Mardi, Septembre 18, 2018

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Le processus de dissolution du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) est désormais en marche. Le compte à rebours a commencé et la disparition du parti cher à feu Eyadema n’est plus qu’une affaire de semaines. A défaut de se prononcer publiquement, Faure Gnassingbé a laissé le soin au Mouvement qui le soutien, le MSF de le faire à sa place.

Ainsi la semaine dernière, cette association  truffée d’opportunistes sans aucune base électorale selon certaines sources,  appelait publiquement à la création d’un parti politique pour soutenir les actions de Faure Gnassingbé. Son coordinateur Général Katanga Poro s’exprimait en ces termes: «Il faut la création d’un nouveau parti au Togo qui traduise suffisamment les idéaux de paix et de développement du chef de l’Etat, un parti qui formera avec les autres qui partagent ces valeurs, une Union pour la Majorité Présidentielle (UMP)».   Cette nouvelle sortie du MSF a provoqué une agitation particulière dans le cercle des barons du RPT, et dans la foulée, une réunion a été convoquée à Kara le 14 juillet dernier.

Le flop du conclave de Kara et les intenses  consultations de Faure

Prévue pour discuter des modalités de dissolution du RPT, la réunion des membres du comité politique élargie aux sages du parti n’a pu se tenir nonobstant le déplacement dans la ville de quelques cadres. Dans l’entourage du Secrétaire général du RPT, on n’avance aucun argument pour justifier ce report. Pendant qu’on renvoyait le conclave de Kara  aux calendes grecques, le principal acteur de la dissolution, Faure Gnassingbé, longtemps caché derrière le rideau, comme d’habitude, est entré en jeu, en recevant les députés et les cadres de certaines régions du parti.

Selon des sources concordantes, l’exercice consiste à persuader les éminents cadres du parti région par région, afin d’aboutir à une dissolution en douceur sans grande conséquence. Faure Gnassingbé qui a rallié la région septentrionale en début de week-end pour suivre les Evala devrait poursuivre le même exercice. Le RPT est déjà un cadre de rassemblement, mais apparemment pas suffisant pour Faure Gnassingbé et ses partisans qui souhaitent  enrôler dans leur nouvelle aventure les transfuges de l’opposition, comme l’exprime clairement le coordinateur du MSF en ces termes: «Beaucoup de personnes, cadres, artisans, paysans de divers partis politiques d’opposition soutiennent le Président Faure pour sa politique et non son parti (le RPT ndlr); d’autres ont quitté l’opposition et ne pensent pas adhérer au RPT. Toutes ces personnes n’ont pas de cadre où elles peuvent évoluer».  Selon des indiscrétions, l’exercice de déminage s’est déroulé sans trop de problème. Faure Gnassingbé à rassuré les réticents à l’idée de la création de son parti en ces termes: «Les acquis restent, seule la dénomination change».

Barons du RPT: une bande de poltrons et de velléitaires

Le clash tant redouté n’a pas eu lieu, du moins pour l’instant. Faure aura réussi en quelques heures de consultations à dissiper les malentendus et autres réserves exprimées par certains barons à propos de la création du nouveau parti. Les cadres qui manifestaient leur hostilité une fois dans la salle, en face de Faure Gnassingbé se sont mis à applaudir comme des enfants. Seul un député aurait manifesté une inquiétude pertinente liée aux conséquences de la dissolution du Rpt sur le mandat présidentiel et celui des députés actuels. A cette question Faure a tenu à rassurer que ni son mandat ni celui des députés ne seraient mis en cause. Mais selon une source proche du pouvoir, une fois que  la dissolution de l’ancien parti unique sera effective, les députés actuels siègeront non plus au nom du groupe parlementaire RPT, mais comme des non inscrits, à l’image de ceux de l’ANC (Alliance nationale pour le changement).

Faure aura donc gagné son pari d’envoyer le RPT dans les poubelles de l’histoire face à des barons velléitaires qui ne cherchent qu’à préserver leur petit pain. Le fait que certains d’entre eux se soient mis subitement à applaudir et d’autres à multiplier des déclarations d’allégeance n’étonne guère. Ces barons savent mieux que quiconque que Faure Gnassingbé en homme « avisé »  a pris le temps de répertorier les casseroles de chacun d’entre eux, et le premier qui oserait entrer en rébellion contre la création du nouveau parti peut être livré à tout moment à la justice. Le cas Kpatcha Gnassingbé est encore là pour dissuader les éventuels candidats à la rébellion.

Pour l’instant rien ne filtre sur les différentes instances du nouveau parti. A en croire certaines sources, le fils du père aurait déclaré à certains que le nouveau bébé ne comporterait pas de comité politique, encore moins de bureau central. Si cela se concrétisait dans les faits, ce sera alors une occasion pour se débarrasser de tous les barons. Du reste, le fait pour les barons de se ranger unanimement  derrière le nouveau parti peut être une hypocrisie de ces derniers. En attendant que l’acte de décès du RPT ne soit publiquement officialisé, le clash tant redouté n’a pas eu lieu, du moins pour le moment. En changeant d’emballage du RPT en UMP, Faure Gnassingbé pense s’offrir une virginité politique pour flouer certains esprits faibles ; mais personne n’est dupe, même s’il change de patronyme, il sera toujours estampillé RPT. Comme quoi le RPT est mort vive le RPT!

Mensah K.

Commentaires

 
0 #2 BARKA 22-07-2011 07:04
S'il s'entête à s'accrocher au pouvoir contre la volonté du peuple , tôt ou tard il partira de la mauvaise mainière.
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0 #1 BARKA 22-07-2011 07:01
Ce qui se passe montre que le RPT n'a jamais gagné une élection. Comment peut-on nous convaincre que les gens ne veulent pas du RPT mais votent pr le RPT?
Cela montre aussi clairement que Faure veut s'accrocher au pouvoir au moment où on exhorte tous les pays à la limitation des mandats présidentiels.
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