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Annoncée pour ce lundi 1er juillet 2013, la comparution du président du Mouvement des Républicains Centristes (MRC), Frédéric Abass KABOUA devant la Cour d’Appel de la chambre d’accusation de Lomé a effectivement eu lieu lundi 1er juillet 2013. Mais pour une fois encore, la justice togolaise à travers le juge SOGOYOU s’est illustré comme étant un juge complice de l’arbitraire.

Il a déclaré irrecevable la demande de liberté provisoire et ordonné le maintien en détention du président du MRC au grand dam de son conseil et des militants du Collectif «Sauvons le Togo» (CST) et ceux de son parti, venus nombreux le soutenir. «Libérez KABOUA», ont-ils scandé.

Le maintien du président du MRC, Frédéric Abass KABOUA, à en croire son conseil n’a aucun fondement juridique. Et son conseil composé d’imminents avocats dont Mes Paul Dodji APEVON, Djovi GALI, Claude AMEGAN, Célestin AGBOGAN et Euloge TALBOUSMA l’ont démontré à la cour.

Pour ce qui concerne la première ordonnance sur le mandat de dépôt contre ce dernier, Me Paul Dodji APEVON a laissé entendre: «Nous, nous avons estimé en tant qu’avocats que le juge n’avait pas raison de décerner ce mandat de dépôt parce que notre loi, l’ordonnancement judiciaire de notre pays, ne permet pas qu’on décerne mandat  de dépôt contre quelqu’un qui n’est pas en détention préventive avant parce qu’il aurait enfreint un certain nombre de dispositions qu’on va décerner un mandat pour le mettre en prison parce que la loi dit exactement que  les restrictions qui sont imposées, c’est contre les personnes qui sont déjà en détention. Lorsque vous êtes en détention et qu’on veut vous mettre en détention provisoire, on peut vous soumettre à des restrictions. Et lorsque ces restrictions sont imposées, on peut nommer un contrôleur judiciaire qui fait un rapport au juge et lorsque vous enfreignez ces dispositions-là, on peut vous remettre en prison. Mais cette disposition ne concerne pas quelqu’un qui est en liberté. Alors nous disons que le juge d’instruction s’est trompé en prenant cette décision-là. Nous avons donc relevé appel et ce c’est ce que nous avons abondamment plaidé.» Pour la deuxième ordonnance, Me Paul Dodji APEVON a également fait comprendre que la loi n’a pas été respectée et que le droit de son client bafoué.

«Pour la deuxième chose, ils ont non seulement ordonné tout qu’il soit mis en prison mais ils l’ont transféré de Lomé à Notsé. Et ça aussi, cette mesure-là n’est pas correcte parce qu’en réalité, lorsque le dossier est à Lomé, est instruit à Lomé, le juge d’instruction est à Lomé, on ne peut pas aller mettre le prévenu ou l’accusé à Notsé, à des kilomètres parce que ce matin pour qu’on fasse notre audience-là, il a fallu qu’on attende plus de 2 heures à 3 heures parce qu’il faut l’amener de là-bas. (…) Alors nous disons que tout cela n’est pas régulier. Ce n’est pas normal surtout que la raison qui a sous-tendu cet ordre de transfèrement, c’est qu’on a dit qu’il y a surpeuplement à la prison civile de Lomé comme si après Abass, on n’a plus mis d’autres personnes en détention à Lomé. Donc ils sont partis sur un motif faux pour donner ce transfèrement c’est pour ça que nous avons fait appel et nous l’avons abondamment plaidé», a indiqué une fois encore Me Paul Dodji APEVON, l’avocat principal.

N’ayant pas eu gain de cause malgré leur plaidoirie que le conseil a fondé sur les textes et lois juridiques, le conseil reste confiant et attend l’arrêt qui sera réservé à l’affaire KABOUA. «Ils ont rejeté notre recours et l’appel contre la décision du transfèrement. Aussi l’appel contre l’ordonnance de dépôt contre Abass KABOUA. Ils ont rejeté les deux. Il retourne donc à Notsé. Mais on verra avec les autres avocats. On n’attend tous les décisions. On attend que le greffier tienne à notre disposition l’arrêt», a souligné Euloge TALBOUSMA.

