Dimanche, Avril 22, 2018

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Une cérémonie marquant l'arrivée au pouvoir d’Ibrahim Boubacar Keïta est prévue jeudi à Bamako en présence de nombreux dirigeants africains et de François Hollande. Le président français revient au Mali en tant qu’ancien "chef de guerre".

Après la sobre prestation de serment du 4 septembre, voici venu le temps de la grande fête populaire. Le Mali va célébrer en grandes pompes, jeudi 19 septembre, l’installation à la tête de l’État du nouveau président malien Ibrahim Boubacar Keïta, dit "IBK", élu le 11 août avec 78 % des voix.

 

Un défilé militaire et un "intermède musical et culturel" doivent ponctuer une cérémonie qui se veut "festive" après 18 mois de crise. Au Stade du 26 mars de Bamako, d’une capacité de 55 000 places, 26 chefs d’État et de gouvernement et des représentants de dizaines d’autres pays sont annoncés.

Le retour de François Hollande au Mali

Le roi du Maroc Mohammed VI, le président sud-africain Jacob Zuma, le Tchadien Idriss Deby Itno ou encore l’Ivoirien Alassane Ouattara, par ailleurs président en exercice de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), seront présents. Le président français François Hollande est le seul dirigeant occidental à avoir annoncé sa venue.

Accueilli en héros à Bamako et Tombouctou lors d’une visite-éclair le 2 février, François Hollande avait déclaré avoir vécu "la journée la plus importante" de sa vie politique. Le président vient cette fois "marquer par sa présence l’avant-dernière étape, avant les législatives, de la transition politique malienne", dit-on à l’Élysée, où l’on continue de se féliciter du bon déroulement du scrutin présidentiel de cet été.

François Hollande revient au Mali en tant qu’ancien "chef de guerre", lui qui avait déclenché en janvier 2013 l’opération Serval - toujours en cours - destinée à pacifier le pays étouffé par des groupes djihadistes pendant plusieurs mois en 2012. "Ce voyage montre que la guerre n’était pas un but en soi et que l’objectif était bien le transfert du pouvoir aux civils", note Pouria Amirshahi, député des Français de l’étranger, qui sera du voyage aux côtés d’autres parlementaires et de quatre ministres (Affaires étrangères, Défense, Développement, Francophonie). "L’élection présidentielle a clos le chapitre de la guerre. François Hollande va prendre la parole non pas en tant que chef de guerre, mais en ami du Mali", a-t-il déclaré.

Les nombreux défis qui attendent le Mali d’IBK

Au Mali, IBK promet d'être "le président de la réconciliation nationale"

Transition politique, sécurité et développement seront en tête des sujets de conversation entre le président français et son homologue malien dans un pays encore convalescent, au cœur d’un Sahel toujours instable.

Nommé chef du gouvernement le 5 septembre, le Premier ministre Oumar Tatam Ly a confirmé mercredi que le premier tour des élections législatives, censées parachever le processus de transition politique, se tiendra le 24 novembre, suivi d'un éventuel second tour de scrutin le 15 décembre, selon un communiqué officiel.

Lundi, le gouvernement s’est déclaré déterminé à poursuivre ses efforts de réconciliation nationale au lendemain du caillassage d’un convoi composé de trois ministres dans la ville de Kidal (nord) et quelques jours après de sérieux accrochages armés entre l’armée malienne et des combattants touareg. Interrogée sur les chances d’apaisement sur l’ensemble du territoire, une source diplomatique française se dit "raisonnablement optimiste" et juge possible de tenir l’objectif de ramener le nombre de soldats français de 3 200 aujourd’hui à un millier d’ici la fin de l’année. Concentrée sur la lutte anti-terroriste, la mission Serval doit laisser les rênes à l’armée malienne et à la Mission de maintien de la paix des Nations unies (Minusma) dont l’effectif atteint aujourd’hui 5 000 hommes.

Le développement s’annonce comme le prochain défi à relever pour le Mali, quatre mois après la conférence des donateurs de Bruxelles qui a levé plus de trois milliards d’euros d’aide. De source diplomatique française, on précise que 150 millions d’euros ont été décaissés pour l’heure au niveau international, dont 18 millions par la France, sur 280 millions annoncés. "La visite de François Hollande ouvre un deuxième chapitre, celui du développement. Sinon, les mêmes causes reproduiront les mêmes effets", prévient Pouria Amirshahi.

F24 Avec dépêches

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