Mardi, Octobre 23, 2018

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«Une terre de liberté offrait un asile à ceux qui fuyaient la liberté: rien ne prouve mieux le haut prix des institutions généreuses que cet exil volontaire des partisans du pouvoir absolu dans une pure démocratie» (François René, vicomte de Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe)

«Élections législatives du 21 juillet: L’opposition part en rang dispersé, UNIR déjà en ordre de batail (sic)». «Législatives 2013: Les trois raisons qui ont amené l’ANC à saboter la lutte pour la présentation d’une liste commune de l’opposition». «Politique/Législatives en vue: Et le CST tenta de piéger la Coalition Arc-en-ciel!»… Ce sont entre autres les titres qu’on retrouve à la Une des journaux proUNIR. Depuis lundi, tous ces canards ne servent que des titres identiques. Mais pour le contenu chacun se débrouille avec le maniement de la langue de Molière.

Sachez une fois pour de bon que ce n’est pas un exercice fortuit. Nos confrères ont été transformés en perroquets par les services du Premier ministère qui leur ont offert quelques billets craquants. Ce qui a permis à certains «raromadaires» de dépoussiérer pour quelque temps leur place dans les kiosques. Le maître d’ouvrage de ces distributions, un ancien journaliste de la TVT qui avait, entre-temps, promis d’en découdre avec des responsables des journaux critiques vis-à-vis du pouvoir. Cette opération a pour objectif de marteler urbi et orbi l’absence de liste commune de l’opposition et par ricochet l’échec annoncé de celle-ci.

Cependant, cette campagne semble burlesque puisque pendant longtemps le gouvernement togolais et leurs petits griots ont ressassé aux Togolais que l’UFC reste un parti de l’opposition quoiqu’étant aux affaires avec ses «sept péchés capitaux». Ne l’est-elle plus aujourd’hui? Sont-ils d’accord aujourd’hui que l’opposition à Faure Gnassingbé se résume au Collectif «Sauvons le Togo» (CST) et à la Coalition Arc-en-ciel? N’est-ce pas la preuve que le pouvoir n’a jamais eu de dialogue avec son opposition et que ce qui s’est passé le 16 novembre à la Primature était du cinéma? Ces deux principaux regroupements n’ont-ils pas alors raison d’exiger la tenue d’un dialogue franc et sincère avant les élections? Ces griots ont-ils oublié que ces partis pris individuellement avaient tous participé aux législatives de 2007 mais que le pouvoir était obligé de recourir à des fraudes et à des achats massifs de conscience avant de s’en sortir?

Ceci dit, l’obstacle à l’alternance au Togo, ce n’est pas l’absence de candidature unique de l’opposition mais bien l’opacité qui entoure l’organisation des scrutins. Malgré cette situation, le pouvoir est à chaque fois contraint d’utiliser la baïonnette pour s’imposer. L’ancien ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, François Akila Esso Boko, n’a-t-il pas dit une fois que la force électorale du parti au pouvoir tourne autour de 10%? En 2005, c’est Faure Gnassingbé que les armes ont déclaré élu en dépit de la razzia réalisée par le candidat unique de l’opposition. Comme le dirait quelqu’un, même une mouche battrait le pouvoir pour peu que les élections soient plus ou moins transparentes. Et c’est ce que demandent les deux regroupements de l’opposition. Une exigence reprise à leur compte par la Conférence des Évêques du Togo et le Groupe des 5.

Zeus AZIADOUVO, Liberté

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