Nombre de militants et sympathisants du CST qui avaient pensé à une relaxe pure et simple du Président du MRC, Frédéric Abass KABOUA tant les charges portées contre lui ne frisent qu’un règlement de compte. Il s espéraient donc le voir retourner à la maison mais la décision du juge SOGOYOU a mis le feu aux poudres puisqu’au terme du procès, ces militants ont protesté contre cette décision en scandant: «Libérez KABOUA» et en empêchant le véhicule qui le ramenait à Notsé de passer par la grande porte du tribunal qui a donc été démolie. Mais, cela n’a non empêché les forces de l’ordre et de sécurité déversés en grand nombre dans l’enceinte et les alentours du tribunal d’user de la force brutale. Et c’est devant le collège d’avocats et militants qu’Abass KABOUA a de nouveau été jeté dans le véhicule des forces de sécurité qui a pris la direction de Notsé.

L’épouse d’Abass KABOUA était aussi présente pour réconforter son mari

Outre les militants du CST, la famille du président du MRC était aussi présente. Madame KABOUA, sereine avec son enfant dit avoir la foi de ce que son mari tôt ou tard, sera relaxé. «Je ne sais pas ce qui s’est passé, ils ont juste rejeté le dossier. Il est fort, il a le moral. On n’a pas peur. Je suis confiante. Je n’ai pas peur. Même si au Togo l’injustice règne, ça ne nous dit rien. Un jour, il va sortir forcément. Même s’il meurt, il a des enfants. Les enfants prendront la relève. Je n’ai pas peur pour ça. S’il faut crier et tout faire, je le ferai pour que mon mari sorte. Ça, je le dis, je n’ai pas peur. Je n’ai pas peur ni pour la sécurité des enfants ni pour ma sécurité. Et je suis sûre qu’un jour, il y aura une justice au Togo. La roue de la vie tourne et c’est comme ça. Aujourd’hui, c’est eux mais demain, qui ça sera? On ne sait pas. Nul ne le sait. Mais on espère. On a la foi» a déclaré toute sereine l’épouse d’Abass KABOUA.

Le cri de cœur de Mohamed LOUM, la pièce maitresse de l’affaire

Il a déclaré avoir été torturé avant ses premières déclarations qui a servi pour mettre la main sur certains responsables et militants du CST. Mohamed LOUM alias Toussaint TOMETY était aussi présent dans les locaux de la Cour. Très abattu et n’arrivant même plus à se tenir debout, il revient sur ces déclarations antérieures et confirme à une manipulation par les gens du pouvoir en place qui lui ont fait des promesses. «Ma santé ne va pas. J’ai été à l’hôpital et c’est de l’hôpital qu’on m’a pris pour m’amener. Donc, je vous dis merci. Je vais aller me faire soigner. Ça ne va pas. Je tombe dans des crises. Je suis là sans traitement. Je suis à l’hôpital. Je ne prends que des calmants. L’opération, rien n’a été fait. Tous les corps, tous les docteurs, ils ont refusé de me soigner parce que l’hôpital est là mais les médecins ne veulent pas me faire ce qui se doit. Les crises sont chaque fois relatives et je n’attends que l’aide de l’opinion internationale qui peut interpeler pour qu’on puisse avoir l’opportunité de me soigner. Que la Providence veille sur le Togo. Je vais essayer d’aller parce que les docteurs que mon avocat a désigné qu’on me soigne, n’ont pas encore pris, le gouvernement n’a pas encore pris la responsabilité pour qu’on puisse me soigner. Donc, je demande à tout le monde, à monsieur Laurent Fabius, à toutes les chancelleries du monde, je le dis et je le répète. Je ne peux pas échanger la vie d’un être humain avec de l’argent. J’ai fait un enregistrement parce que je me suis rendu compte que le gouvernement togolais, la présidence togolaise m’a traité de fou. Je tiens à le dire. Ceux qui m’ont mis dans ce problème, ceux qui m’ont inculpé, ils sont là parce qu’ils savent que je suis innocent. Je n’ai rien fait. Ils savent que je n’ai rien fait. Ils m’ont proposé des choses pour que je puisse incarcérer des gens. C’est impossible. Je ne peux pas le faire», déclarait tout abattu Mohamed LOUM, visiblement très malade.

Augustin Koffi Koba, etiame.com

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