissants déboires sportifs

Il serait illusoire de croire que la petite victoire de l’équipe nationale dans une compétition régionale suffit à panser l’hémorragie mortelle du football togolais. C’est sur un terrain du football que le sentiment national subsiste encore au Togo. Il nous unit et fait chavirer nos cœurs dans la concorde et la convivialité. L’illustration du Togo à la Coupe du monde en Allemagne nous a couvert d’une honte planétaire indélébile. L’administration Faure s’est arrangée à détruire le socle de l’unité nationale que constitue le football au Togo. La Deutsche Welle, la plus grande station d’information en Allemagne se moquait du Togo, quand nos joueurs éliminés au premier tour, devraient faire leurs valises, en des termes à peine supportables: «Ah! Ces Togolais vont nous manquer». Les drames dans le secteur sportif se succèdent. Celui de Cabinda à la Coupe d’Afrique des Nations cache une responsabilité togolaise dont attend Adébayor des explications pour réintégrer l’équipe. Les ruminations de Kodjovi Obiladé contre les autorités togolaises traduisent les grandes légèretés dans la gestion des hommes par notre administration dont Faure en est le premier responsable.

10- La liquidation de la famille GNASSINGBE

Le caractère introverti et égocentrique de Faure ne constitue pas pour lui des atouts pour agir promptement afin de conserver l’unité au sein de sa propre famille. Ce caractère le met sur la défensive parce qu’il est un homme replié sur lui-même; ainsi, il s’écarte de sa famille. L’affaire Kpatcha et sa gestion montrent au monde que les GNASSINGBE sont dans une auto flagellation et davantage, dans une autodestruction. Le grand-frère s’obstine à ne pas faire de gros efforts dans une volonté ardente pour conjurer le mauvais sort. Cette faiblesse de Faure à raser le mur pour des représailles et des coups bas est perçue par Mimi GNASSINGBE et plusieurs membres de la famille comme du cynisme à l’état pur. La conséquence de cette disposition caractérielle fait écho sur le plan national avec une pesanteur franchement négative sur le relèvement du Togo de la crise, c’est-à-dire son devenir sous Faure GNASSINGBE. Si la reconstruction de sa famille génétique est une chose quasi impossible, qu’avons-nous à espérer des gribouilles d’accords et des balbutiements imperceptibles d’une réconciliation au Togo?

Aujourd’hui, il y a dans notre pays la réalité d’un vrai sursaut de sentiment national contre le pouvoir de Faure. L’adhésion spontanée des différents secteurs d’activités et de tout le peuple au soutien des professionnels de la santé et aux revendications estudiantines sont des preuves irréfutables d’une coalition nationale contre Faure et son régime. Le sens de la patrie resurgit chez les Togolais parce qu’ils se sentent enchaînés par un pouvoir que lui impose la diète noire, qui le détrousse et le condamne à la misère avec mépris et violence. Ils perçoivent Faure GNASSINGBE comme un porte-malheur.

Un chef rivé à ses petites jouissances n’est pas un maître. Le maître montre ce qui est possible dans l’ordre impossible. C’est pourquoi Faure porte en vain le bâton de commandement. Même le désordre dans sa méthode de réhabilitation des routes ne flatte aucun Togolais. Le pouvoir, rien que le pouvoir ne fait jamais d’un homme un chef. Cet esprit le condamne à des pratiques sans valeurs. C’est dans cette optique que VOLTAIRE écrit dans Mélanges de Philosophie: «Ce n’est bon à rien que n’être bon qu’à soi».

Didier Amah DOSSAVI

This content has been locked. You can no longer post any comment.

Copyright ©2005 www.etiame.com tous droits réservés.
Toute reproduction partielle ou intégrale doit faire l'objet d'une demande préalable.