Lundi, Décembre 17, 2018

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Suite à l’annonce par le gouvernement de la date des prochaines élections législatives pour le 21 juillet prochain, la rédaction Etiame.com s’est entretenue avec le  Coordonateur national du Collectif «Sauvons le Togo» (CST), Me Ata Messan Zeus AJAVON. Ce dernier a donné son point de vue sur l’annonce de la date desdites élections et s’est également prononcé sur la situation de terreur qui prévaut dans le pays. Il a enfin lancé un appel aux dirigeants togolais pour qu’ils prennent la mesure de la chose.

Etiame.com: Bonjour Me Ata Messan Zeus AJAVON. Vous êtes le Coordonateur national du Collectif «Sauvons le Togo» (CST), un regroupement républicain qui compte en son sein des partis politiques. Que répondez-vous au gouvernement togolais qui vient d’annoncer la date des prochaines échéances électorales législatives hier vendredi 07 juin 2013, à la suite d’un conseil de ministre extraordinaire sans tenir compte de la situation qui prévaut aujourd’hui dans le pays?

Me Ata Messan Zeus AJAVON: La situation est de plus en plus délétère. Vous constatez avec moi que ce qui se passe aujourd’hui est totalement surréaliste. Nous disons ceci. Nous répétons ceci: pour le moment, aucune décision n’a été prise pour aller aux élections. Aucune décision n’a été prise pour fixer la date des élections. Je suis un juriste et en tant que juriste, je n’ai encore entendu aucune décision disant qu’il y a des élections à telle date. Ça fait un. Deuxièmement, je dis et je le répète que si on ne peut pas se mettre d’accord sur un consensus minimum pour qu’il y ait des élections transparentes et paisibles, il n’y aura pas d’élections. Il ne faut pas qu’on se méprenne. Qu’on donne une date des élections ou qu’on dise de n’importe quoi, ça ne nous intéresse pas. Je vous dis que s’il n’y a pas un dialogue ou qu’on ne se mette pas d’accord sur un consensus minimum, il n’y aura pas d’élections parce que nous au CST, nous disons que nous ne voulons plus qu’il y ait des morts à l’occasion des élections. Nous ne voulons plus qu’il y ait des blessés à l’occasion d’élections. Et nous disons que tous les ingrédients sont mis en place et se sont imbriqués pour qu’il y ait des morts à l’issue des élections. Ce sont les mêmes. Les gourdins cloutés sont en train d’être affûtés. Les manchettes sont en train d’être affûtées. Les miliciens qui ont été organisés en 2005, sont en train d’être réveillés et remis en selle. C’est ça qui a donné entre 500 et 1000 morts en 2005. Nous ne voulons plus qu’il y ait un seul mort à l’occasion d’élections. C’est pour ça que je répète: s’il n’y a pas un consensus pour l’apaisement social avant les élections, il n’y aura pas élections. C’est tout ce que je peux vous dire.

Et que dise le groupe des cinq. C'est-à-dire le groupe des Ambassadeurs accrédités au Togo notamment: la France, l’Allemagne, les États-Unis, l’Union Européenne…

Le groupe des cinq dit et vous l’avez entendu par la voix de l’Union Européenne qui est ici le porte-parole du groupe des cinq qu’il faut, qu’il y ait un dialogue avant les élections. La CEDEAO que le Togo a initié avec le Nigeria a vu son président de la commission dire de façon claire qu’il faut que nous allions au dialogue avant des élections. Pourquoi? Parce que tout le monde voit que les ingrédients pour qu'il y ait des élections frauduleuses, sont réunis. Qu’il y aura encore des morts, des blessés, des grincements de dents, des pleurs, des traumatismes sont réunis. La communauté internationale, le groupe des cinq et la CEDEAO ont dit qu’il faut qu’on s’asseye, qu’on discute, qu’on négocie, qu’on ait un consensus pour qu’on ait des élections apaisées. Nous disons la même chose qu’eux.

Hier vous aviez demandé à vos militants de sortir pour manifester et dénoncer les dérives du pouvoir en place mais au finish la manifestation n’a pu avoir lieu. Pourquoi?

La manifestation a été empêchée. Ce n’est pas qu’elle n’a pas eu lieu. Mais parce qu’on l’a empêchée. On a poursuivi tous ceux qui se dirigeaient vers les endroits de rassemblement, les endroits de ralliement et on arrêtait systématiquement ceux qui arrivaient à ces endroits là. On a déployé une armada de gendarmes, de policiers et même de militaires. Et c’est pour cela que la manifestation a été empêchée contrairement à toutes les dispositions constitutionnelles et contrairement à toutes les règles en matière de droit de manifestation qui existe dans les conventions internationales. Le Togo, en interdisant la marche et en interdisant les marches d’une façon générale et personnelle, se comporte de façon absolument illégale, anticonstitutionnelle et contraire aux règlementations internationales et nous ne sommes pas prêts à accepter cela. C’est un diktat absolument illégal. Nous ne pouvons pas l’accepter.

Un mot au peuple togolais dont la majorité compte sur vous pour le libérer du joug de la dictature.

Je souhaite que les responsables qui gouvernenent notre pays retrouvent leur sens du devoir, leur sens de l’Etat, leur sens de l’intérêt général de la population togolaise pour qu’ils comprennent. Rien ne vaut les élections paisibles que s’accrocher au pouvoir par tous les moyens. Ce n’est pas la solution qu’il faut pour notre pays aujourd’hui. Il faut qu’on s’asseye, pour qu’ensemble qu’on se mette d’accord sur un minimum avant d’aller aux élections.  Je le souhaite vivement.

Propos recueillis le 08 juin 2013 à Lomé par Augustin Koffi Koba, etiame.com

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