Mardi, Octobre 23, 2018

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Les responsables du Collectif «Sauvons le Togo» (CST) étaient devant la presse hier après-midi du 11 juillet 2013 pour faire le point sur le blocage des discussions entre les acteurs politiques togolais. Ils en ont profité pour informer l’opinion nationale et internationale de leur participation aux prochaines législatives malgré les entraves posées par le pouvoir en place.

Les membres du CST ont par ailleurs lancé un appel solennel à leurs militants et sympathisants ainsi qu’à tous les Togolais épris de justice, de paix et d’alternance à se mobiliser pour sauver le Togo de l’obscurantisme en participant auxdites élections législatives pour libérer le Togo du joug de ce régime cinquantenaire

 

CONFERENCE DE PRESSE DU 11 JUILLET 2013

DECLARATION LIMINAIRE

FAURE GNASSINGBE UN OBSTACLE REDHIBITOIRE A LA DEMOCRATIE AU TOGO

Un dialogue politique s’est ouvert au siège de la conférence épiscopale du Togo, le 8 juillet 2013, entre le pouvoir et les forces de l’opposition notamment la Coalition Arc-en-Ciel, et le Collectif Sauvons le Togo, sous la médiation de Mgr Nicodème BARRIGAH, Évêque d’Atakpamé, en présence de Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur des États-Unis au Togo, Robert WHITEHEAD.

Ce énième dialogue se trouve embourbé du fait que pour Faure GNASSINGBE, un dialogue politique n’est qu’un marché de dupes au terme duquel il conserve les leviers du pouvoir et abandonne l’opposition et le peuple à ses récriminations. En témoigne la duplicité, la fourberie, la déloyauté dont firent preuve les représentants du pouvoir dans leur décision unilatérale de fixation de la nouvelle date du scrutin législatif au 25 juillet 2013, sans la moindre concertation avec les parties prenantes au dialogue.

Ce dialogue politique répondait à une demande largement exprimée par le peuple togolais, par la conférence épiscopale du Togo, par la lettre pastorale des Églises Presbytérienne et Méthodistes du Togo, par l’Union Européenne, par la CEDEAO et par le Système des Nations Unies, en ce qu’il visait à décrisper la tension sociale avant tout scrutin électoral.

Le dialogue politique entrepris prend ainsi un goût amer et ne manqua pas de provoquer un sentiment largement partagé d’exaspération et de révolte, relativement au refus du Chef de l’État de prendre la mesure de la gravité de la situation, afin de proposer une réponse politique aux préoccupations exprimées par l’opposition démocratique.

Les deux regroupements de l’opposition ont demandé que le cadre des discussions soit élargi à l’ensemble des forces vives de la nation, en vue d’un dialogue inclusif. Faure Gnassingbé s’y est opposé, arguant qu’au sein de sa propre famille politique et au sein de ses alliés, il y a des courants politiques qui s’opposent au dialogue et que leur participation aux travaux de nos assises était de nature à constituer des sources de blocages.

Monsieur Faure Gnassingbé nous fit porter le message dont la teneur est la suivante: «il serait sage que l’examen de vos sujets de préoccupations continuent de se dérouler dans le format des acteurs qui discutent sous l’égide de Monseigneur BARRIGAH.»

Concernant le contenu du dialogue, les préoccupations exprimées par le Collectif Sauvons le Togo s’articulent autour des mesures d’apaisement et de l’amélioration du processus électoral.

Au titre des mesures d’apaisement

I. La libération des leaders du Collectif Sauvons le Togo, détenus abusivement dans les prisons du Togo relativement aux incendies des marchés de Kara et de Lomé, et en particulier ceux d’entre eux déclarés candidats au prochain scrutin législatif notamment Gérard Adja, Alphonse Kpogo et Jean Eklou ainsi que les autres détenus liées aux manifestations pacifiques de l’opposition.

II. La libération d’Olivier Poko AMAH et d’Abass KABOUA dont la santé se détériore ; la libération de Kpatcha Gnassingbé et de ses co-accusés, conformément aux termes de l’arrêt du 03 juillet 2013 de la Cour de Justice de la CEDEAO.

III. La reconnaissance de la responsabilité des forces de sécurité de la mort de l’élève DOUTI Sinalengue, suite aux coups et blessures qu’il a reçu lors de la répression policière à Dapaong.

Au titre de l’amélioration du processus électoral

I. Le redécoupage électoral pour corriger les absurdités qui conduisent à un nombre de sièges attribués à l’Assemblée nationale, inversement proportionnel aux suffrages exprimés.

II. La revalidation des listes arbitrairement recalées par la Cour Constitutionnelle qui a outrepassé ses prérogatives, en violation des dispositions prévues par la Constitution et le code électoral.

