Lundi, Juin 25, 2018

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La pige! Cette pratique qui consiste pour un journaliste professionnel à vendre son article suivant le nombre de lignes, est assez développé en France. Elle a été au centre d’un débat entre des professionnels de la presse lyonnaise le mardi 17 septembre 2013.

«Peut-on faire carrière dans la pige? Peut-on se construire un avenir dans la pige? Peut-on encore avoir une vie décente dans la pige? Autant de questions que Bruno Crozat, journaliste pigiste pendant 13 ans, a posé à l’assistance, constitué de journalistes, de représentants de syndicats de journalistes... dans le tout nouveau bâtiment du club de la presse de Lyon, inauguré en mai dernier, par le maire de ladite ville. On dénombre selon Bruno Crozat environ 7000 journalistes cartés, c’est-à-dire ceux qui ont des cartes de presse et 4000 non-cartés. Dans ce petit monde d’hommes de médias, un quart, à entendre M. Crozat, sont pigistes. Ils vivent, selon lui, dans des conditions de travail et de vie pas très favorables. «Ils ne sont pas bien payés alors qu’ils sont souvent plus talentueux que les journalistes staffés», a-t-il dit, ajoutant avec indignation que cette précarité semble arranger tout le monde, commençant par les pigistes eux-mêmes. Ensuite, les patrons de presse qui les préfèrent avec ce statut pour ne pas bien les payer ; enfin, les syndicats qui malheureusement se servent plutôt d’eux pour des projets. Bien que dérisoire, un pigiste en France s’en sort au moins avec la somme de 500 Euros (327 500FCFA) à chaque fin du mois. Ce salaire lui est garanti par son employeur, en plus de ses prestations. Pour dire, soutient l’ancien pigiste «la pige connaîtra une évolution dans les années à venir ». Ainsi, selon Patrick Sorel avocat au barreau de Lyon, la pige vient poser la question du statut du journaliste.

«Les correspondants de presse, sont par exemple, a-t-il dit, considérés comme des prestataires de services, mais pas comme des journalistes dans certains médias»; «C’est le cas à Euronews», précise-t-il. En cas de litiges, ces dossiers sont donc difficilement plaidables, mettant ainsi le doigt sur la plaie. Bruno n’est donc pas passé par quatre chemins pour critiquer les syndicats qui, à son avis, ne font véritablement pas grand-chose pour les pigistes en France. En plus de cette précarité, il y a de plus en plus de journalistes «CDD» (Contrat à durée déterminée), et si rien n’est fait, soutient Isabelle Bordes, journaliste à Ouest France, le journalisme se dégradera. Au Burkina Faso, cette activité de pigiste n’est pas aussi répandue qu’en France. Appelés généralement «free-lances», ils peinent, eux-aussi, à s’imposer. La rencontre fut également une aubaine pour Christine Cognat, présidente de l’association Reporters Solidaires de parler de ce que fait son association dans les pays africains (Bukina Faso, Mali, Guinée, Burundi) en termes d’amélioration des conditions de travail des journalistes, qui ne sont pas des meilleures.

Bassératou KINDO à Lyon

L’Express du Faso

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