Mardi, Octobre 23, 2018

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L’on pensait jusque-là que c’est seulement le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Lomé qui a été transformé en mouroir pour les patients démunis. Que non! Le véritable mouroir, l’enfer sur la terre de nos aïeux est plutôt les prisons civiles du Togo. Des enquêtes menées depuis un certain temps permettent de sonner l’alarme du calvaire et surtout du danger que courent les hommes et femmes qui ont la malchance de passer par-là.

La question qui reste toujours posée à l’analyse des conditions carcérales est de savoir, à quoi servent les aides qui sont faites par les bonnes volontés et surtout les ONG luttant pour la défense des droits de l’homme et les chancelleries qui financent à coup de millions les lieux de privation de liberté?

 

Surpopulation carcérale

Ceux qui ont eu une fois la malchance de séjourner à la prison civile de Lomé, se rendent à l’évidence de la gravité du danger que courent les prisonniers togolais. La vie n’est pas facile à la prison civile de Lomé et d’ailleurs dans toutes les prisons du Togo. Plusieurs détenus une fois libérés, racontent toujours leur mésaventure et calvaire pour ce qui concerne les conditions carcérales.

Entassés entre soixante quinze (75) à cent dix (110) personnes dans des cellules non désinfectées menacés par des intempéries, les détenus vivent le martyr, livrés aux maladies de toutes sortes.

Le nombre pléthorique de détenus aussi pose problème pour ce qui est des conditions minimales de détention. L’effectif ne respecte pas celui fixé par les textes en vigueur. Rien qu’à la prison de Lomé, on dénombre actuellement deux mille cent soixante-seize détenus (2176).

Durant la saison des pluies, la prison civile de Lomé offre un spectacle plus réjouissant. Elle est inondée et les détenus déjà entassés comme des sardines, jouent au sauve-qui-peut.

Pluie et désarroi

Quelques fois, ce sont les sapeurs pompiers qui sont mis à contribution, surtout lorsqu’il pleut abondamment pour pomper l’eau de stagnation. Une fois la cour inondée, les cellules le sont aussi. Ainsi les effets personnels des prisonniers sont tous sous l’eau et il devient très impossible de se coucher quand bien même on est malade.

Les images illustrant la réalité de la vie des détenus de la prison civile de Lomé en saison pluvieuse, sont celles du mercredi 15 mai 2013 où une pluie de dix minutes (10 mn) a semé la désolation au sein des prisonniers.

A ces mauvaises conditions carcérales, il faut ajouter la vie pas trop reluisante des pénitenciers où la plupart, une fois jeté en prison pour ne plus commettre de nouveau les mêmes bêtises, deviennent à la surprise générale des délinquants sinon des bandits de grands chemins et de véritables divorcés sociaux. La prison civile de Lomé, du fait de la négligence observée auprès des autorités, est devenue un lieu de haut banditisme où se font presque tous les trafics prohibés. Mais il est très regrettable que les droits des prisonniers ne soient pas aussi respectés et donc violés à longueur de journée.

Plusieurs prisonniers se sont confiés aux membres de leurs familles et il est très regrettable de constater que l’être humain, détenu à la prison civile de Lomé, est traité comme un animal. Ce qui a fait augmenter le nombre de décès depuis l’année dernière.

Il urge d’attirer l’attention des autorités togolaises, surtout celles  en charge des pénitenciers de prendre leurs responsabilités pour éviter aux prisonniers ces traitements inhumains et dégradants. Rappeler également aux défenseurs des droits de l’homme et Ambassadeurs accrédités au Togo leur mission de défense des droits et valeurs des citoyens togolais, qu’ils soient prisonnier ou non.

Quid des financements obtenus?

Dans certains pays limitrophes du Togo des efforts sont faits pour alléger la souffrance des prisonniers. Leurs conditions de détentions ne sont pas celles que présentent les normes internationales ce qui non seulement met ces personnes dans une insécurité totale et sur le plan de la santé où ils sont livrés  aux maladies.

Mais l’on ne comprend pas que les bonnes volontés continuent de faire preuve de générosité à l’égard des pouvoirs publics. Il n’y a pas longtemps, l’Ambassade d’Allemagne a encore octroyé des fonds, à hauteur de 200 millions de francs Cfa comme aides aux prisions du Togo. Que fait-on exactement avec ces fonds qu’encaissent les services chargés de gérer les pénitenciers du Togo pour laisser dans cet état la prison civile de Lomé? La vie des prisonniers togolais, à l’instar de celle en liberté et vivant aux quatre coins de la planète terre, n’a-t-elle pas du prix et de la valeur aux yeux des décideurs togolais? Une prise de conscience de nos autorités, en l’occurrence celles en charge des prisons du Togo, s’avère indispensable.

Les images ci-dessous sont humiliantes et choquantes.

Augustin Koffi Koba, Jules Symféïtchéou, etiame.com


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