Dimanche, Juin 24, 2018

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La situation dramatique du Togo aujourd’hui, 20 ans après la Conférence nationale souveraine, l’enlisement de la lutte démocratique, l’hypocrisie de la classe politique togolaise, les mesquineries des leaders de l’opposition plus enclins à se donner des coups plutôt qu’à l’adversaire, nous poussent aujourd’hui à faire nôtres ces paroles de ce grand homme politique français.

«Soyons assez lucides et assez forts pour nous donner et pour observer des règles de vie nationale qui tendent à nous rassembler quand, sans relâche, nous sommes portés à nous diviser contre nous-mêmes»

.  C’est en ces termes que lors de son discours à Bayeux le 16 juin 1946, le Général De Gaulle manifestait sa déception de voir le jeu des partis politiques briser l’élan de la Résistance de l’après-guerre. La situation dramatique du Togo aujourd’hui, 20 ans après la Conférence nationale souveraine, l’enlisement de la lutte démocratique, l’hypocrisie de la classe politique togolaise, les mesquineries des leaders de l’opposition plus enclins à se donner des coups plutôt qu’à l’adversaire, nous poussent aujourd’hui à faire nôtres ces paroles de ce grand homme politique français.

Lorsqu’on crée un parti politique, c’est pour conquérir et exercer le pouvoir. De ce fait, les ambitions personnelles des uns et des autres sont légitimes. Mais le visage complètement défiguré du Togo à l’heure actuelle doit pousser les politiques de l’opposition à mettre sous éteignoir provisoirement leurs ambitions pour œuvrer à un idéal universel du changement devant créer les conditions pour l’émergence d’une société démocratique juste et libre qui garantit l’équité et la transparence dans le jeu électoral. Il est plus qu’urgent aujourd’hui dans un environnement international favorable à des révolutions, de s’unir plutôt autour des causes que des hommes. Le système anachronique et sclérosé qui régente le Togo depuis bientôt 50 ans est plus que décadent. Pris dans ses propres contradictions, miné par des querelles internes, vomi majoritairement par les populations, toutes ethnies confondues, ce système ne tient qu’à un fil.

C’est au vu de cette réalité que la pression doit être accentuée sur le pouvoir. Si le système en place a pu reculer  face à la pression des étudiants soutenus unanimement par les partis politiques de l’opposition, la société civile et la population, c’est que la panique est à bord. C’est donc le moment ou jamais que les  leaders de l’opposition doivent mettre en veilleuse  leurs  ambitions présidentielles somme toute légitimes, les mesquineries, la roublardise, les complicités nocturnes avec le pouvoir en place pour s’unir autour des causes pouvant déboucher sur une mobilisation sans précédent des populations pour se débarrasser du système nuisible en place. S’il n’est pas possible de s’unir autour d’Agboyibo, de Gnininvi, de Fabre, d’Agbéyomé, de Gogué, de Tchessa, de Yamgnane, il est tout au moins possible de s’unir autour des exigences comme la limitation du mandat présidentiel, le découpage électoral, l’élection à deux tours, le financement des partis politiques, la question de la vie chère, la corruption, l’état désastreux des routes, des hôpitaux, la déliquescence du système éducatif, les problèmes d’expropriation de terrain, de pillage des ressources… Qu’on ne s’ y trompe guère, après plus de 50 ans de pouvoir autocratique et despotique avec son corollaire de désagrégation totale de la société togolaise, le Togo post-RPT ne basculera pas immédiatement dans les mains d’un parti politique suite à une élection présidentielle.

Il faut nécessairement une transition pour nettoyer de fond en comble le pays afin de le préserver, pour reprendre les termes de Mao Zedong, d’une contre révolution et d’y poser les bases saines et solides d’une nation démocratique à travers le choix d’un système politique, d’une Constitution qui non seulement garantit les libertés individuelles et collectives, mais aussi l’équilibre de chacun des trois pouvoirs publics à savoir l’exécutif, le législatif et le judiciaire,  de sorte qu’aucun d’entre eux n’écrase l’autre ; ce qui conduirait à l’anarchie et, ensuite à la tyrannie, soit d’un homme, soit d’un groupe d’hommes, soit d’un parti , soit d’un groupe de partis.

Il faudra également repenser le rôle de l’armée dans la nouvelle société togolaise. Ce n’est après que les fondations d’un Etat démocratique seront mises en place que les ambitions présidentielles légitimes peuvent reprendre le dessus. Il est donc temps que la classe politique de l’opposition actuelle prenne conscience de cette réalité et s’organise rapidement pour pousser dehors un pouvoir qui méprise la volonté et la souveraineté du peuple togolais et lui perd le temps. A défaut, le peuple lui-même trouvera les ressources  comme en Tunisie, en Egypte ou ailleurs pour jouer au troisième larron.

Mensah K.

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