III. La recomposition paritaire de la CENI, des CELI, et des Bureaux de vote.

IV. La transparence territoriale et la sécurité favorisant la libre circulation des formations politiques, des syndicats et associations, sans aucune entrave ni agression, sur l’ensemble du territoire national.

V. La sûreté dans la compilation, la centralisation et la transmission des résultats du scrutin pour préserver la vérité des urnes.

VI. La publication instantanée des résultats par bureau de vote, par les organes de presse.

VII. Le choix du Premier Ministre et de ses prérogatives.

VIII. L’accès équitable aux médias d’État.

IX. Les réformes institutionnelles et constitutionnelles.

X. La mise en place d’une cellule de veille du processus électoral, ayant pour mission de régler les dysfonctionnements qui surviendraient au cours du scrutin.

Sur l’ensemble de ces sujets, aucun résultat probant n’a été acté si ce n’est de vaines promesses notamment, la libération de nos candidats détenus, dont la réquisition de la mise en liberté provisoire a été annoncée, depuis plus d’une semaine, à grand renfort de publicité sur les médias publics et internationaux par le Procureur de la République. Aucune décision n’est prise concernant les autres prisonniers politiques, tels que Olivier AMAH , Abass KABOU, Kpatcha GNASSINGBE et co-détenus.

Le pouvoir a néanmoins accepté de régler de façon définitive le contentieux l’opposant aux 9 députés ANC abusivement exclus de l’Assemblée nationale, et a concédé des améliorations mineures quant à la représentation des forces politiques dans les CELI et les Bureaux de vote, la publication des résultats de manière instantanée par les médias, à charge pour eux de s’assurer de la fiabilité de l’information. Il a en outre reconnu la responsabilité des forces de l’ordre et de sécurité dans le décès de l’élève DOUTI Sinalengue le 15 avril 2013.

S’agissant des points portants sur la recomposition de la CENI ; sur la réhabilitation des listes recalées du Collectif Sauvons le Togo ; sur le redécoupage électoral ; sur l’attribution de 16 sièges de députés et non 10 sièges, au Grand Lomé conformément au calcul basé sur les critères démographiques et géographiques retenus par le pouvoir lui-même. Tous ces sujets de crispation portés à la connaissance du Chef de l’État ont essuyé une fin de non-recevoir.

En matière politique, les compromis réciproques procèdent de la bonne foi et de la qualité d’écoute des interlocuteurs en présence. De ce fait, les responsables du Collectif Sauvons le Togo, ont sollicité une rencontre urgente avec le Chef de l’État afin d’attirer son attention sur la gravité de la situation et le devoir impérieux qui lui incombe de trouver une solution adéquate à ce déni de droit et de justice dont les forces démocratiques font l’objet dans le processus électoral en cours, et afin d’éviter une nouvelle crise post électorale au Togo. Cependant, à ce jour, aucune rencontre n’est programmée pour faire suite à notre demande d’audience traduisant ainsi le mépris dans lequel Faure Gnassingbé a constamment tenu le peuple togolais, et sa condescendance à l’égard des autorités ecclésiastiques.

À l’évidence, le seul sujet qui préoccupe monsieur Faure Gnassingbé est son éternité au pouvoir ; le scrutin du 25 Juillet 2013 n’étant que la première étape de son agenda personnel pour une prise en otage définitive du peuple togolais. Toutes ces manœuvres ne visent qu’un seul objectif: pousser les partis du Collectif SAUVONS LE TOGO au boycott.

C’est pourquoi, pour faire échec à cette entreprise machiavélique de perpétuation d’un règne politique monarco-despotique, inique et désuet, les forces démocratiques décident unanimement de prendre part à la prochaine compétition électorale, avec la ferme détermination de mettre fin à l’immobilisme et au conservatisme de ceux qui considèrent que le Togo est leur patrimoine privé et les populations togolaises leurs sujets.

En conséquence, le Collectif Sauvons le Togo lance un appel pressant à l’ensemble du peuple togolais, notamment aux femmes, aux jeunes, aux étudiants, aux agents de l’État, aux forces de sécurité, aux travailleurs du secteur privé, aux commerçantes et commerçants, aux agriculteurs, aux artisans, à toutes les filles et à tous les fils de notre cher pays en âge de voter, à se mobiliser massivement pour porter leur choix sur les listes conduites par les partis du Collectif Sauvons le Togo.

Électrice, électeur togolais, par ton vote, fais le 25 juillet 2013, le levier du changement pour le triomphe des aspirations populaires. Le changement c’est maintenant plus que jamais. Dans ce combat de David contre Goliath, le Dieu des Armées, le Dieu de Justice est avec nous.

PEUPLE TOGOLAIS PAR TA FOI, TON COURAGE ET TES SACRIFICES LA NATION TOGOLAISE DOIT RENAÎTRE

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